‹ Manuel de la typographie française, ou Traité complet de l'imprimerieChapitre 6 sur 22 · III.STOIRK D£ I.’lMPIUMERli · texte numérisé non relu

III.STOIRK D£ I.’lMPIUMERli

Mayence: l'ai', si l'on compare les éditions de la Bible et du Psautier, impriinés à Mayence, avec les premières du Spéculum cl ilu Douai, imprimés à Harlem, douze ou (jninze ans auparavant, il paraîtra évident que la nouvelle invention d’imprimer avec des caractères métalliques suqiassc tellement la première, qu’elles ne peuvent soutenir aucune comparaison; et, sur ce point, je prierai le lecteur de ne pas oublier qu’on n’appelait, aux quinzième et seizième siècles. Art typographique, que celui auquel on employait des caractères métalliques. C’est dans ce sens, et non dans un autre, qu’on en doit attrÜmer l'origine à Mayence. C’est là ce que fait Ulric Zell; car, lorsqiul dit que l’art a été inventé il Mayence, iCs’explique tout.de suite difTércmment, en disant qu'un en puisa les premières ddéea dans le Douât de Hollande, comme une preuve que ce n’est que l'art d’imprimer avec des caractères de métal qu’il donne à Mayence, art beaucoup plus parfait que celui qu’on avait pratiqué en Hollande.

' Je ferai remarquer, en outre , ' ’

i“ Qu’aucun ancien écrivain n’a attribué à. Mayence, ni l'invention des planches fixes, ni celle des caractères mobiles.de bois, et que Pierre Schoeffpr lui-incme ne dit jias un mot <le ces* sortes de caractères, dans le récit qu’il fait à l’abbé Trithème de l’origine et du progrès de l’Imprimerie dans cette ville;

Que les pliiAanciens écrivains, dont 'quelques-uns même étaient des contemporains, assurent qu’on n’a inventé à Mayence d’autres caractères que ceux de métal. J. Nauclems, né en- Alleralignc vers j53o, J. Wimphelling, qui vit le jour en i45o, et d’autres, ta«t Allemands qu’italiens, confirment ce fait. Et Jean Schoeffer, quoiqu’il prône d’ailleurs,trop son père 'et son aïeul maternel, n’a attribué à Mayence que la seule invention des caractères de métal: ce qui donne k la'ville de HrfSrlem-le mérite de- l’invention de l'Imprimerie avec planches tahellaires ou xilt>graphiques , et caractères mobiles en bois.

Malgré tout ce qu’on vient de lire, il est probable que l’on discutera encore lung-teraps,'et peut-être à jamais, les questions suivantes ; • - •

Quel a été l'inventeur de l’Imprimerie ?

Où et quand cet art a-t-il pris naissance ? > . > . • •

Quel a été son premier produit?

Mais il demeurera néanmoins toujours constant, même d’apres les écrivains allemands, que Mentel et Guttemberg perfectionnaient cbsenibleà Strasbourg, en 1 . 440 , le procédé inventé par I>aurent Coster, de Harlem, en 1437 ; qu’en supposant 4’ existence du larcin fait à Goster par Genslleisch, on n’aurait imprimé à Mayence que vers l’ati i44* '44*; et qu’en n’:«lmettant pas cet

acte d'infidélité, on n’aurait imprimé dans cette ville qu’en i445, époque ou Guttemberg quitta Mentel et Strasbom-g.

Les Strasbourgeois et les Mayeneais doivent donc céder l’invention à la Hollande, pour ne s’honorer que du perfectionnement; et je pense que -leur

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HISTOIRE UE L’IMPRIMERIE

lot sera encore assez beau : car, que d'essais n’unt-ils pas faits, que de soins ne se sont-ils pas donnés, avant de parvenir, de la première page, sculptée lettre à lettre en relief, jusqu'à une forme composée de lettres mobiles en métal fondu , identiques eX. justifiées', et quel triomphe, après tant de recherches, de matières tourmentées souvent sans fruit , d’avoir enhn trouvé le moyen de multiplier à l’infini de nouvelles pages, avec les mêmes caractères remaniés, et sans cesse rétablis sous des formats différensi ,

Ainsi l’on pourrait conclure, d’après la compara'ison des divers témoignages.

