‹ Manuel de la prostatectomie périnéale pour hypertrophieChapitre 12 sur 14 · PLANCHE II · texte numérisé non relu

PLANCHE II

3" Observation d'Alexander (Extraite de la Thèse de Proust, page 92, observation XIII.)

James D..., âgé de 62 ans, d'un poids de 235 livres.

Admis le 26 mars 1895. Le patient raconte qu'il ressentit une grande difficulté d'uriner avec fréquentes envies, il y a plusieurs jours, et que depuis douze heures il éprouve une rétention complète. Le cathétérisme fut essayé par le chirurgien (de garde) (?) mais on ne put faire pénétrer l'instrument dans la vessie. Après quelques difficultés je lui succédai, en passant un numéro 6; un cathéter en forme de stylet, ayant reçu une courbure spéciale exagérée, fut

(i) Cela fait environ 20 grammes. Le drachme vanl à peu près 3 grammes.

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conduit jusqu'au point d'obstruction présenté par le lobe moyen de la prostate. On retire trente-trois onces d'urine san<îlante et ammoniacale.

Le toucher rectal montra qu'il s'agissait d'une énorme tumeur prostatique empiétant sur la cavité intestinale. L'extrémité supérieure était hors de l'atteinte du doigt. On lava la vessie du malade, et on passa une sonde au moyen du procédé décrit plus haut toutes les six heures. L'urine demeura fétide et sanglante.

Le II avril, le chirurgien ordinaire ou de garde (?) ne put de nouveau pénétrer dans la vessie, et je lui succédai pour réussir, non sans efforts.

Je décidai d'ouvrir l'urètre à travers le périnée comme opération préliminaire de la prostatectomie, dans le but de drainer la vessie, et de désinfecter sa cavité. Sous l'anesthésie par l'éther, je pratiquai donc une incision périnéale, et tentai de dilater avec mon doigt l'urètre prostatique. Je ne pus pourtant introduire mon doigt dans la vessie, à cause de la longueur de la portion prostatique de l'urètre, et de la grande résistance offerte par la tumeur.

Aussi j'introduisis simplement, à travers le périnée, un tube n° a6 dans la vessie et, ayant lavé la vessie, je le maintins en place au moyen de fils.

Ce drainage fut continué pendant une semaine; la perte de sang cessa, l'urine devint claire, et le malade se trouva mieux. A la fin de la semaine, le tube périnéal fut retiré, et je n'eus pas alors beaucoup de difficulté à introduire à travers l'urètre le cathéter de Mercier.

Sachant pourtant que, vu le volume de la prostate, l'amélioration ne serait que temporaire, je me décidai à l'enlever par le procédé d'.Alexander, le ii avril iSgô, en présence des D"'* Bang et Van der Poël, et avec l'assistance du D'' George Stewart et du chirurgien de l'hôpital. L'opération, vu la profondeur du périnée, fut très difficile. Je réussis pourtant à enlever entièrement deux lobes laté-

raux et le lobe médian envahis par d'énormes tumeurs, sans blesser ni la vessie, ni l'urètre.

Les tubes furent enlevés respectivement les dixième et seizième jours.

Les plaies étaient à peu près cicatrisées et furent entièrement guéries, toutes deux à la fin de la cinquième semaine.

Le malade eut d'abord une incontinence à peu près complète, mais actuellement il peut retenir son urine et vide sa vessie complètement.

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