‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'AfriqueChapitre 43 sur 143 · RIVIÈRE DE COLZA. - TABLE DE JUMA · texte numérisé non relu

RIVIÈRE DE COLZA. - TABLE DE JUMA

Là où elle tombe rapidement, on voit d'ordinaire des arbres plus verts et plus touffus qui indiquent le' voisinage d'un cours d'eau. Ces arbres se trouvent aussi dans les ondulations du terrain et dessinent les contours des vallons qu elles forment.

L'entrée de la rivière de Couza ou de Gousa est facile à distinguer par les grands arbres qui Favoisinent» et par l'interruption momentanée des falaises dont nous venons de parlei*4 Au S. de la rivière, elles reparaissent moins élevées, et leur sommet forme un plateau horizontal.

Les arbres les plus élevés sont situés à la pointe de la rive droite de la rivière, nommée pointe Palmas, et leur teinte sombre se détache parfaitement sur la couleur jaunâtre des falaises de la rive gauche. Basses à la pointe Sud d'embouchure de la rivière de Cousa, les falaises s'élèvent ensuite graduellement en allant vers le S.; la pointe Sud d'embouchure de la rivière est garnie d'un petit banc qui s'avance de 1 mille Va au large.

Dans l'E. de l'embouchure, on remarque un groupe de hau*teurs, dont la principale, la plus au S. du groupe, se nomme hauteur de Gousa.

Sur le plateau, on remarque quelques bouquets d'arbres très-gros, au milieu desquels on distingue un village. Au bord de la mer, on voit sur la falaise uîfie case isolée ; et plus eu arrière, de grands barracons de traite.

A 5 milles au S. de la pointe Nord d'embouchure de la rivière de Gousa, se trouve le^cap de Juma ou de Foreland-Bluff. La côte dans l'intervalle est formée de falaises, qui s'élèvent peu à peu. Le cap de Juma est formé lui-même par une falaise élevée, assea saillante vers le large quand on le voit du S., mais peu apparente lorsqu'on vient du N. ou de l'Ouest. Le somme^de cette falaise est couvert d'une végétation rabougrie.

Le cap de Juma est la pointe Nord delà baie du même nom. En arrière et au delà de la terre qui domine les falaises, on remarque un groupe de hauteurs. Gelle du S., d'une forme tabulaire, nommée Table de Juma^ est la plus élevée et la meilleure reconnaissance pour le cnp et la baie de Juma.

Quand on relève cette montagne dans leN. 58° E., on en voit une seconde fort rapprochée, taillée en coin, et dont la penie

Rivière de Couza

ou de Cousa.

Lat. S. 7°i2'0".

Long.E.10O27'30".

Vaf. N. 0. 22« 22'.

Pointe Palmas.

Hauteur de Cdusd.

Ca? de Juma bu Forelanil-B.u.f:

Table de inmti

allongée regarde le Sud. Sur la terre dit premier plan, au pîcd de ces deux hauteurs, on aperçoit quelques arbres.

La table de Juma est toujours facile à reconnaître de quelque point du large que Ton vienne ; à 25 milles de distance elle ne change pas d aspect.

Au S. du cap de Juma, la côte se creuse légèrement pour Baiedeiuma. formcr la bdic du même nom ; cette baie a 6 milles d'ouverture entre ses deux pointes, et c'est plutôt un enfoncement de la côte qu'une baie. Du cap de Juma, les falaises continuent à se montrer sur un espace de 3 milles ; elles sont élevées, à pic et si peu accidentées à leur surface, qu'on pourrait les prendre pour une grande muraille blanche, sans quelques légères fissures qui existent à la crête supérieure. A ces falaises succède une belle plage sablonneuse qui s'étend jusqu'à la pointe Sud de la baie* et sur laquelle on voit de nombreuses pirogues tirées à sec.

Le comptoir d'Ambrizetle est un peu au N. de la plage sablonneuse, au pied de la table de Juma et dans le S. O. de cette hauteur.

Le comptoir d'Ambrizette, établissement portugais, est également sur la rive droite de la rivière d'Ambriz qui se jette dans la baie de luma, au N. de cette baie; elle parait courir à l'E. et elle est large de V4 mille à peu près à son embouchure, qui est barrée par les sables, comme presque toutes celles des rivières de cette partie du littoral.