Que les impressions exécutées en Hollande dans le cours des quarante premières années du quinzième siècle, étaient d’abord purement \ilographiques , puis en caractères mobiles en bois;

Que Guttemberg fit à Strasbourg un séjour assez long, durant lequel il essaya, ‘ conjointement avec Mentel , d’imprimer sur des caractères mobiles gravés en métal; ' >

Que , de retour à Mayence , sa patrie , Guttemberg continua ses mêmes travaux, soit avec Gensflebch, soit avec tout autre; qu’en i449> >1 forma une société avec Fust, sans qu’il soit prouvé que les caractères de fonte aient été employés par eux jusqu’en i455, époque de la rupture de leur association;

Que Schoeffer, enfin, l’un de leurs ouvriers, et depuis gendre de Fust, inventa l’art de fondre les caractères.

11 résylte âe cette-opinion, la plus généralement accréditée, que l’Iihprimerie a été inventée à Harlem, qu’elle a été dégrossie à Strasbourg, et perfectionnée à Mayence.

Quoi qu’il en soit , et ainsi que l’à dit , dans son langage sublime , l’auteur du poème sur ['Imagination, en parlant de cet art merveilleux :

Avant lui d'un mü lieu, d*n seul âge entendus.

Pour le monde et le tempe les arts étaient perdus :

Cet art conserrnleor en prévint la mine.

Quand le ^enfait est pur , quUmporle ^rif iue ?

Des vils débris du lin que le^ tempe a détruit, •

Empâtés avec art , et foulés â grand bruit ,

^ Vont sortir ces feuillets où le métal impeime

Ce que l'esprit humain conçut de plus subUme : ^

t'n amas de lambeaua et de sales chiffoiu

Éternise l’esprit des Plines , des Buffions ; ^

Par eux le godt entule , et , plus prompte qu’Éole ,

. 1 * ' . l/iostructioa vojage et le sentiment vole.

Trop heureux si fabus n’en corrompt pas le fruit 1

Mais, afin de complétçr.l’histoire de l’Imprimerie, depuis son origine jusqu’à nos jours, reportons-nous maintenaRt à Mayence, où nous avons laissé Fust et

HISTOIRE DE I.TMPRIMERIE.

Schpeffer, apres la rupture <le leur association avec Guttenibeig, que quelques écrivains supposent être parti pour la Hollande, et que d’autres laissent à Mayence. ‘ .

Au moment où Fust et Schoeffer recueillaient le fruit de leurs savantes combinaisons, de nouveaux événemens se préparèrent : l’EurOpe vit ces deux artistes immortels chercher leur asile auprès de la victoire, et ne trouver de sauve-gardc que dans une déplorable obscurité. .

I.at guerre, ce fléau des arts et de l’humanité, exerça tout à coup ses ravages ju.squ’au berceau de la Ty])ographie naissante. £n i 46 a, Adolphe de Nassau porta ses armes victorieuses sous les murs de Mayence , en forma le siège,, l’emporta d’assaut, et livra la ville aux horreurs du pillage.

L’atelier même de Fust et de Schoeffer ne garantit p<as Mayence de la colère du vainqueur : Adolphe, bravant les jugemens de la postérité, ne fut pas assez jaloux de sa gloire pour épargner la ville en faveur des deux génies qui ve- 'naient de l’illustrer; et, loin d’imiter Démétrius, qui sauva Khodes du pillage, par éganl pour le célèbre Protogène; loin d’imiter Alexandre, qui, dans la destruction de Thèbes, consena la maison et la famille de Pindare, Adolphe, conquérant, crut exercer un droit acquis, en saccageant la ville dont la fortune l’avait rendu maître.

Dès ce moment, effrayés par les troubles, Fust et Schoeffer se séparèrent': leurs ouvriers, possesseurs comme eux du secret fie l’Imprimerie, sf répandirent dans toute l’Europe; et-voilà sans doute l’époque où plusieurs villes qui les reçurent se disputèrent l’avantage d’avoir donné naissance à cet art.

L’Imprimerie fut établie en France sous Louis XL Guillaume Fischer et Jean de La Pierre, docteurs en théologie, lirent venir de. Mayence à Paris, vers l’an 1470, Ulric Géring, Martin Krantz et Michel Friburget, qui avaient travaillé chez Fust. On leur donna un logement dans le collège de’ la Sorbonne; et c’est là qu’ils formèrent leur premier établissement.

