‹ Manuel de la paroleChapitre 177 sur 182 · LA CHASSE · texte numérisé non relu

LA CHASSE

J'étais encore enfant; un matin, sous la tente,

Mon père, l'œil en feu, la gorge haletante,

Rentra, jeta son arc et ses traits, et me dit :

" Yakoub, par Mahomet I ce canton est maudit;

Chaque nuit, mon troupeau d'un mouton diminue.

La lionne au bercail est encor revenue ;

Sur le sable j'ai vu se.1 pas appesantis.

Sans doute dans quelque antre elle a quelques petits. , .'

Je ne répondis rien ; mais, quand sortit mon père,

Je pris l'arc et les traita, et, courbé vers la terre,

Je suivis la lionne. Elle avait traversé

Le Nil : au même endroit qu'elle je le passai ;

Elle avait au' désert cru me cacher sa fuite :

J'entrai dans le désert, ardent à sa poursuite;

Elle avait, évitant le soleil au zénith,

Cherché de l'ombre au pied du grand sphinx de granit.

De l'antique désert antique sentinelle r

Comme elle fatigué, je m'y couchai comme elle. . .

rihyGOOglC

Cttmme elle je repris ma course, et jusqu'au soïr

Mon pas pressa son pas ; puia je cessai d'y voir,

luiiuobile, implorant un seul bruit saiftisaable •

Qui vint à moi, âottaot sur cette mer <Je sable.

J'écoutai, retenant mon souffle, . . Par moments,

On entendait au loin de sourds rugissements;

Vers eux, comme un serpent, je me glissai dima l'ombr"».

Sur mon chemin un antre ouvrait sa gueule sombre

Et dans ses profondeurs j'aperçus sans effroi

Deux yeux étincelants qui se axaient sur moi.

Je n'avais pas besoin ni de bruit ni de trace;

Car la lionne et moi, nous étions face à face.

Ali ! ce fut un combat terrible, hasardeux,

Où l'homme et le lion rugissaient tous les deux.

Mais les rugissements de l'un d'eux s'éteignirent. . .

Fuis du sang de l'an d'eux les sables se teignirent.

Et, quand revint le jour, il éclaira d'abord

Un enfant qui dormait auprès d'un lion mort.

ÀTHÂLIE, A. lY, se. 8.

Page 1