Mouillage. Ou pcut mouiUcr devant la baie de Juma, relevant la nton-*

tagne de la Table de Juma au N. ô8<» E., à 5 milles de la terre* par des fonds de 16 mètres, sable et gravier, ou, dans le même relèvement, par 11 mètres, à 3 milles de la côte.

Sur le parallèle de la rivière de Cousa* à 9 ou 10 milles de la terre, on trouve 46 mètres, fond de sable vaseux ; ^ 18 ou 20 milles, on a ceux de 75 mètres, fond de sable et corail.

Les environs de la baie de Juma sont excessivement poissonneux. Le meilleur fond de pêche est par 33 mètres, fond de gravier et de corail; par les fonds de vase de 7, li ou 16 mètres, on ne trouve plus de poisson.

De la pointe Sud de la baie de Juma, la côte prend la direction du S. IS"" 30' E., sur une étendue de 14 milles, jusqu'à la

Comptoir d'Ambrizette.

Lat. S. 7<»J8'0".

LoDg.l£.10«2S'0".

Ririère dTAmbriz.

MONTAGNES ARAVAT. - POINTE DWMBRIZETTË. 133

pointe nommée par les Anglais Double-He^ted-Gliff, ou Fa* îaise à Double-Tète.

Dans cet espace, la côte présente partout une falaise blanche, élevée y légèrement ondulée, formant à son pied de& pointes nombreuses entre lesquelles sont de petits enfoncements ; quelques arbres couronnent son sonntmet et, en second plan, on aperçoit dans riatérieur une chaîne de coltines plus élevées, suivant parallèlement le rivage.

La pointe Double-Headed-Cliff, peu saillante et remarquable seulement par les hauteurs rejetées plus loin dans l'intérieur et dans son voisinage, est la pointe Nord d'un enfoncement très-peu profond et fort peu large, dans l'étendue duquel les falaises s'affaissent; elles reparaissent hautes et abruptes à la pointe du S. de cet enfoncement, sur laquelle on a mis une croix.

Ce point est un des plus remarquables de la côte du Congo, par les montagnes qui se trouvent un peu dans le S. et servent à reconnaître la plage et les villages d'Ambrizette, situés dans leur voisinage.

Ces montagnes, qu'on nomme montagnes Aravat, s'étendent sur une longueur de ô ou de 6 milles, à peu près parallèlement à la côte ; elles sont rocailleuses, abruptes, et n'offrent pour toute végétation que quelques broussailles : elles soat de nature basaltique. Au sommet de l'une d'elles (celle le plus au N.), on voit une grande aiguille de basalte, qui est fort remarquable. Plus au S., dans une autre roche, on a cru reconnaître la forme du petit chapeau si célèbre de l'empereur Napoléon. La pente de ces montagnes qui descend vers le rivage est assez douce , elle y arrive par des ondulations dans le creux desquelles, au milieu des arbres, on remarque quelques cases. Les environs de ces montagnes paraissent fort peuplés.

A la distance de 6 milles, au S. de la pointe Double-Headed- Cliff, se trouve la pointe Nord de la plage d'Ambrizette, que j'appellerai du même nom. Entre les deux pointes, la côte est formée partout de falaises blanchâtres qui se terminent à la pointe même d'Ambrizette ; une plage de sable leur succède et forme quelques ondulations peu prononcées auxquelles on a

Pointe Double-Hea^ ded-aur.

Montagaes Aravat.

Lat S. 7« 36' 40".

Long.E,10«44'0".

L'aiguille.

Roche remarquable.

Pointe d'AmbrI-<

zette.

Lat.S.7»41'0".

Long.E.10°37'30".

Var. N. 0. 23*».

donné improprement le nom de baie d'Àmbrizette. Cette plage a 4 milles d'étendue et se termine à la distance de 2 milles au N. d'une petite rivière nommée Rio-Doce,- située à 10 milles en ligne droite de Taiguille des montagnes Àravat, dont nous avons donné la position.

Villages d'Ambri. Dans TE. dc la pointe d'Ambrizette, a peu de distance du Lat.s.T'u'o''. rivage et au penchant des montagnes Aravat du S., se trouve Long.E.ioo4o'3o". |g principal village d'Àmbrizette et de grands barracons de traite, possédés par les Portugais; un autre village et des barracons se trouvent encore plus dans le S., en face de la plage sablonneuse : c'est celui dont nous donnons la position.

