A4 MANUEL DE LA
& mettrais bien de cette Société, maïs je crains de ne “ pouvoir persévérer dans le sacrifice qu’elle demande.” Souvenez-vous que c’est pour l’amour de Jésus-Christ que vous allez faire ce sacrifice : et que votre Jésus, pour l’amour duquel vous agirez, sera comme obligé de vous soutenir et de vous fortifier. Vous êtes faible, il est vrai; mais il est fort et puissant Nous vous louons de vous défier de vos propres forces; mais ne seriezvous pas infiniment blâmable de vous défier du Dieu bon qui a promis de ne jamais abandonner ceux qui l'invoquent avec amour, confiance et humilité. Venez donc, encore une fois, pour l’amour de Jésus abreuvé de de fiel et de vinaigre, et appuyé sur la grâce de Dieu, vous enrôler dans l’armée des braves, des vrais amis de Dieu et de la vertu, qui ont juré de combattre, jusqu’à la mort, contre un des vlus grands ennemis du salut des hommes. Vous êtes assuré de la victoire : c’est le Dieu Tout-Puissant qui vous ia donnera,
Ce serait ici le lieu de citer plusieurs de ces conversions, aussi frappantes que solides, onérées par la Société de Tempérance, pour prouver que la grâce de Dieu aide et soutient ceux qui s’en mettent : mais, comme il est peu de paroisses aujourd’hui, où cette Société, mille fois bénie, n’ait amené de ces changemens admirables, nous n’apprendrions rien à personne. Nous préférons prendre une autre voie, pour prouver cette vérité.
Dieu a deux manières de faire voir qu'une œuvre lui est chère et qu’il la protège. La première, est de bénir ceux qui la soutiennent; la seconde, est de punir visiblement ceux qui en retardent les progrès et qui 8'y opposent.
Exemple.
“M. A... curé de... avait établi, depuis quelaue tems, la Société de Tempérance dans sa paroisse, et, déjà, le bien qu’elle opérait était visible partout. Il s’en faut pourtant que tous ses paroissiens consentissent à s’en mettre; au contraire, un certain nombre n’en parlaient qu'avec le plus grand mépris. Parmi ceux-ci,
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se trouvait un père de famille, qui aurait eu cependant bien besoin d’en être; car rien n’était plus commun que de le voir se déranger par la boisson, Outre le chagrin qu’il causait à sa pauvre femme, par sa colère, ses juremens et le scandale qu’il donnait à ses enfans; il faisait des dépenses assez fortes pour altérer sa famille. Comme, d’ailleurs, cet homme avait de bonnes qualités; M. le curé, un jour, résolut de faire un effort, pour le faire mettre de la Tempérance. Il prend donc avec lui deux de ses amis, qui en étaient déjà, et se rend chez notre homme. Il lui représente les chagrins qu'il cause à sa femme, les mauvais exemples qu’il donne à sa famille. II lui fait voir son bien qui s’en va en ruine, sa santé qui se détériore ; mais, par-dessus tout, son âme qu’il perd. Enfin, ce digne prêtre met tout en œuvre, pour le porter à suivre l’exemple de ses amis, à quitter la boisson pour toujours, à se mettre de la Société de Tempérance. “ Moi, ré- ‘ pond-il avec colère, me mettre de la Société de Tem- “ pérance ! non, non, jamais, jamais! Il n’y a que “ des pourceaux qui doivent se mettre d’une pareille “ Société.” Le digne pasteur, afligé de cette inconvenable réponse, voyant qu’il n’y avait rien à faire avec un pareil homme, se retire, le cœur gros de chagrin. Trois semaines plus tard, ce malheureux aperçoit ses bâtimens en feu. Il s’élance pour arracher ses animaux des flammes; et il tombe raide mort, étouffé par le feu et la fumée, sur deux pourceaux déjà à moitié brûlés |...
‘ Ce terrible châtiment fit ouvrir les yeux à plusieurs de ses amis, qui ne l’avaient que trop malheureusement écouté, et qui vinrent, aussitôt après, se mettre de la Société de Tempérance.”
Autre Exemple.
‘ Les jeunes gens de la paroisse de... avaient été fortement invités, par leur curé, à s’enrôler dans la Société de Tempérance. On leur avait fait voir combien il en résulterait d'avantages temporels et spirituels
pour eux, S'ils abandonnaient l’usage des boissons fortes, auxquelles un grand nombre parmi eux étaient déjà malheureusement enclins. Ils paraissaient tous déterminés à suivre le conseil de leur pasteur, lorsqu’un nommé Michel........., qui s’aperçoit de leur dessein, les appelle à lui, après l'office... Pendant un tems considérable, il leur débite tout ce que le démon peut lui suggérer pour les en Cétourner. Il leur dit que, jusque-là, on s’était bien sauvé sans cette Société, Quel mal d’ailleurs, leur disait-il, pouvait-il y avoir à prendre un petit coup, avec un ami? c'était le seul plaisir qu’ils pouvaient se procurer; et il n’y avait aucune raison de le leur interdire. Il était allé, leur assurait-il, il n’y avait pas long-tems, chez un bon prêtre, qui lui avait fait la politesse d’un coup de rum, et qui se moquait bien de la Tempérance. Que, s’ils écoutaient leur curé, ils auraient bientôt perdu la tête. Il leur prouvait surtout, à sa façon, que cette Société étant faite pour ramener les ivrognes, c’était les insulter, eux, que de leur p:oposer de s'en mettre, puisqu'ils étaient tous des jeunes gens sobres et honnêtes. Enfin, il finit par leur dire que, s'ils suivaient le conseil de leur curé, ils deviendraient la risée des paroisses voisines, dont les curés avaient trop d'esprit pour exiger de pareilles choses... Son discours fit une telle impression, que personne ne vint, ce jour-là, se mettre de la Société de Tempérance.
