‹ Manuel de la paroleChapitre 178 sur 182 · JOAD · texte numérisé non relu

JOAD

O mon Gis, de ce nom j'ose encor vous nommer, Souffrez cette tendresse, et pardonnez aus larmes Que m'arrachent pour voua de trop justes alarmes ; Loin du trône nourri, de ce fatal honneur, * Hélas! vous ignorez le charme empoisonneur; De l'absolu pouvoir vous ignorez l'ivresse.

Et des lâches flatteurs la vois enchanteresse Bientôt ils voua diront que les plus saintes lois. Maltresses du vil peuple, obéissent aux rois ;

D,gt,,-erihyGOOgle

ïtOBOEAUX CHOISÏS .2ï£

(Ju'un TOI n'a d'autre frein qns sa volonté mëniu ■; <ju'il doit imiDoIcT tant i sa grandetr saprème ; <Ji]'aus larmes, au trevaîi, le peaple est condamna, Et d'un Kcct>ti:e de fer ve«t être g<Mvecné ; •Que, s'il n'est opprinié, tôt ou tard il opprime. Ainsi, de piège en piège, et i'abîne en al^rne, Corrompant de voa mœurs l'aimable poretâ, Ils TOUS feront enfin haïr la vérité Vous peindront la vertu soss une affreuse image. Hélas^ ils ont des rois égani le plus sage.

Proraetter sur ce livre, et devant ces témoins, (jiie Dieu fera toujours le premier de vos soins, Que, sévère aux méchants, et des bons le refuge, J^ntre le pauvre et vous vous prendrez Dieu pour juge, Vous souvenant, mon fils, que, caché sous ce lin. Comme eui vous fûtes pauvre, et comme eux orpheUn.

Racikk.

LE PETIT MEKDIÀNT

C'était un pauvre petit être Que nul en ce monde n'aimait ; Et lui-même, hélas! ignorait En quel lieu Dieu l'avait fait naître.

Il mendiait partout son pain ; Et les enfants, dans les villages.

Le poursuivaient de leurs outrages, En le voyant tendre la main.

Mais le petit, leur faisant face :

" Quel est donc celui qui me cliassel Leur disait-il d'un ton hardi.

La grande route est k qui passe; ■ Et, sur ce sol, moi, j'ai ma place, Car je suis Français, Dieu merci! "'

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Un. jour, non loin de I» frontière,

Drapeans un vent, truiihoitr battirit.

11 vit passer un régimant -

Il entendit pfujer de guenc.

On acclamait les batMllons,

Tous les yeux brîlkiient d'esp^^nce.

Et Ton ctiaJt : " Vive la France ! "

Il cria, lui, sous ses baillons,

" Pauvre petit, (fens ta misère.

Que te fait la ptùx ou la guerre! "

Lui dit an sceptique endurci.

L'enfant leva son Oïil sévère :

" Je n'ai jamais connu ma. mère;

Maia je siria Fratiçai», Dieu merci ! ""

Aux joure de deuil, sur la ruine

l>'ui» incendie eccor fuiuHirt,

L'ennemi saisît un enfant

Qui tenait une carabine.

" Que »ient faire ici ce gamin î

Tu veux doBc qu'on te (asiïle?

Ton nomT — Je ne sais. — Ta famille?

— Je mendie et suis o[|itielin.

— Un vagabond ! Sous queliiue pierre

Ecrasez- moi cette vipère.

Est-ce un Français? Est-ce an brtndit?

— Quand vous passâtes la frontière.

Cria l'enfant, à lun colère.

J'étais Français, je l'ai senti ! "

Le lendemain, dans les décombres Cherchant les débris de leurs tmta.

Quelques paysans aux abois Se promenaient comme des ombres.

Auprès d'un vieux mur chancelant.

Couché dans sa gloire enfantine, Un coup de feu dans la poitrine.

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MOBCEÀUX ■CHOISIS 281

Ils virent Je |>«itit <ûnlant

Déjà, le trépns de son aite

Enuelr^pMtsft tète frêle,

"' Qui d'mc «a-tu, pauvre petit,

Toi, tombé d'une mort si fièreî "

L'enfant aoult^va sa paupière :

" Jcifui» FraHçaia, je vous fai dit!"

LE POETE ET ht» PAPILLONS

—Papillons, S pfipill<)na, teatez au r^ des sillotis, l'out au plus wiiireï la bmiide- Cest asse* pour vos ébats. Qu'alléevous faire là-baa, tout petits aur la mer grandeî

— Laisse-nous, dëcoitrageux ! Il faut bien voir d'autres jeux que ceux dont on a coutume. Quand on est lassé du mid, ne aaiâ-tu pas que le fiel tut doux par son amertumel

— Mais des fleura pour vos repas, là-bas, vous n'en aurez pas. On n'en trouve que aur terre. Pauvres petits raalheu-reuï, vous mourrez, le ventre creux, sur l'eau nue et solitaire.

— l'ennuyeux raisonneur, qui met sur notre bonheur t'éteignoir d'avis muroaesl K'e vois-tu pas que ces prés liquides sont diaprés de lis, d'œillets et de roses?

