‹ Manuel de la société de tempérance [microforme]Chapitre 16 sur 53 · DB MANUEL DE LA · texte numérisé non relu

DB MANUEL DE LA

liberté dont parle St. Paul, quand il dit: ‘Tout m'est “ permis, mais tout ne m'est pas avantageux.” Quant aux membres de la Société de Tempérance qui ont voulu suivre le conseil du Saint-Esprit, et qui se sont volontairement imposé le fardeau de l’abstinence totale, pour l'amour de leurs frères, qu’ils bénissent Dieu de leur en avoir inspiré la pensée, et qu'ils repoussent, avec ure religieuse indignation, les efforts que des amis pervers feraient pour les détourner du sentier glorieux où ils se sont engagés à marcher le reste de leurs jours. Qu'ils se souviennent de ce que Jésus-Christ a dit de celui qui, ayant mis la main à la charrue, a le malheur de regarder en arrière. Il vaut certainement mieux ne pas commencer une bonne œuvre que de l’abandonner lâchement sans raison, après l'avoir commencée. Nous ne croyons pas hors de propos ici de donner la traduction d’une partie de l’admirable discours d’un des premiers Evêques d'Irlande, et des plus savans Pontifes de PEglise, Monseigneur Forax, Evêque de Waterford et de Lismore, au sujet de la Société de Lempérance. Après avoir éloquemment décrit une partie des biens spirituels et temporels que la divine Providence fait descendre sur l'Irlande, par le moyen de la Société de Tempérance, il continue ainsi: “ Dès le ‘ commencement des travaux du Père Matthew, j'aper- “ çus le bien incalculable qu’il était appelé à procurer à ‘mon peuple; et voyant les dépenses et les inconvéniens “ de toutes espèces qu’entrainait l'obligation où chacun “se trouvait d'aller à Cork, pour recevoir le ÆPledge “ des mains de l'Apôtre de la Tempérance, je l’invitai “à venir dans mon Diocèse, espérant que toujours au “moins deux ou trois mille personnes auraient le cou- ‘rage de faire le sacrifice des boissons fortes. Et “ quelle ne fut pas ma joie, en voyant que, dans l’es- “pace de trois jou:*, pas moins de quatre-vingt mille “ personnes avaient pris l'engagement de la T'empé- ‘“rance entre ses mains. Depuis ce moment, on ne “connait plus le vice de l’ivrognerie dans Waterford. “ La paix, l'ordre, l'industrie, le bonheur règnent par-

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“ tout à la suite de la Tempérance. Les hommc” les “ plus prodigues sont devenus économes.

‘“ Les pères sans entra’''es, qui dépensaient leurs

“gages dans les auberges, conservent aujourd’hui le

“ fruit de leurs travaux pour donner la nourriture, ‘ l’habit et la vie à leurs heureuses familles. Ils re- ‘ coivent, en rentrant dans leur maison, les caresses de “ leurs chers petits enfans qui n’ont connu l'abondance ‘ at le bonheur que depuis que leur père est membre “ de la Société de Tempérance. Le libertin a renoncé “à sa mauvaise voie ; partout l’enfant prodigue re- “ tourne à la maison paternelle. Accablé de douleur ‘au souvenir de ses fautes passées, le blasphémateur “ élève sa voix suppliante vers le Dieu des miséri- “ cordes, et demande, avec larmes, le pardon de ses “ crimes, Les pêcheurs les plus scandaleux et les plus ‘ endurcis sont humblement prosternés au p'ed du tri- ‘ bunal de la Pénitence. Des hommes,qui s’étaient comme ‘ arrachés des bras de l'Eglise, leur mère, pour vivre “ sans frein, sans lois, sans religion, accourent avec ‘“ joie se ranger parmi ses enfans les plus dociles, et “ non contens d’obéir au commandement de la confes- “ sion annuelle, ils viennent, non seulement tous les ‘ mois, mais encore toutes les semaines purifier leur ‘ conscience et se nourrir du pain de vie. Les dis- “ cordes dans les familles, les batailles, les juremens, “ les blasphêmes, la misère hideuse ont disparu devant “ cette société régénératrice. Je conjure donc ins- “ famment mon clergé de m'aider à propager, par tout “ mon Diocèse, la doctrine et la pratique de la Tem- “ pérance parfaite...

‘Je suis décidé à employer toute l'autorité que Dieu “m'a donnée pour faire disparaitre les auberges, au ‘ moins celles qui avoisinent les Eglises. Je ne souf- “ frirai pas que les temples du démon restent debout ‘à côté de ceux du Dieu Tout-Puissant. Tant que je “vivrai, je ne permettrai jamais à personne de tenir “auberge à une distance moindre que d’un demi mille “ de l'Eglise, et je défends à mes prêtres, dès ce moment,

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