Le plus au S. de ces villages est situé près de lextrémité de la plage sablonneuse d'Arobrizette et à 2 milles de l'en^bouchure du Rio-Doce. Ce village, dont les cases sont de forme conique, se dessine bien par une teinte plus claire sur la verdure sombre des arbres qui l'abritent. La teinte du terrain, dans cette partie, est jaunâtre et contraste vivement avec les terres vertes qu'on voit au S. à Temboucliure du Rio-

Rio-Doce. DOCC.

Long.E.id«40'30". Lc Rio-Docc cst un cours d eau peu important en apparence, et qui paraît en partie barré par les sables. La pointe Nord de son embouchure est basse et très-boisée, et le bois qui la rend remarquable est d'une teinte verte très-foncée. Au-dessus de ce bois on remarque quelques collines ondulées.

La pointe Sud d'embouchure est élevée, formée par une falaise blanchâtre dominée par un plateau verdoyant; elle est cbp paimas ou du coupée à pic, ct, à SOU sommct, paraissent deux palmiers, ce Bosquet. ^^. j^. ^ j^.^ douucr Ic uom de cap Palmas ou du Rosquet. Il parait que ces arbres existent depuis longtemps, car on trouve pour cette pointe une dénomination semblable sur les cartes depuis 1790, et les palmiers y sont indiqués : elle porte sur ces cartes le nom de pointe du Rosquet.

Le Rio-Doce est fort étroit à son embouchure, et il paraît courir dans le N. E. en serpentant au pied des collines dont nous avons parlé.

La falaise qui forme le cap Palmas n'a guère que 1 mille d'étendue; la côte, ensuite, devient sablonneuse jusqu'à Tem-»

RIVIÈRE DE LOZE. 135

boucliure de la rivière de Loze *, improprement nommée par les Européens rivière d'Ambriz ; celte rivière est à 5 milles de distance du cap Palmas.

Peu après ce cap également, les terres s'abaissent; celles en second plan disparaissent, et la côte présente une ligne d'une hauteur uniforme, décodeur sombre, occasionnée par lesar-' bres qui couvrent le sol. Il existe en arrière de vastes terrains marécageux qui s'étendent à 6 ou 7 milles dans les terres.

La rivière de. Loze, qui se trouve au fond de la baie du ^""^'^ ^ ^^''• même nom, est reconnaîssable à la teinte plus verte des arbres qui avoisinent son embouchure ; ces arbres sont aussi plus élevés. Ce cours d'eau, jadis assez considérable, est sans im-» portance et peut à peine aujourd'hui recevoir des canots.

* Nous rétablissons ici les véritables noms pour éviter la confusion que les navigateurs avaient jetée sur cette partie de la côte, confusion qui- a été Toril^ine d'une foule d'erreurs et de méprises.

Ijà rivière d'Ambriz se jette dans la baie de Juma. Le comptoir d'AmbrizetlQ se trouve sur cette rivière.

La rivière de Loze se jette dans la baie de Loze. Il n'existe pas».dan$ la baie de Loze, de villag:e nommé Ambriz; on y trouve seulement des factoreries européennes.

' Enfin, les villages d'Ambrizette sont situés à 26 milles au S. du comptoir de ce nom, entre le comptoir et la baie de Loze.

Belin, dans sa carte de l'Afrique au S. de Téquateur, une carte de 1775 signée des capitaines de Saint-Malo, Thomas, Obier, Harrington et Desguél, carte manuscrite du Dépôt de la marine, et plusieurs autres, également ma- Tiuscrites, signalent l'erreur que commettent en général les navigateurs, en désignant sous le nom de rivière d'Ambriz la rivière de Loze. Nous avons cru devoir rectifier cette erreur dans cette instruction.

, Voici la description que les capitaines cités plus haut donnent de la rivière de Loze, en 1775. « Pour entrer dans la rivière de Loze, il y a trois barres à franchir successivement. Elles sont éloignées l'une de l'autre d'une bonno portée de pistolet à balle. Il faut, pour entrer dans la rivière, attendre la mer haute; pour lors il y a 14 ou 15 pieds d'eau sur les. barres (4"^ 5 ou 4<" 8). Il faui ranger le côté Nord de la rivière parce que, à la. pointe Sud, il y a un banc de sable et de roche sous l'eau. Un navire de 500 nègres ou de 200 tonneaux ne "(leut entrer dans la rivière de Loze qu'en dedans des barres de son embouchure. »

{Carte présentée par les capitaines ci-dessus nommés à monseigneur de Sartine^ secrétaire d'État au département de la marine, portefeuille 114, division 2, pièce 18 du Dépôt de la marine.)

