‹ Manuel de la paroleChapitre 147 sur 182 · L'OURS ET LES DEUX COMPAGNONS · texte numérisé non relu

L'OURS ET LES DEUX COMPAGNONS

Deux compagncns, pressés d'argent,

 leur voisin fourreur vendirent

La peau d'un ours encor vivant, Mais qu'ils tueraient bientôt, du moins à ce qu'ils dirent. C'était le roi des ours, au compte de ces gens. Le inarchand à sa peau devait faire fortune ; Elle garantirait des froids les plus cuisants ; On en pourrait tirer plutôt deux robes qu'une. Dindenaut prisait moins ses moutons qu'eux leur oUrs : Leur, k leur compt«, et non k celui de la béte. S'offrant de la livrer au plus tard dans deux jours. Ils cnnvieunent de prix et se mettent eu qufite, Trouvent l'ours qui s'avance et vient vers eux au trot, Voilà mes gens frappés comme d'un coup de foudre. Le marché ne tint pas; il fallut le résoudre: D'intérâts contre l'oura, on n'en dit pas un mot.

D,gt,,-erihyGOOgle

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L'un des deux coin|»gDon3 gritnpe an fatte d'un arbre ;

L'autre, plus froid que tt'est uu marbre, Se couche aUr le neî, fait le mort, tieut «on »ent,

Ayant quelque part ouï dire

Que l'our§ s'acharne peu Bouveut Sur un corpfi qui ne vit, ue meut iii ne respire. Seigneur ours, comme un sot, donna dana ce panneau : Il voit ce corps gisant, le croit pri^i de Tic ;

Et de peur de supercherie, Le tourqe, le retourne, approche son museau,

Flaire au pataage de l'haleine.

" C'est, dit-il, un cadavre ; ftlons-nous, car il sent. " A ces mots, l'ours s'en va dans la forêt prochaine. L'un de nos deux marchands de son arbre descend, Court à son compagnon, lui dit que c'est- merveille Qu'il n'ait eu seulement que la peur pour tout mal. " £h bien ! ejouta-t-il, la peau de l'animait

Mais que t'a-t-il dit à l'oreillel

Car il t'approchait de bien près.

Te retournant avec sa serre.

—Il m'a dit qu'il ne faut jamais Vendre la peau de l'ours qu'on ne l'ait mis par terre. "

La Foktaink

VU ÉTANGTLE

En ce temps-là, JésUS, seul avec Pierre, errait Sur k rive du lac, près de Génésareth, A l'heure où le brûlant soleil de midi plane. Quand ils virent, devant une pauvre cabane, La veuve d'un pécheur, en longs voiles de deuil Qui s'ëtait tristement assise sur le seuil, Retenant dans ses yeux la larme qui les mouille. Pour bercer son enfant et filer sa quenouille.

N(m loin d'elle, cachés par des figuiers touffus.

Le Maître et sod ami voyaient sans être vus.

Soudain, un de ces vieux, dont le-tombeuu a'apprêl«,

Un mendiant, portant un vase sur sa tête.

Vint à passer, et dit à celle qui filait ;

"Femme, je dois port«r ce vase plein de lait

Chez on homme logé dans le prochain village,

Mais, ta le vois, je suis faible et brisé par l'&ge,

Les maisons sont micore à plus do mille pas,

Kt je sens bien que, seul, je n'accomplirai pas

Ce travail que l'on doit me payer une obole-"

La femme se leva sans dire une parole.

Laissa, sans hésiter, sa quenouille de lin

Et le berceau d'osier où pleurait l'orphelin,

Prit le yaae, et s'en fut avec le misérable.

Et Pierre dit: " H faut se montrer secourable,

Maître ! mais cette femme a bien peu de raison

D'abandonner ainsi son fils et sa maison

Pour le premier venu qui s'en va sur la route;

A ce vieux mendiant, non loin d'ici, sans doute,

Quelque passant eût pris son vase, et t'eût porté."

Mais Jésus répondit à Pierre : " En vérité,

Quand un pauvre a pitié d'un plus pauvre, mon Père

Veille sur sa demeure et veut qu'elle prospère.

Cette femme a bien fait de partir sans surseoir."

Quand il eut dit ces mots, le Seigneur vint s'asseoir

Sur le vieux banc de bois, devant la pauvre hutte ;

De ses divines mains, pendant une minute,

n fila la quenouille et berça le petit;

Puif, se levant, il fit signe à Pierre, et partit.

Et, quand elle revint k son logis, la veuve,

A qui de sa bonté Dieu donnait cette preuve,

Tnmva — sans deviner jamais par quel ami —

Sa quenouille filée et son fils endormi.

F. COPPÉK.

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