RIO-CONGO. I2.Î
Nous avons déjà dit quels étaient les principaux objets de cummirLe. commerce du Rio-(^ongo.
Les grands marchés et les endroits les plus populeux sont loin dans le haut du fleuve, et près de la limite du royaume d'Embomma, dont la capitale, nommée Banza-Embomma, est située sur la rive droite du Rio-Gongo. Sur la même rive et près des cataractes de Yellala, on trouve Inga ; au delà de ces cataractes, Condo-Yongo.
Sur la rive gauche, en partant de Tembouchure, on trouve les villages de Pinda, Seenda et Banza-Sonhio, sur la rivière de TAUigator, qui» dit-on, conduit à la ville de Banza*Congo Rivière de lAiiigaou de San-Salvador, point oii les Portugais ont fait jadis vaiedes^n-sahaun grand commerce. La rivière de FAlligator est sur la rive ^^'
gauche du Rio-Congo, à 1 1 milles Vs environ de la pointe Shark. La ville de San-Salvador estdans Tintérieur, à 40 milles environ.
En remontant le fleuve, on trouve encore, près de la rive gauche, les villes de Batta, Sundi, Gondi et Ganga. Ges deux dernières sont près des affluents des rivières la Wambre et le Lumini.
Les plus grands de ces villages ont à peine 600 ou 800 habitants. Gette population est bien au-dessous de celle indiquée par les missionnaires français et portugais. Les chers des villages se nomment chénoux ; les mafoux sont les collecteurs d'impôts.
Les populations sont, dans le haut du fleuve, douces, hospitalières, et excessivement paresseuses.
Nous terminerons ces renseignements sur le Rio-Gongo par R'sumé du vorage un rapide résumé du voyage d'exploration exécuté par Tuckey, caîJtataf 'luckeî . dans ce fleuve, en 1816, par ordre du gouvernement anglais.
Cette expédition avait pour but de reconnaître le cours du Rio-Gongo, etdes*assurer si ce grand cours d eau n'était point l'embouchure du fleuve Niger, comme le prétendaient plusieurs savants géographes.
En juin 1816, le capitaine Tuckey, commandant de l'expédition, arriva à Malemba. Peu de jours après, il entra dans le Rio-Gongo, et il ne tarda pas à éprouver un grand désappointement en voyant que ce fleuve, réduit par ses dimensions à
dans le Kio-Congo.
un fleuve secondaire, ne pouvait servir de débouché aux éS)ut du grand fleuve du Niger.
Après avoir traversé le cours intérieur du fleuve^ dont les rives basses, marécageuses, couvertes de palétuviers et silencieuses, firent sur son esprit une profonde impression de tristesse, il arriva à Banza-Embomma, principal entrepôt du Rio-Congo» situé, comme nous Tavons dit» sur la rive droite, à 70 milles de Tembouchure du fleuve.
Là, le chef du pays lui suscita beaucoup d'embarras et de difficultés en raison de son refus d'acheter des esclaves. Tuckey» cependant, par sa persévérance et sa fermeté^ obtint de continuer sa route; il passa à Soo-Ka, sur la rive gauche, et peu après, l'expédition arriva à Yellala, la grande cataracte située à 1 12 milles de Tembouchure du Rio-Gongo.
A cet endroit, l'expédition éprouva un autre désappointement.On s'attendait, d'après les récits, à rencontrer une seconde exhibition du saut du Niagara ; on ne trouva qu'un petit fleuve, coulant sur un lit de pierre. Les masses de rochers en y tombant se sont divisées, et en ont, pour ainsi dire, intercepté les eaux.
L'expédition ne put franchir cet obstacle, et résolut, avec une énergie digne d'un meilleur sort, de poursuivre sa route par terre. Malgré les nombreuses difficultés occasionnées par le terrain, elle était parvenue à un point oii la route devenait assez facilement praticable, lorsque les maladies commencèrent à sévir parmi les intrépides voyageurs. Les trois naturalistes, MM. Smith, Tudor et Cranch, succombèrent, ainsi que le second de l'expédition, le lieutenant Hawkey. Dans le retour, Tuckey lui-même, atteint par la fièvre, mourut le 4 octobre de cette même année 1816, sans revoir l'Angleterre.