BaiedeLoze i. La poiote Nord de la baie de Loze est basse, sablonneuse, et prolongée par un banc sur lequel la mer brise toujours ; on Pointe de Loze ou l'appelle pointo dcs Brisants du Nord ou pointe de Loze. On PKwnte des Bri- joit pasÀer en général à 2 milles au large de cette pointe, pour ériter le banc qui la prolonge : elle fesCe au N. 51<^ O. de rentrée de k ritière de Loze, à 3 milles de distance. Pointe strdng-Tide- La poiute Sud de la baie de Loze, distiinte de 4 milles de la SnSurmtr"** précédente, se nomme Strong-^Tide-Cornerjou pointe des Fortsî^Dg^ÉVo»43W' Courants ; pour abréger, nous l'appellerons pointe des Couvar.N.o.22«»30': rants.

Cest une falaise élevée^ coupée à pic, d'une teinte blancbâ» tre, au sommet de laquelle sont les factoreries européennes. Cette falaise présente aussi à son sommet quelques arbustes.

11 faudra passer à 3 milles dans TO. de cette pointe pour éviter le banc qui la contourne à 2 milles au large dans cette direction, et sur lequel la mer brise fortement d'ordinaire. Ce même banc s'étend dans le N. de la pointe, à 2 milles au large, et il ferme en quelque sorte la baie de Loze de ce côté. De trèspetits navires ne peuvent même mouiller dans TE. de ce banc, sur lequel on trouve 6*** 5 et 8 mètres d'eau.

En partant de la pointe des Courants et en remontant vers le N., la baie se creuse un peu et présente une belle plage sablonneuse, jusqu'à la rivière de Loze. Cette plage est couverte de grands arbres et de Verdure.

Au-dessus de cette ligne, on découvre, à une certaine distance dans rintérieur, une chaîne de hauteurs courant dans TE. N. E., et qui semblent une ramification de montagnes plus éloignées s'étendant dans le N. et dans le S. : ces hauteurs paraissent de nature granitique; elles sont recouvertes, par espaces, d'herbes rares et d'arbustes rabougris. La rivière de Loze coule au pied de ces hauteurs, et sur ces bords l'aspect du pays est magnifique. De nombreux villages sont répandus sur les pentes douces qui descendent vers la rivière; les plus viiî s aux envi- remarquables et les plus importants se nomment Koro , rons de la baie de Kouanda, Kivema, Baram-Poutou, Bonga-Bonga, Moundelé,

« Noos loi donnons ici son nom véritable, qooique l'osage ait en quelque sorte consacré celui de baie d'Ambriz.

BAlË DE LOZE. 137

Goundou, Yinda, Jouanna, Ëfounî, Kassi, Gombé, Ântonio- Nasso, Sernë, Embé, Foula-Baman. La rivière de Loze, en dedans de la barre qui la ferme complètement, est assez profonde et Ton y trouve plus de 3"» 6 ; elle est navigable presque jusqu'à sa source.

Si l'on vient duN., il faudra, pour atteindre le mouillage, Manière de venir contourner au large à 2 milles la pointe de Loze ou des Bri- "" "^'" ^^' sauts, et Ton viendra jeter l'ancre par lô mètres d'eau, relevant les factoreries de la pointe des Gourants au S. E. et l'entrée de la rivière à TE.

Si Ton vient par le S., on contournera à 3 milles dans FO. la pointe des Gourants et l'on remontera au N. jusqu'à ce qu'on soit aux relèvements indiqués plus haut, afin d'éviter le banc qui entoure cette pointe. Les vents sont d'ordiiyiire du S. au S. O. ; le courant porte au N. N. O. avec une vitesse de 1 mille à l'heure. On éprouve au mouillage les brises alternatives de terre et de mer, et la houle étant du S. O. on la prend très-souvent par le travers, ce qui fatigue beaucoup les navires.

Pour se rendre à terre» on se dirigera d'abord sur l'embou- Manière de <« ren. chure de la rivière de Loze, jusqu'à ce qu'on soit à 100 mètres du rivage ; on le prolongera ensuite jusqu'au pied de la falaise qui forme la pointe des Gourants : c'est là que le débarquement est le plus facile.