— Papillons, voua êtes fous. Ces fleurs-là, m 'en tendez- voua, ce sont les vagues amères, où les rayons miroitants font éclore le printempa dana un jardin de cbiinères,

— Qu'importe, si nous croyons aux fleurs de qui ces rayons dorent la belle imposture! Dût-on ne point les saisir, n'est-ce pas encor plaisir, que d'en riaqiier l'aventureî

— Allez, voua avez raison. Comme vous, à l'horizon mes vœuï portent leur offrande. Poètes et papillons, partons en gais tourbiltona, tout petitn sur la mer grande !

Jean Richepik.

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12 HAtlUEX DE LA PlROLiT

aiTfTRlDlTB, A. III, SC. 1.

HiTHRIDATEIv PB-\RSACE, XtPHABiS-

Approchez, me» enfants. Enfin Fteurc est vfnae Qu'il faut que n»n secret édate à votre vue ; A mes ooMes projets je vois tout conspirer ; Il ne me reste plus «(u'à vous les tiéctarer Je fuis; ainsi le «eut la fortune enitemie.

Mais vous savez trop l^en l'histoire de ma vi» Pour croire que hmgtemps, soigneux de me cacher. J'attende en ces déserts qu'on me vieuiie chercher. La guerre a ses faveura, ainsi que ses disgrâces : Déjà plus d'une fois, retournant sur me» traces. Tandis que l'enneiui, par ma fuite tronaipé.

Tenait après son char un vain peup)e occupé, Et, gravant en airain ses frêle» avantages.

De mes Etats conquis en chinait les images, Le Bosphore m'a vu, par de nouveaux apprêt», Bameoer la terrenr du fond de ses marais, Kt, chassant les Homains de l'Asie étonnée, Renverser en un jour l'ouvrage d'une année.

D'autres temps, d'autres soins. L'Orient accablé Xe peut plus soutenir leur effort redoublé :

Il voit plus que jamais ses campagnes couvertes De Romains, que I« guerre eurifhit de nos pertes. Des biens des nations ravisseurs altérés, Le bruit de nos trésors les a tous attirés; Ils y courent en foule, et, jaloux l'un de l'autre, Désertent leur pays pour inonder le nôtre.

Moi seul, je leur résiste : ou lassés, ou soumis. Ma funeste amitié pèse à tous mes amis; Chacun à ce fardeau veut dérober sa tête.

Le grand nom de Pompée assure sa conquête:

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C'eat l'effroi de l'Asie ; et, loin de l'y chercLer, Cest à Rome, mes fila, que je prétends marcher. Ce dessein vous surprend, et vous croyez peut-être Que le seul désespoir aujourd'hui le fait uaitre. J'excuse votre erreur; et, pour être approuvés. De semblables projets veulent être achevés.

Ne vous figurez point que de cette contrée Par d'éternels remparts Rome soit séparée:

Je sais tous les chemins par où je dois passer; Kt, si la mort bientôt ne me vient traverser, Sans reculer plus loin l'effet de ma parole, Je TOUS rends dans trois mois au pied du Capitole. Doutez- vous que l'Euxin ne me porte en deux jours Aux lieux où le Danube y vient finir son coursî Que du Scythe avec moi l'alliance jurée De l'Europe en ces lieux ne me livre l'entrée! Kecueilli dans leurs ports, accru de leurs soldats. Nous verrons notre camp gramr k chaque pas, Daces, Pannoniens, la fière Germanie, Tous n'attendent qu'un chef contre la tyrannitt Vous avez vu l'Espagne, et surtout les Oaulois, Contre ces mémea murs qu'ils ont pris autrefois, Exciter ma vengeance, et, jusque dans la Grèce, Par des ambassadeurs accuser ma paresse; Ils savent que, sur eux prêt à se déborder.

Ce torrent, s'il m'entr^ne, ira tout inonder; Et TOUS les verrez tous, prévenant son ravage. Guider dans l'Italie et suivre mon passage.

C'est là i|u'en arrivant, plus qu'en tout le chemin. Vous trouverez partout l'horreur du nom romain, Et la triste Italie encor toute fumante Des feux qu'a rallumés sa liberté mourante.

Non, princes, ce n'est point au bout de l'univers Que Borne fait sentir tout le poids de ses fers; Et, de près inspirant les haines les plus fortes, Tes plus grands ennemis, Rome, sont i tes portes.

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Ah! s'ils ont pn ctoUir pour leur libérateur

Spartaca», un esctave, un vil gladiateur;

S'ils suivent au combat des brigands qui les verigent.

De quelle noble ardeur pensez- vous qu'ils se rangeut

Sous les drapeaux d'un roi longtemiw victorieuï.

Qui n'oit jusqu'à Cyrus remonter ses HÏeuz )

Que dis-jeî £u quel état croyez-vous la surprendre?

Vide de légions qui la puissent défendre,

Tandis que t^nit s'occupe à me iiersëcuter,

Leurs femines, leurs enfants iiourront-ils m'arrêtert

Marclions, et dans son sein rejetons cette guerre

Que sa fureur envoie aux deux bouts de la terre ;

Attaquons dans leurs murs ces conquénints si fiers ;

Qu'ils tremblent, à leur tour, pour leurs propres foyers.

Annibal l'a prédit, croyez-en ce grand homme:

Jamais on ne vaincra les Romains que dans Rome-

Noyons-la dans son sang justement répandu;

Brillons ce Capitole, oii j'étais attendu;

Détruisons ses honneurs, et faisons disparaître

La honte de cent rois, et la mienne peut-être ;

Et, la flamme à la main, effaçons tous ces noms

Que Rome y consacrait à d'éternels affronts.

Racike.

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