Depuis cette époque, l'un de nos compatriotes, M. Douville, a parcouru une partie des provinces au S. du Rio-Congo. Nous renverrons nos lecteurs à l'ouvrage intéressant qu'il a écrit sur son voyage, ainsi qu'à celui de Maxwell, qui, de 1808 à 1816, s'est beaucoup occupé du Rio-Congo, et a recueilli sur ce fleuve un grand nombre de documents.
Du cap Padrâo à la rivière Dande, il y a environ 156 milles. La côte, d'une élévation médiocre, en général, est cependant plus élevée que celle que nous avons décrite jusqu'ici. Elle
CAP PADRAO. Î27
devient aussi plus rocailleuse à son pied, et présente dans quelques parties des falaises rongeâtres, dominées dans Tintérieur, principalement vers le S., par un second plan de hauteurs.
La ligne des fonds, à 2 ou 3 milles delà plage, est aussi moins régulière ; cependant, la côte est saine en général. Elle est parfois boisée, parfois formée de collines dénudées, surmontées seulement de quelques bouquets d'arbres isolés. Tel est son aspect général.
Avant delà décrire, nous observerons qu'il existe une grande variété dans les noms donnés aux mêmes points de cette partie de la côte , ce qui est une cause d'erreur et d'incertitude dans la navigation. Après avoir comparé entre elles un grand nombre de cartes anciennes et modernes que possède le Dépôt général de la marine, cartes manuscrites ou imprimées, je me suis arrêté à la nomenclature qu'on trouvera ciaprès. Pour éviter toute confusion, j'ai donné les distances de plusieurs points au cap Padrâo, et indiqué la longitude et la latitude des principaux, de manière qu'on puisse les déterminer les uns par les autres *.
Du cap Padrao au cap Enganador (cap Trompeur), la côte cap p«drôo. court au S. 30° E. l'espace de 21 milles, presque en ligne Lor.g e 90 4fi'ô". droite. Nous avons décrit le cap Padrâo, quand on le voit va' ^^ o 2i°47'. du N., et signalé la falaise rose ou rougeàtre qui le distingue. Quand on le voit de 1*0., il présente deux ondulations arrondies. Le sommet de ces deux collines est garni d'une végétation pauvre et rabougrie.
Après qu'on a doublé le cap Padrâo, la falaise disparaît et fait place à une côte basse, légèrement ondulée, au sommet de laquelle on remarque des lignes très-droites dans certaines parties, et çà et là quelques touffes de broussailles.
Quand on est à 3 milles de distance dans le S. du cap, il parait bas et peu saillant. Des falaises très-rouges se voient dans cette partie; elles sont assez élevées et se prolongent sur un long
< Dans cette description, nous supposerons qu'on suit la côte de près, la prolongeant à la distance de 3 ou de 4 milles. Plus au large, son aspect éprouverait nécessairement quelques modifications dues à Téloignement.
espace sans interruption. Elles présentent fort peu de végétation. Peu après la côte change d*aspeet ; elle est sèche, et son sommet assez élevé est peu éloigné du rivage, sur lequel on voit d'espace en espace des falaises rouges, qui se dessinent en arcs de cercle. Les plis que forment ces collines sont indiqués par quelques lignes d'arbres et de broussailles, et elles sont assez hautes pour être facilement remarquées.
Le long de cette partie de la côte, la mer est ordinairement fort agitée.
Barreiras-ver- Les coHincs dout uous vcHous dc parfcr, sout cclles dési-
melhas.
gnées par les Portugais sous le nom de Barreiras-Vermelhas. Cap Enganador. Lc cap Eugauddor (c^p Trompcur) ne présente rien de remarquable ; il est peu saillant, et dans TE. on voit une petite collinedeforme conique. Ce cap est la pointe Nord d'un léger enfoncement que forme la côte en cet endroit, La couleur rouge de la falaise qui le forme. Ta fait sans doute prendre pour le cap Padrâo; et c'est peut-être à cette erre^ir qu'il doit son nom *. Pointe^dejtfargate- Du cap Euganador, la côte se creuse, comme nous l'avons dit, légèrement, et forme une baie, dont la pointe Sud a été nommée Margate-Bluff par les Anglais. Cette pointe, située à 9 milles du cap Enganador, est large, de forme arrondie, rocailleuse à son pied, et couronnée par une colline assez élevée. Elle est distante de 30 milles du cap Padrao.