Il est toujours prudent d'agir ainsi, parce que sur le banc qui prolonge au N. la pointe des Gourants , quoiqu'on y trouve de 6°^ 5 à 8 mètres, il s'élève parfois des lames sourdes capables de faire chavirer un canot ou de le remplir ; dans les ras de marée, qui sont assez fréquents, ce banc brise dans toute son étendue. Au mouillage par des fonds de 13 mètres, sur le parallèle même de l'embouchure de la rivière, les lames i*.ommencent à déferler à la distance de 600 mètres dans l'E. du mouillage.

En s'élevant plus au N. que le parallèle de la rivière de Loze, on peut se rapprocher plus de la terre ; des navires mouillent même par 6 mètres, mais ce mouillage est dangereux et la houle y est plus forte.

Dans les forts ras de marée, on ne peut communiquer avec la terre.

dre à terre.

Uarais de Loze.

Brouillards.

Température.

Ressources.

Commerce.

Facloreies.

Dans les ras de marée peu forts, on peut confimuniquer eu passant entre les brisants du banc de la pointe des Courants et le rivage. ■ A l'abri de la pointe, la n>er ne brise pas, mais là encore une pirogue est indispensable pour débarquer, à cause du ressac qui est très-fort.

Dans TE. de la hauteur qui forme la pointe des Courants, il y a un immense marais qui s'étend à plusieurs lieues dans l'intérieur et que traverse la rivière de Loze ; elle devient navigable à sa sortie de ce marais. H contribue à reudrc très-malsain le séjour de la baie de Loze, par son assèchement dans la belle saison, et les brouillards épais qu'il occasionne dans la saison des tornades. La mer y pénètre dans les grandes marées, et il est excessivement poissonneux. Les oiseaux aquatiques s'y réunissent aussi en grand nombre.

La nuit, la côte se couvre d'un brouillard épais, qui occupe les régions inférieures de l'atmosphère et qui laisse au ciel toute sa pureté. Les rosées sont abondantes et le vent d'E. est trèsrfroid comparativement.

En juillet, le thermomètre donne 19° centigrades, et le froid à terre est encore plus sensible que sur la rade ; en janvier, le thermomètre donne 25° le matin et 28o à 3 heures de l'aprèsmidi.

Au mouillage de la baie de Loze, on n'a pas la ressource de la pêche, il faut pour cela être à environ 12 milles au large ; mais on peut le matin pêcher à l'épervier à l'embouchure de la rivière.

On peut, grâces aux traitants, se procurer quelques vivres frais, qu'apportent les noirs de l'intérieur. Il n'existe pas de village dans la baie même.

, Le commerce licite consiste en ivoire, en peaux, en cire, en gomme copale et en un peu de minerai de cuivre.

Le commerce illicite et le plus productif est la traite des esclaves.

11 y a dans la baie de Loze deux factoreries anglaises, une américaine et une française. Ces factoreries sont établies sur le plateau qui domine la pointe des Courants.

Les factoreries portugaises sont dans Tintérieur, près du village habité par le roi.

RIVIÈRE DE MASULA. — MOiNT BAMBA.

La bniede lx)ze est très- fréquentée, surtout par les négriers, et les factoreries établies dans ce but sont les plus importantes de la côte; brûlées déjà par les croiseurs anglais, elles ont été rétablies au même endroit.

Les barracons de traite sont situés dans l'intérieur et cachés dans les bois; c'est de là qu'on expédie les esclaves aux barracons disséminés sur la côte. A la baie de Loze, la traite se fait sur une grande échelle, et d'immenses capitaux sont enga- . gés dans ce commerce. Chaque factorerie correspond avec ses succursales au moyen de signaux, dont la transmission est nusisi rapide que Test celle des signaux télégraphiques.

C'est ainsi qu'on indique, sur une grande étendue de côte, la présence ou l'absence des croiseurs, les routes qu'ils ont suivies ou celles qu'ils prennent, le point où ils se trouvent, celui sur lequel ils se dirigent. Ces nouvelles se transmettent partout à des distances considérables au moyen de courriers échelonnés ou par des signaux.

Avec de pareilles mesures, la répression de la traite devient d'une immense difficulté.

De la pointe des Courants, la côte formée partout de falaises Rivière de Masuia rocheuses court au S. 28*» E. jusqu'à la baie du Petit-Masula, distante de 10 milles de la pointe précédente. La petite rivière de Masuia se jette au fond de cette baie qui n'a que 1 mille Vs d'ouverture, entre ses deux pointes rocailleuses.

