CHAPITRE XIX
COTE D'ANGOLA ET DE BENGUELA ». Îles de l'ascension et de sainte-hélène.
Pour ne pas interrompre la description de la cote, nous rejetterons à la fin de ce chapitré Tile de l'Ascension, qui, par sa position géographique, devrait être placée ici ; nous avons pensé qu'il n'y avait aucun inconvénient à la donner plus loin; et qu'il y en aurait, au contraire, à scinder la description du littoral. C'est ce qui nous a décidé à commencer ce chapitré par la côte d'Angola.
CÔTE d'Angola.
La côte d'Angola, siir l'océan Atlantique, n'a qu'une étendue de 60 milles environ. Limitée au N. par la rivière de Dande, elle a pour limite au S. le fleuve de Coanza, qui est à peu près aussi considérable que le Rio-Congo.
Entre ces deux limites, on trouve encore le Rio-Bango, sJe jetant au fond de la baie dli même nom. On lui donne un cours de 150 milles.
Le royaume d'Angola appartient aux Portugais, qui ont étendu leur domination jusqu'à 200 lieues environ dans l'intérieur.
*■ Dans ce chapitre, aux instructions du commandant Simon, nous avons ajouté des renseis^nements tirés de celles des capitaines Matson, Dyke, Owen, Le Lieur de Yilié-sur-Arce, Rouxo de Rosencoat, Gabet, et des notes de M. Folin.
Us
L'ANGOLA
Capifolt^.
Commerce.
Baie de Bango.
Cap Spilimber'a.
Lat. S. H° 36' 0".
Long.E 10°55'30".
La capitale, située sur le bord de la mer, au fond d'une baie excellente, se nomme San-Paolo-de-Loanda.
L'Angola produit de la cire, du miel, de Thuilc de palme» de l'ivoire. Il existe dans ses montagnes des mines d'argent , de fer et de cuivre. Mais lé principal commerce consiste dans la traite des esclaves.
Du cap de Dande, la côte court au S. 13° E. l'espace de 8 milles; là elle forme un premier cap, large et arrondi, nommé cap Spilimberia. Entre ces deux caps, la côte est formée de falaises élevées teintées en rouge ou en blanc.
Du cap Spilimberta, la côte prend la direction du S. 38° E. sur une étendue de 6 milles, point où se termine la falaise et où commence la plage sablonneuse de la baie de Bango. Cette plage se creuse en un demi-cercle profond et se termine vers l'O. à petite distance du cap Bango. Dans l'E. àe ce cap, les falaises recommencent s'élevaot à pic jusqu'au cap Lagostas,^ qui est la pointe S. 0. de la baie de Banga 6t la pointe N. Ev de la baie de Loanda.
La baie de Bango est la plus grande de la côte que nous ayons décrite jusqu'ici. Sa pointe N. E. est le cap arrondi que les vieilles cartes nomment cap Spilimberta, et qui est situé à 8 milles au S. 13° E. du cap de Dande. Sa distance au cap Lagostas est de 10 milles, et il en reste dans le N. 20° E. C'est la largeur d'ouverture de la baie de Bango, dont la profondeur, sur la ligne qui joindrait ces deux caps, est de 6 milles Va- Dans la partie Nord de \sl baie, les terres sont peu élevées, sans verdure, et présentent un aspect aride que nous retrouverons souvent en descendant plus au Sud. Cependant, quelques iouffes d'arbres apparaissent sur le rivage -et signalent Temboucliure d'un torrent coulant entre les collines qui forment le fond de la baie. Ce torrent se tl^buve à r^xrtrémité Sud des falaises. '
La rivière de Bango a son embouchure au fond de la baie, à 7 milles dans TE. à peu près du cap Lagostas. EUe coule entre deux collines assez élevées, présentant, sur la face qui regarde la baie, des falaises inclinées. Bien que situées un peu en arrière de la plage, ces deux collines semblent, du large, former le rivage même de la baie.
RIVIÈRE l>E BANGO.
Cap de Ban^i»,
La côte du S. de la baie de Bango est fort élevée et fornuée de falaises rouges et blanches qui, du cap Lagoslas, s'éteqdeut sur une étendue de 4 milles. Vue du N. N. 0., celte partie de la baie présente une première pointe coupée à pic, garnie à &on pied de quelques roches noires. Elle est dislan^e du cap Lagostas de 3 milles. Cette pointe est le cap de Bango. Sur le sommet de la terre qui couronne la falaise, on renK^rque quelques broussailles. A 1 mille au delà de ce cap,, la falai&e se termine et présente une pointe également coupée à pic, garnie à son pied de rochors noirs qui forment sa base. Une troi4ièi»e pointe, qui est Textrémité de la colline du S. 0, <i)ée au fond de la baie, se termine par une pente un peu allongée près, de la rive gauche de la rivière de Bango.