C'est à la pointe de Margate-Bluff que commencent les hantes terres qui se prolongent dans le S. jusqu'à la baie de Funta, sur un espace de 30 milles.
La pointe de Margate-Bluff est la pointe Nord d'une autre
baie, à rivage sablonneux, présentant à peu près dans son
milieu une pointe rocheuse, et qui se termine au S. par une
pointe assez élevée, remarquable surtout par un bouquet
d'arbres d'un vert sombre, qui se détache bien sur la teinte
Bois de Mangai- grig poux de la côtc. Cc bois se nomme Mangal-Grande. Il se
Lat.s.60 39%". trouvc à 1 mille au N. de la pointe Sud de la baie, et signale
ong E.jo 8 . j'gjjrjjjQyçjm,^ d'une petite rivière qui coule entre les plis des
* Quelques anciennes vues représentent, près du cap Enganador, une touffe d'arbres qui produit l'effet d'un navire sous voiles. C'est peut-être à cela qu'il doit son nom.
Bluff.
RIVIÈRE LELUNDA.
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coleaux qui avoîsioent la côte. La pointe Nord d*einbouchure de €e cours d'eau est une. pointe sablonneuse basse. Sa pointe Sud d'embouchure, qui est aussi la pointe Sud de la baie, présente des falaises élevées, à pic, ayant leurs sommets garnis d'arbustes, et dominées en outre par une hauteur à sommet légèrement arrondi et dénudé. C'est cette pointe qu'on appelle pointe de MangaUGrande. Elle est à 37 milles du cap Padrâo^
De la pointe de Mangal-Grande à la pointe Nord de la baie de Funta, il y a 22 railles Vj- Et la côte court au S. 43° E., présentant, sur un espace de 16 milles Vt» une plage de sable non interrompue. En arrière de cette plage» op remarque çà et là des falaises rocheuses presque verticales, dominées par des collines arrondies, et à peu près dépouillées de végétation. Quelques arbjustes seulement garnissent leurs sommets. Cette partie de la côte est assez élevée.
A la distance de 6 milles Vs de la pointe Nord de la baie de Funta, la plage sablonneuse s'interrompt sur une étendue de quelques milles, et les falaises tombent à la mer, mais peu après le rivage sablonneux reparait et se prolonge jusqu'à la pointe Nord de la baie de Funta, dans l'E. de laquelle coule la rivière Lelunda.
La baie de Funta se trouve à rembouchure de la rivière Lelunda. Elle a 4 milles de large entre ses deux pointes, qui, toutes deux, sont basses et sablonneuses, les falaises ne repa* raissantau rivage qu'à la distance de 4 milles au S. delà pointe Sud de la baie. Cette pointe reste de la pointe Nord au S. 470 E.
Cette baie est peu profonde et n'offre aucun abri; étant ouverte au S. O., on y est exposé directement aux vents du large et à la mer.
De sa pointe Nord part un récif, qui s'étend environ à 3 milles vers le S., et qu'il faudra éviter avec soin en venant du Nord. On trouve dans la baie des fonds de 7, 9 ^u 1 1 mètres. On peut mouiller devant elle par 13 mètres, relevant l'entrée de la rivière Lelunda, au N. 2(y* E., à 5 milles. On peut mouiller eU" core à la distance de 8 milles, relevant la rivière au S. S0° £.
L'embouchure de la rivière Lelunda est indiquée par des massifs d'arbres s'élevant au bord de la plage, au delà desquels
Pointe de Mangal- Grande.
Pointe Nord d^ la
boie de Funta.
Lat. S. 6*» 56' 30".
Long.E.J0<»23'30''.
Rivière Lelunda