Règles particulières à chaqae consonne finale
B. Sonore, b se lie avec le son propre.—Muet, il ne se lie pas.
C. Sonore, c se lie avec le SOn K, sauf dans zinc où il se lie avec le son G.—Muet, il ne se lie pas, sauf dans certains mots composés et certaines locutions où il est d'usage de faire la liaison, savoir : franc-alleu
(franc k'alleu), porc-épic, franc-archer, croc-en-jambe, de clerc à maître, du blune uu noir, franc étourdi, franc étrier.
Sonore (c'est-à-dire, dans les noms propres, et dans le mot swd), d se lie avec le son propre.
Dans les substantifs, d est muet et ne se lie pas: nid | antique ; sauf dans sud où il est sonore, et dans pied où il se lie avec le son T.
Cependant d ne se lie pas dans pied à pied, bien qu'il se lie dans de pied en cap et pied à terre (pied | à pied, pied l’en cap, etc.).
Dans les mots autres que les substantifs et les noms propres, d est muet et se lie avec le son T: profond ennui (profond t'ennui).
Dans les mots terminés par »d, la liaison se fait généralement avee r: nord et sud (nor’ et sud).
Cependant, dans nord-est et nord-ouest, la liaison se fait au moyen du d avec le son propre. Dans le genre noble, la liaisor avec d est parfois aussi préférée. Au pluriel, la liaison se fa’ : avec 8.
F. Sonore, f se lie avec le son propre: chétif inse.te (chétif’ insecte).—Muette, elle ne se lie pas.
Dans * adjectif numéral, f se lie avec le son v: neuf ans (neuf v'ans).
G. Sonore, g se lie avec le son propre: joug insupportable (joug’ ir “pportable).—Muet, il se lie avec le son K: sang impur (sang k'impur); sauf dans les mots seing, hareng, poing, coing et étang, où il ne se lie pas.
Dans bourg eb faubourg, la liaison se fait avec » au singulier, avec s au pluriel.
L. Sonore, / se lie avec le son propre ou avec le son mouillé, suivant le cas.—Muette, elle ne se lie pas, sauf dans gentil où elle se lie avec le son mouillé,
M. Sonore, » se lie avec le son propre.—Muette, c'est-à-dire quand elle fait partie d’une voyelle nasale, elle ne se lie pas,
N. Sonore, n se lie avec le son propre. —Muette, elle ne se lie pas généralement ; particulièrement, elle ne se lie jamais dans les substantifs, sauf toutefois dans rien.
Quoique muette, » se lie dans les adjectifs et dans l'article indéfini un, immédiatement suivis du nom auquel ils se rapportent, dans les adverbes et les pronoms suivis d'un adjectif, d'un verbe, d'une préposition, d'un adverbe ou d'une locution adverbiale: Jean s'en alla, bien habile, ete. (s'en n’alla, ete.)—Mais n ne se lie pas dans les pronoms placés après le verbe: donne m'en | un. peu ; de même, n ne se lie pas dans un et dans l'adjectif ancien, suivis d'un mot autre qu'un substantif: en voici un | assez bon, ancien | et précieux. Cependant n se lie dans l'un et l'autre et l'un ou l'autre (l'un n'et l'autre, etc.).
Quand n, faisant partie d’une voyelle nasale, se lie, elle garde le son propre. Mais dans les adjectifs qualificatifs, le nasalité disparaît: bon homme (bo n'homme),. La liaison se fait sans que la nasalité disparaisse, dans les adverbes: bien heureux (bien n’heureux); dans rien, substantif : rien à dire (rien n’à dire); dans les adjectifs possessifs mon, ton, son : mon habit (mon n'habit); dans l'article indéfini un : un avis (un n'avis); dans l'adjectif indéfini aucun : aucun individu (aucun n'individu); dans les pronoms : on en & vu (on n’en n'a vu).
P. Sonore, p se lie avec le son propre.—Muet, il sc lie dans trop et beaucoup avec le son propre, mais ne se lie pas dans camp, champ, coup, drap, galop, loup, et sirop.
Q. Ils lie toujours avec le son K.
R. Sonore, r se lie avec le son propre.—Muette, r se lie avec le son propre, dans les verbes à l'infinitif et dans les adjectifs suivis du nom auquel ils se rapportent. mais sans jamais altérer le timbre de la voyelle qui la précède; ainsi, chercher un æmi, ne se prononce pas : cherchèr’ un ami, mais: cherché run ami. Dans les autres cas, r ne se lie pas, notamment dans les substantifs.
On dira donc: Le premier r'homme, mais’: le premier | et le dernier.
Dans les finales en rd, rds, rps, rt, rts, rg, rgs, rs, quaud r seule est sonore, la liaison se fait généralement avec r' au singulier, et avec « au pluriel; mais dans corps, la liaison se tait toujours avec r, au singulier comme au pluriel.
