‹ Manuel de la parole [microforme]Chapitre 217 sur 222 · MAHOMET · texte numérisé non relu

MAHOMET

Six siècles s'étaient écoulés depuis la prédication de l’Evangile. À ce moment, dans un coin du globe séparé de tout le reste par des solitudes de sable, entre l’Egypte et la Palestine, au sein d’une race qui descendait d'Abraham et qni en avait conservé la glorieuse tradition, à l'ombre du nom le plus gracieux qui ait jamais désigné à l'oreille de l'homme une patrie, dans l'Arabie enfin, un homme naquit. Il venait tard pour fonder nue doctrire ; car il venaît après le Christ, lorsque déjà tout l'empire romain obéissait à la croix, et que les branches

LA

anc le ine, vait rarie, our léjà hes

de cet arbre vigoureux se croisaient de la PAbyssinie, 11 n'eut pas Peur cependant il jugea, en ie lisant, l’'infériorité morale de son Pays, partagé entre l’idolâtrie et les souvenirs abrahamiques, et, sans accepter le joug du Christ, dédaignant le rôle d'hérésiarque aussi bien que celui de fidèle, il se Posa entre le monde ancien qui expireit et le monde Nouveau qui surgissait de toutes parts, espérant les écraser tous les deux, et se faire, sur lenr double ruine, le précepteur dernier et le dominateur unique du genre humain. 11 fonda l'Islam, que l'on a bien pu appeler une hérésie, à cause de certaines ressemblances manifestes avec le système chré tien, ais qui s’en sépare par Ja négation absolue de la Trinité et de la divinité de Jésus-Ch rist, et qui n’est au fond qu'un déisme traditionnel] ayant pour type plus ou moins exact les croyances et les mœurs de l'époque patriarcale, Le nom d’Abrahar: remplit le Coran tout entier; il est Ja vie de l’Islum. C’est Abraham que Mahomet à voulu substituer à Jésus-Christ : c’est par Abraham fois le Christianis

Syrie à l'Egypte et à ; ilconnut l'Evangile ;

it retourné vers le pa

point qu’il estimait le vrai point du Il réussit, Messieurs ; il fonda sa cents ans, plusieurs son hégire victorieux.

mœurs? Quel x été, sous le rapport de la chastet

cette mémorable fondation? Je n'ai Messieurs ;

6, le fruit de pas besoin de vous le dire,

Vous Contaissez l’affrense dépravation des peuples Mahométans, tombés au-dessous des mœurs de la Grèce et de Rome, vivant, en vertu de leur loi, dans la polygamie la plus effrénée, ayant abaissé la femme da 1 une servitude et une honte plus grandes que ne les Jui avait faites la société païenne, et affichant des excès qu'aucune parole ne Saurait retracer.

Et ne croyez Pas que Mahomet l'ait voul Mahomet ne l'a pas voulu :

à voulu élever son P

ports. Il est manifeste que son intention et son orgueil étaient de rappeler à la vie la civilisation transitoire des patriarches, et la polygamie en est nue démonstration, aussi b'en que l'esprit d’hospitalité qui respire dans le Coran. Mahomet n'a pas voulu corrompre l'Arabie, mais }a régénérer, la ramener au temps de ses célèbres et pieux ancêtres. Pourquoi ne l'a-t-il pas fait en réalité? Parce qu'il n'a pas pu. Ni son cœur n'a été assez pur, ni sa main n'a été assez forte pour imposer aux populations qu'il prétendait régir, la sainteté et la chasteté. L’Arabe, comme un cheval indompté, a bien obéi à son maître, quand ce maître l'a lancé par le moude, avec un coup d’éperon qui lui promettait la victoire; il s’est bien jeté, la tête ardente, les jarrets souples, le poil hérissé, pour niveler les peuples sous 80n puissant passage ; mais quand il a fallu lui mettre à In bouche le frein de la pureté, il en a broyé les anneuux d'acier, et il s’est ‘ ouvé que la doctrine qui le poussait à la conquête du monde était une doctrine moins fortement trempée que ses muscis et son poitrail.

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