Le village du Petit-Masula se trouve devant la baie sur un plateau qui domine les falaises qui en forment la côte. On peut mouiller devant le Petit-Masula par des fonds de 13 ou de 14 mètres.

A 3 milles dans le N. N. £. de la baie du Petit-Masula, on remarque en second plan une chaîne de hauteurs qui s'élève au delà des falaises plus hautes dans cette partie que partout ailleurs sur la côte qu'on a parcourue jusqu'ici. Celle de ces hauteurs qui est le plus au S., bien détachée des autres quand on la relève à TE. 19° N., est une montagne de forme arrondie au sommet et à pentes régulières, qu'on nomme mont Bamba.

Les terrains qui forment la côte sont desséchés et présentent seulement quelques bouquets d'arbres.

Vilîaîrc du Petit- Masula.

Mont Bamba.

De la baie du PelU-MasuIa à ia baie du Grand-Màsula, la

côte court au S. 20<' Ë. sur une étendue de 14 milles. C'est

Rivière d'onzo. daus Cette dernière baie que tombe la rivière d*Onzo, ou plu-

lS^^e^io*52"o". tôt la baie n'est qu'un enfoncement peu prononcé de la côte,

formé devantrembouchuredece cours d'eau qui vient duN.E.

se jeter à la mer. Sur la rive gauche de la rivière d'Onzo se

viuage du Grand- irouvo lo vUlagc du Graud-Masula, qui donne son nom à la

Masula. , , ^ ^

baie.

Entre la baie du Petit-Hasuia et la baie du Grand-Masula» la côte est partout formée de falaises blanches coupées à pic, égales en hauteur, et présentant seulement à leur sommet quelques fissures.

A 3 milles au S. de la baie du Petit-Masula» commence au pied de ces falaises un long récif qui se prolonge jusqu'à la rive gauche de ia rivière d'Onzo. Ce récif s'écarte de 1 mille au large ; à son accore, on trouve des fonds variables de 25 à 14 mètres.

Entre les baies du Petit et du Grand-Hasula, la côte présente un aspect fort remarquable : c'est, comme nous l'avons dit d'abord, une suite de falaises abruptes et à pic, inclinées vers le S. aux approches de la rivière d'Onzo, dont l'embouchure est signalée par une fissure profonde dans les falaises qui s'abaissent de chaque côté, et par une masse de verdure foncée qui remplit la fissure.

Lesscpt-Montagnes Àu-déssus dcs falaiscs, tout le long de la côte entre les deux Masuia'*^"'''* ^^ baics do Masula, on remarque une suite de montagnes dont quelques-unes offrent des croupes arrondies et d'autres présentent des pics assez aigus. Elles forment deux chaînes : la première, parallèle au rivage et s'élevant au-dessus du plateau qui domine les falaises, est rapprochée du bord de la mer; on la nomme plus particulièrentent la chaîne des Sept*Moutagnes. La seconde chaîne, rejetée à 10 ou 11 milles dans l'intérieur, présente des sommets plus aigus, et prend le nom de cbaioe des montagnes de Masula. Cette dernière décrit un arc assez prononcé dont la concavité regarde l'Ouest. On y compte cinq sommets principaux, d'une élévation à peu près égale; ces montagnes sont un excellent point de reconnaissance.

On peut mouiller devant la rivière d'Onzo ou dans la baie

BAIE DE DANDE. 141

lia Grand-M asula par des fonds de 14 ou de 16 mètres. Le vil- Baie du Gwnd-Ma. loge du Grand-Masula se voit de la mer, et Ton y trouve des chure de la livière ractoreries américaines.

De Tembouebure de la rivière d'Onzo, la côte, toujours formée de falaises entre lesquelles apparaissent quelques rares plages sablonneuses, court au S. 40^ £. jusqu'à Fembouchure delà rivière Lusina, située à 8 milles de la rivière d*Onzo. Les falaises entre ces deux rivières reprennent leur pente verticale* Le sommet du terrain au-dessus des falaises est boisé. Quelques collines à sommets arrondis le dominent et courent parallèlement à la plage.

A 4 milles environ de la rivière d*Onzo, quelques groupes d'arbres bordent h plage dans une interruption peu étendue de la falaise et signalent le lit d'un torrent, ou une vallée en* caissée entre les collines.

A4 milles plus loin, se trouve l'embouchure de la rivière AiTièreiasiiia.