S. Sonore, 8 se lie avec le son propre.—Muette, s se lie avec le son Z: Les amis (les z'amis).
Pour les mots en rs, rds, rps, ete, voyez R.
Quand s finale appartient à une syllabe muette, on ne fait pas la liaison dans la diction familière: tu afirmes à tort (airm’ à tort); à moins que ce soit nécessaire pour marquer le pluriel: quelques hommes (quelques z'hommes).—S finale, à la deuxième personne du singulier de l'indicatif des verbes de lu
première conjugaison, ne se lie pas par conséquent dans la conversation, mais se lie dans la diction soignée.
T, T'se lie avec le son propre, sauf dans la conjonction et, où il ne se lie jamais.
Dans les finales en rt, la liaison se fait avec r, sanf dans les locutions de part en part et de part et d'autre, dans l'adjectif court, dans l’adverbe fort, et à ,* troisième personne du présent de l'indicatif du verbe sernir (47 sert}, où la liaison se fait avec t.
X. Sonore, se lie avec le son qu'il à quand le mot est isolé. —Muet, x se lie avec le son z.
Z. Sonore, z se lie avec le son z ou s, suivant le cas. —Muet, il se lie avec le son z. Cependant, dans mez, z ne se lie pas généralement: il ne se lie jamais dans la locution nez à nez.
CH. Ch final se lie avec le son K.
281.—La construction est l'art de prendre des temps dans le discours, et de fixer, par des silences judicieusement distribués, les bornes du sens.
. Prononcées 8 paraissent obscures bien construit, l'audi-
282.—Le rôle principal du silence, en diction, est de rendre le discours clair et intelligible, En négligeant de faire des pauses aux endroits qu'il faut, on risque de dénaturer le sens des phrases — Ex. :
Ile sortirent armés de leurs maisons.
Si, au lieu de Prendre un temps après armés, on fait une pause seulement après sortirent, le contresens est ridicule.
Le silence sert encore À la respiration. Quand je lecteur rencontre un silence, il doit en profiter pour
respirer; peut-être sa voix devra-t-elle fournir une longue course, avant qu'il puisse faire une nouvelle provision d'air.
Dans le silence, la parole seule est suspendue, i® geste agit encore généralement. A chaque repos elliptique, il doit se dégager une idée à travers le geste. Et même alors que le silence n’est pas elliptique, il est encoe utile à la mimique, en ce qu’il permet au geste de se concevoir et de s’exécuter en partie avant la parole.
283.—La construction est la ponctuation du langage parlé, et les pauses, plus ou moins prolongées, correspondent aux points, aux points-virgules, aux virgules, etc. Aussi, tous les temps ne sont pas d'égale durée. On peut distinguer des pauses, des demi-pauses, des silences, des demi-silences, et des quarts de silence. Le silence dure d’autant plus longtemps que l'idée
énoncée précédemment est plus complète par ellemême, et que sa liaison avec la suivante est moins intime. C’est affaire d'interprétation, de mesure et de discernement.
284.—Souvent le sens veut un silence à un endroit où un arrêt complet paraîtrait trop brusque et aurait pour effet de hacher le discours. On remplace alors le silence par une nuance de diction. On fait cette nuance de diction en soutenant un peu la dernière syllabe prononcée, et en abaissant ou en élevant tout à roup le voix sur le mot ou les mots qui suivent.—Ex. :
Voilà l'homme * en effet: il va du blanc au noir. (BoILEAU.) Paris * est pour un riche un pays de cocagne. (ED.)
(Aux endroits où les temps ne sont pas indiqnés par Ja ponctuation, nous marquons d'un astérisque (*) les nuances de diction, et d’un trait ( | ) les silences. Dans les exemples, nous w’indiquons pas tous les silences, mais seulement ceux qui sont nécessaires ponr illustrer chaque règie.)
285.—Les règles que nous donnons pour la distribution des silences ne sont pas absolues; un lecteur habile jugera bon tfois de les ignorer. En général, cependant, on devra se | rs à les observer strictement, et ne s’en écarter qu'avec prudence, es règles s'appliquent à la Prose et à la poésie, Mais, en disant des vers, il faut tenir com ÿ i i leur est propre, et tout
n faits, le £ iser le rythme ; rifier le rythme à la clarté.
286.— Deux principes généraux s'appliquent à la distribution des silences :
1° Lorsqu'une idée est exprimée, elle doit se graver dans l'esprit de l'auditeur et s'y lier à celle qui l'ont précédée. Un silence est pour cela nécessaire. — Ex. :
Le château | est hanté, Le château du baron | est hanté.
2° Quand la parole ne rend pas toute l’idée, quand ilya ellipse, un silence doit donner à l'auditeur le temps de compléter le sens, avant qu'un autre objet soit présenté à son esprit.—Ex. :
L'espace est son séjour, l'éternité | son âge. (LAMARTINE.)
De ces deux principes, on peut déduire quelques règles particulières pour la distribution des silences,
La place des silences est done déterminée par les ellipses et les repos de la pensée.