SAISONS ET VENTS DU RIO-CGNGO
En résumant, nous dirons que les navires qai enti^nt dans le RicnCongo ne doivent jamais tenter de le faire que lorsque l:i brise du large est bien établie. On cite des cas où des navires filant ô nœuds nont pu étaler le courant, et ont tourné plusieurs fois sur eux-mêmes ^.
Il serait à craindre, avec une brise molle, que le violent courant qui sort du fleuve n'entraînât vers le banc de Mona-Mazea, c'est-à-dire dans la partie N. O. de Tembottchure du fleuve. On ne peut s'approcher du banc de Mona-Mazea par des fonds audessous de 10 mètres. Et souvent il est dangereux d'y mouiller avec une forte houle qui vient du large et qui se heurte contre le courant de sortie, animé parfois d'une vitesse de 7 milles à l'heure, principalement à l'accore de ce banc. On devra donc toujours avoir grand soin de se tenir sur la rive Sud du fleuve et près d'elle.
Dans la descente, on se tiendra sur cette même rive et on la longera de près. Dans le fleuve, le courant descend avec une vitesse de 5 ou de 6 nœuds. Sur la côte Sud , le courant parait porter à ÏO. q. S. O., tandis que, dans le N. de l'embouchure du fleuve, il porte à peu près au N. q* N. 0.
Dans les mois de juin, juillet, août et septembre, la température est moyenne, et le thermomètre marque généralement 21<* 1 centigrades ; en novembre et décembre, il s'élève jusqu'à 27" et 28** centigrades. I^ climat est très-beau, et quelquefois, depuis juin jusqu'à janvier, on n'a de pluie que dans des grains, qui durent au plus une heure ; encore, sont-ils fort rares.
Dans le voisinage du Rio-Gongo, massanga ou la saison des pluies commence en octobre et se termine en janvier. Neasu ou la saison des grandes chaleurs lui succède et dure jusqu'à mars ou avril. Qui tomba, la saison des tornades, arrive en mai et juin ; quibiso, ou la saison sèche, la remplace, et dure jusqu'en septembre. C'est peu après que commence la crue du
Température du Rio-Congo.
Saisons et vents.
que la profondeur de Teau, dans le Rio-Congo, diffère beaucoup des sondes portées sur la carte de ce fleuve. Il ajoute qu*il y a beaucoup de bancs qui ne sont pas indiqués. M. Rouxo de Rosencoat dit aussi que le banc de Mona- Mazea s'avance beaucoup plus dans le S. 0. que ne l'indique la carie. * Le capitaine Butterfield.
Lit du courant rapide.
Observation relatiVe aux cAbles.
Mesures hygiéniques pour les
équipages.
fleuve, qui atteini son maximum dans le milieu de novembre. De septembre à mars, les vents soufflent généralement entre le S. et l'O.; de mars à la saison sèche, ils sont d'ordinaire du S. S. E.
Le lit du courant rapide se fait reconnaître par les niasses flottantes de détritus qu'il entraîne. Ces masses sont parfois si compactes, qu'on a de la peine à les traverser sans une brise fraîche. La largeur du courant rapide est de 6 ou de 8 milles à l'embouchure du Rio-Congo.
Les navires qui se rendent au Rio-Congo doivent être munis de câbles-chaines et de grelins-chaînes, parce que la qualité de l'eau du fleuve détériore et détruit très-rapidement les câbles en chanvre.
La maladie qui atteint le plus ordinairement les équipages des navires qui séjournent dans le Rio-Congo est la fièvre typhoïde.
Pour conserver la santé des hommes, il est avantageux de leur donner le matin, à jeun, des boissons amères, telles que celle nommée Bitter par les Anglais ; de ne jamais faire le soir de lavages du pont ou des effets des matelots, afin d'éviter les fâcheux effets de Tévaporation durant la nuit; de défendre aux matelots de dormir sur le pont.
Maxwell, à qui nous empruntons ces détails, ajoute que les hommes portant de la flanelle sont beaucoup moins exposés que les autres aux maladies ^
Il engage aussi à faire bouillir l'eau du fleuve, si on la donne en boisson aux équipages, parce qu'elle abonde en animalcules dangereux.
Si les équipages sont menacés du scorbut, on peut se procurer du pourpier, du choux-palmiste et du citron eu abondance. Mais ce qui vaut encore mieux, on trouve dans le fleuve un fruit rouge en grappes, que les naturels nomment phoota, et qui est excellent par son goût acide. On peut l'employer également dans la soupe des équipages.
* L'emploi de gilets de flanelle, dans les stalions inlerlropicales, devrait être une mesure d'hygiène généralement adoptée pour les équipages, à bord de tous les navires de guerre.