Lat S 8** 20' 30''

Lusina, à l'interruption de la falaise qui forme la côte. Longi.io«56'30'']

L'embouchure de cette rivière est signalée par des massifs de grands et beaux arbres, qui garnissent le rivage sur une petite étendue. Elle est facile à reconnaître par ces arbres élevés dont la teinte tranche nettement sur la couleur rousse des terrains et des collines situés en arrière-plan. La rivière Lusina coule dans la direction du N. E. entre des collines, qui, lorsqtt*on la voit dans TE., se présentent sur trois plans. Le plus éloigné est formé par les montagnes Sud de la chaîne de Masula.

La pointe Nord d'embouchure de cette rivière est la pointe Nord de la baie de Dande.

La pointe Sud de celte baie se nomme cap de Dande. Elle fi^ie de Dande, reste de la précédente au S. 12° O. à la distance de 8 milles, largeur d'ouverture de la baie, qui se creuse de 2 milles V^ sur la ligne qui joindrait ces deux pointes.

Entre les deux pointes du N. et du S. de la baie de Dande, le rivage est sablonneux. Cette baie forme deux enfoncements inégaux bien distincts, séparés par une pointe rocailleuse élevée, située à 3 milles du cap de Dande. Quand on la voit de rO. S. O., cette pointe intermédiaire est coupée à pic.

Au-dessus de la plage sablonneuse s'élève une ligne de

Cap de Dande.

Lai. S. 8<» 28' 0".

Long.E.iG°ô3'30".

Rivière de Dande.

Ville de Dande.

Mouillage.

llcniarques générales sur la côte du Congo.

Plateau des sondes.

coteaux et des arbres garnissent les plis du terrain. Les mon* tagnes de Masula se voient en dernier plan, rejetées à 1 1 milles dans rintérieur.

Le cap de Dande, pointe Sud de la baie, est formé par une falaise verticale, élevée, plate et stérile à son sommet. Elle tombe d'abord à pic, et son pied s'allonge par une base en plan incliné ; ce cap est bien saillant et bien prononcé, surtout vu de rO. S. 0.

Du cap de Dande, la falaise se continue vers l'E., lespacc de 3 milles dans l'intérieur de la baie, et vient former la rive gauche de la rivière de ce nom, signalée à son embouchure par des arbres et des roangliers. La rivière est tout à fait à la parlie Sud de la baie de Dande, et la falaise à pic qui dessine sa rive gauche est tachée de blanc et de rouge.

La rivière de Dande est, dit-on, navigable pour d'assez forts navires, à quelque distance même au-dessus de la ville du même nom, située à 4 milles sur sa rive gauche.

Cette ville, premier établisssement des Portugais dans le K., est une ancienne capitainerie qui a fait jadis un grand com^ merce avec le Brésil et les îles portugaises.

C'est encore un actif foyer de traite.

On peut mouiller dans la haie de Dande dans le N. 40" 0. de l'embouchure de la rivière par 18 mètres, fond de vase^, et le long de la plage qui forme le fond de la baie par des sondes de 16 mètres, à 2 milles Vs de la terre.

La baie est parfaitement saine par ces sondes et Ton ne connaît aucun danger près du rivage. Dans le N. 0. du cap de Dande, on trouve 22 mètres à 1 mille Vs de distance*

La rivière de Dande est la limite Sud de la province de Masula et du royaume de Congo.

Nous terminerons ce chapitre par quelques considérations générales relatives à la côte du Congo, que nous venons de décrire.

On peut prolonger la côte du Congo, depuis le cap Padrào jusqu'à la rivière de Dande, à la distance de 3 ou de 4 milles. Les fonds à la même distance ne seront pas les mêmes

* Pui'dy indique de 14 à 11 mètres.

RIVIÈRE D'ONZO. 143

suivant les diverses parties de la côte où l'on se trouvera ; mais à la distance de 2 ou de 3 milles,, ils varieront dans la limite de 9 à 25 mètres. Les plus petits fonds se trouveront entre le cap Padrâo et la baie de Juma. Ils varieront de 14 à 9 mètres sur cette partie de la côte à 2 ou 3 milles de dislance. Dans le S., ils sont plus considérables, de 18 ou de 20 mètres le plus souvent à la même distance.

Le plateau des sondes est loin d'être complètement étudié. capPadrâa. ^'ous n'en donnerons donc ici qu'un aperçu, et Ton ne doit regarder les distances que nous indiquons que comme des approximations plus ou moins exactes.