‘ Le lendemain, ce même Michel......... était à enlever de la terre, au pied d’une grande côte, où plusieurs autres journaliers travaillaient avec lui. Tout-à-coup, un cri de détresse se fait entendre... Déjà il était disparu sous un énorme éboulis de terre. On se précipite pour lui porter secours. On a bien de la peine à le retrouver... Il était mort, et son cadavre offrait le plus effroyable spectable : son visage, couvert de boue, était horriblement noirci par le sang coagulé ; sa langue, sortie de sa bouche, était à moitié coupée, et pendait ensanglantée sur ses lèvres livides ! !”
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Autre Exemple.
C’est M. le Curé A... lui-même qui parle :
Au sortir d’une instruction, à la fin de laquelle j'avais fait un appel à ceux de mes paroïssiens qui ne s’étaient pas encore enrôlés dans la Société de Tempérance, pour les exciter à ne pas retarder cette démarche, un jeune homme se poste à la porte de l’église, pour compter ceux qui vont suivre mon conseil. Chacun reçoit quelque insulte de sa part, en rassant devant lui. Pendant plus d’une demi-heure, il épuise les mots les plus grossiers contre eux. Tout le monde, même ceux qui n'étaient pas encore décidés à s’enrôle: ans l’armée sainte, étaient indignés des propos de ce jeune libertin.
Environ quinze jours plus tard, au milieu de Ja nuit, le malheureux réveille la maison en poussant d’horribles cris : “ J'ai les entrailles déchirées ; ma tête est comme “ broyée dans un pilon. J'ai l’enfer dans le corps ; je “ vais mourir : je suis damné !...” L’alarme se répand comme un coup de foudre dans tout le voisinage. Bientôt la maison est remplie d’une foule consternée, Plusieurs de ses compagnons de débauches accourent avec les autres. Il les aperçoit : ‘ Maudits amis, leur dit-il, & je suis damné; c’est vous qui en êtes la cause; mais “ vous le serez avec moi; c’est vous qui m'avez engagé à mépriser les conseils de mon curé ; sortez d’ici tout “ de suite...” Et les malheureux, accablés par la malédiction de leur ami et encore plus par les remords qui les déchirent, s’éloignent. On accourt me chercher.
Grand Dieu ! quel spectacle! Il se roulait comme un serpent, et quatre hommes robustes employaient toute leur force à l'empêcher de s’élancer hors de son lit. TFantôt des soupirs, des sanglots; puis des cris déchirans sortaient de sa poitrine brûlante comme une fournaise. On espérait que ma présence allait le distraire de ses douleurs et lui donner un peu de calme; mais il n’en fut pas ainsi, “Mon curé, s’écria-t-il en m’aper- ‘ cevant, je me meurs et je suis damné. Al! si J'avais ‘écouté vos charitables conseils, je ne serais pas dans
“ le triste état où vous me voyez !”
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Je cherche à l’encourager; mais inutilement. J’entends sa confession; mais ses souffrances, ses terreurs et son affreux désespoir sont les mêmes. Pendant trois jours et trois nuits, ses cris, sa rage, ses douleurs, ses malédictions, ses paroles d’enfer jettent la consternation et la stupeur, dans tout le canton et dans toute la paroisse, Chacun se rappelait et se redisait tout bas les paroles insolentes dont le malheureux s'était servi, quelques jours auparavant, contre les personnes qui venaient s’enrôler dans la Société de Tempérance. Et J'avais de la peine à suflire à prendre les noms de ceux qui venaient encore, surtout parmi les jeunes gens, se faire inscrire, en disant : “ Nous nous mettons de la “ Société de Tempérance; car nous voyons bien, au- ‘ jourd’hui, que ce n’est pas un badinage de résister à “ Dieu.”
Je le visitais deux fois par jour; et il m’est impossible de décrire ce qui se passait alors dans ma pauvre âme, J'avais beau regarder l’Image de J.-C.; je ne voyais plus son cœur ouvert, ses bras étendus, pour appeler et recevoir les pécheurs. Je n’entendais plus les paroles d'amour, de paix, de pardon, de Jésus mourant pour les hommes.
Je n’apercevais plus que le bras d’un Dieu vengeur, frappant «a victime. Je n’entendais plus que les paroles foudroyantes : Zn peccato vestro moriemini, vous mourrez dans votre péché ; mors peccaltorum pessima, la mort des pécheurs est très mauvaise ! Si le souvenir des divines paraboles de l'Enfant prodigue, ou de la Brebis égarée, ou enfin du pauvre homme engagé à la dernière heure du jour, par le bon Maître, venait, comme de coutume, m'apporter des pensées de paix et de miséricorde; les paroles, pour les exprimer, expiraient sans force et sans feu, sur mes lèvres glacées par la terreur. Le troisième jour, apercevant tous les symptômes d’une mort prochaine, je me décide à lui donner l’'Éxtrème-Onction, Mais son âme semble rester toujours fermée à tout espoir de salut. Son œil à demi éteint, et horriblement couvert de taches de
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sang, n°2 déjà plo verte el ne profè sir, Ce ses forca lugubres Je m’ef roles de entendai Une sue mençaie son œil 4 bien ava désirer
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