La rivière de Bango est signalée par quelques arbj*es à la Rivière de songa plage, puis sur sa rive droite s'élève, en pente rapide, la col* line de TE. située dai^s la baie de B^ngo.
Vues du N. N* O., les trois pointes précédentes semblent laisser entre elles des enfoncements, mais le rivage de la baie est régulier et la couçbe qu'il décrit ne présente pas d'ondMlations sensibles.
Dans rO. de 1^ rivière de Bango, à 3 milles de distance, il existe un grand édifice entouré de cases : c* est un établissement habité par des Portugais, d'où le marché de la ville de San-Paolo-de-fLoanda tire ses principaux approvisionnements.
La baie de Bango est ^rès-fréquentée et les navires de commerce y mouillent d'ordinaire pour prendre connaissance des affaires à San^Paolcnie-Loanda avant d j aller mouilleç. Us évitent ainsi de payeç les droits d'ancrage de ce port qui sont fort élevés.
Sur la ligne q«i joindrait le cap SpiJimberta au cap Lagostas, ks fonds varient de 23 mètres, qu'on trouve à 1 mille du I>remier, à 24 et 27 mètres qu'on trouve à mi'-dîstanee des deux caps. L'un et Tautre sont sains ei accores. Les fonds diminuent ensuite assez graduellement quand on s'enfonce dans la baie. Près du rivage ils varient de 7 à ô mètres et à 3°* 0. Us sont plus grands près du cap Lagostas que près de la plage sablonneuse.
Lorsqu'on veut mouiller dans cette baie en venant du N., on.
b'ablisseipent dan»
la baie de Bango,
Mouillages.
150 L'ANGOLA
fera route» en tenant le cap Lagostas au S., quelques degrés vers TE. (de 5» à 10°) pour éviter le grand banc qui prolonge dans le N. E. l'île de Loanda , et Ton viendra jeter l'ancre à 4 milles du cap Lagostas par 25 ou 26 mètres, relevant le cap Lagostas au S. 21° 0., et le grand bâtiment situé au fond de la baie au S. 19° E.
On peut s'approcher sans danger du cap Lagostas dans le même relèvement et en mouiller à 1 mille par 29 mètres, ou bien encore pénétrer plus loin dans la baie de Bango et jeter l'ancre, dans le N. du grand bâtiment indiqué, par 14 ou 13 mètres. On mouille encore dans cette baie quand, voulant se rendre à San-Paolo-de-Loanda, on est surpris par le calme ou par la nuit. A moins de bien connaître la baie de Loanda, on ne devra y en Irer que de jour et dans la matinée, moment où l'on aura la brise favorable venant de la terre, tandis que, dans l'aprèsmidi, avec les vents de S. O., on serait forcé de louvoyer. C'est par ce motif que la baie de Bango est très-fréquentée, et les navires y jettent Tancre pour attendre la brise favorable du matin. Toute la côte de la baie est saine et la sonde sufQra pour conduire au mouillage.
Lorsqu'on vient de l'O. chercher le mouillage de la baie de Bango, il faudra se tenir au large à 3 milles Vs du cap Lagostas et faire route au N. jusqu'à ce qu'on ramène le fort de San- Pedro (dont nous parlerons tout à l'heure), situé dans la baie de Loanda, au S. du cap Lagostas, par une maison de campagne (quinta) bien apparente sur le sommet de la falaise. Cette maison est au S. 22° E. du fort. Dès qu'on sera sur cet alignement, op aura doublé l'extrémité du banc de Tlle de Loanda, et l'on pourra faire route pour la baie de Bango.
Lorsqu'on vient du S. après avoir longé la côte sablonneuse.
de l'île basse de Loanda, à 1 mille de distance, on fera leN. E.
jusqu'à ce que l'on ramène le fort San-Pedro par la quinta
indiquée précédemment. On pourra alors donner dans la baie
de Bango.
Gap Lagostas. 1^ cap Lagostas, pointc S. 0. de la baie de Bango, est la
Loîig^É 10*5^1 18''. pointe N. E. de la baie de Loanda ; il est facile à reconnaître :
var.N. 0.220 38'. ^'est uuc falaisc verticale de couleur jaune et couronnée de.
buissons à son sommet. Un amas de roches noires et aiguës ^^
trouve à sa base.