Sur le parallèle du cap Padrâo, le plateau des sondes paraît s'étendre à 20 milles au large. A cette distance, on trouve les fonds de 128 mètres; à 10 milles, on a ceux de 64 mètres ; a 5 milles, on trouve ceux de 16 mètres; jusqu'à la distance de 2 milles où l'on rencontre ceux de 11 mètres.

Sur le parallèle de la baie de Funta, le plateau paraît avoir Baie de Fuma. 23 mirtes de largeur; les fonds de 128 mètres se trouvent a cette distance, ceux de 80 mètres à 13 milles, ceux deï45 mètres à 8 milles, ceux de 13 mètres à 3 milles de la pointe Nord de la baie.

Devant la rivière de Cousa, le plateau des sondes paraît ^'^^^'^ «^^ cousa. avoir 25 milles de largeur; à cette distance, on trouve des fonds de 128 mètres ; on a ceux de 96 mètres, à 19 milles ; ceux de 72 mètres, à 19 milles; ceux de 22 mètres, à 8 milles ; ceux de 11 ou de 13 mètres, à 3 milles de la côte.

En descendant vers le S., le plateau des sondes parait ensuite s'élargir graduellement. Ainsi, sur le parallèle, de la pointe Strong-Tide-Corner delà baie de Loze, on trouve les fonds de Pointe strong-TUe- 144 mètres à 33 milles de la côte, et leur diminution est assez graduelle à mesure qu'on s'en approche. Ainsi, sur le parallèle de la pointe Strong-Tide-Corner à 25 milles, on a 112 mètres; à 17 milles, on trouve 72 mètres ; à 8 milles, 30 mètres.

En partant de ce point, le plateau s'élargit de plus en plus. Rivière donzo. et sur le parallèle de la rivière d'Onzo, il atteint 39 milles, distance où l'on trouve les fonds de 144 mètres qui diminuent d'une manière assez graduelle jusqu'à la côte, à 3 milles de la* quelle on trouve 23 mètres.

€ap de Dande.

Courants.

Marées.

Saisons, vents.

Enfin, sur le parallèle de la rivière de Dande, le plateau a une largeur de 38 milles, distance où Ton aies fonds de 144 mètres. Ceux de 96 mètres se trouvent à 28 milles ; ceux de 80 mètres, à 20 milles; ceux de 64 mètres, à 8 milles; ceux de 22 mètres, à 2 milles de la côte.

Le courant général porte le plus souvent vers le N., on plutôt parallèlement à la côte, avec des vitesses variables, mais bien moins grandes que dans le N. de Tembouchure du Kio-Congo.

Près de la terre, sa direction est très-variable ainsi que sa vitesse et quelquefois, après des grains de l'O. et du N. O., on le trouve dirigé au S. avec une vitesse de t mille à l'heure. Parfois encore il est presque nul à 15 ou 20 milles au large.

Les marées se font sentir peu au large de la côte et sont faibles en général. L'établissement sur cette partie de la côte d'Afrique est environ 4* heures 30 minutes, le changement de niveau de 1° 6 ou de 1" 8.

Les saisons sont les mêmes que dans le Rio^Congo. Mas^ sanga, ou la saison des pluies« commence au Rio-Gongo en octobre et se termine en janvier. Elle est un peu plus tardive à la hauteur de la rivière Dande et ne commence guère qu'en novembre. Les pluies sont parfois très-abondantes sur cette partie de la côte.

Neasu, ou la saison des chaleurs, succède à Massanga ; elle dure jusqu'en mars ou en avril. Quitoraba* ou la saison des tornades, a lieu en mai et en juin pripcipalement, quelquefois elle dure jusqu'au milieu de juillet; elle est remplacée par Quibiso ou la saison sèche, qui dure jusque vers octobre et novembre*.

Les vents généraux de septembre à mars sont d'ordinaire entre le S. et l'O., et le courant porte alors vers le Nord. Mais, de mars à la saison sèche, ils soufflent du S. S. K., et à cette époque on rencontre quelquefois les courants dirigés au S. 0.

Sur la côte du Congo, les brises de mer et de terre alternent, et pour la remonter au S., il faudra combiner ses bordées de manière à être près de la côte lorsque la brise de terre com-

1 Nous avons déjà dit que, sur cette côie, les tornades étaient le plus souvent de forts orages qui ne donnaient d'ordinaire que peu de vent.

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