A cette même époque où la Typographie fut introduite en France , l’Europe avait, comme je l’ai déjà dit, reçu dans» différentes villes Ws imprimeurs qui venaient y apporter leur science ; Westphalic s’était établi à I.ouyain; Llric Zell , à Cologne; Blaauw, à .\msterdam; Martens, à Alost; Mathias Moravus, à Naples ; Jean, de Spire, et Jean, de Cologne, à Venise; Bernard Cerminus et son fils Dominique, à Florence; Sweynhcim , Pannariz et Ulric Han, à Rome, Corsclis, h Londres, où il transporta, dit-on, des ustensiles qu’il avait dérobés, comme Gensfleiscb, à l’imprimerie de Harlem. ( Voyez ci-après, T itrk ii,art. n.)

' Aucun auteur ne lait meiiüon du parti que prirent ce» deux artlslM. On sait seulement que SefaoefTer imprima depuis plusieui's ourra^'es à Mayence, où 11 mourut en Quant à Fust, on

pense qu'étant venu se réfugier à Parié, U y mounit**'de b peste qni‘dévor .1 cetic capitale en

HISTOIRE UE L’IMPRIMERIE

Jeiison avait prcparé les poliTroiis du caractère romain à Venise, et piiblié divers ouvrages avec ces mêmes caractères; déjà l’illustre Aide Manucc', fixé en Italie, de tout teiiips la patrie des Muses, avait inventé les caractères italiques, et rivalisé, comme Jcnson, avec les plus habiles typographes de la Hollande, de l'Alleniagne et de la France, q«i, vers la lin du quinzième siècle, comptait déjà une foule d’imprimeurs fameux. {Voyez Titrz ii, art. ii.)

£u'i 479 , Jason de Mayno faisait fleurir la Typographie à Toulouse; en 1/197, de Vingle avait déjà publié à Lyon les Épîtres d' Æneas-Sylvius Piccolomini , de Sienne, connu sous ce nom dans la littérature, et au saint-siège sous celui de Pie II.

La Pratique en Médecine, de Bernard de Gordino, médecin de Montpellier, avait également été imprimée à Lyon en

Au commencement du seizième siècle, la plupart dès-bons livres étaient déjà imprimés; les caractères grecs et hébraïques avaient été gravés, et Paris voyait s’établir une fonderie sous la direction de Tissard.

Ce fut au milieu «le ce même siècle que se distingua Piantin, à Anvers, à qui le roi d’Espagne, Philippe II, décerna le titre A'archi-imprimeur*. Bientôt après, I.onis, le premier imprimeur deda famille des ElzéviiS, s’établit en Hollande

» Il ctail de Bassano, rc qui le fit surnommer Itnssanus, et fut chef de U famille des Manure. imprinipurs à Venise, illustn*s par leur savoir. Il t Lait extn'incmpnt laborietix. C’est lui qui, le premier, imprima le grec correctement et sans beaucoup d'abrëviations. 11 mourut à Venise dans im âge très-avancé, en i5i6. On a de lui une Grammaire grecque, in-i®, des Notes sur Horace et sur Homère, et d’autres ouvrages qui ont rendu son nom immortel.

Paul Manuce, fils du précédent, naquit à Venise en i5ia, et soutint avec honneur la répu- Ution de M>n ]K*rc. Pie IV' le mit à La tète de riinprimerie Apostolique, et le chargea pendant quelque temps de la Bibliothèque du Vatican. 11 mourut en i!>7â» à l'âge de soixante-deux ans. Ou a de lui une cditîpn estimée des (Ouvres de Cicéron, avec des notes et des commentaires; des Épftres en latin et en italien, i!>6fi, in-ia; Ica traites tle Legibus Romanis, in-fol. et in-8®; de Diennn apud Romanos veteres ratione ; de Senatu Romanof de Comùiis Romanorum , etc.

Aide Manuce, ie Jeune, fils de Paul, et petit-fils de Bassanu.s, passait pour un des plus beaux génies et des plus savans lypogra]>hes de son temps. Il était, dit-on, possesseur d’une bibliolbéquc composée de 8o,opo volumes, que son père et son aïeul, avaient n'cucUlis avec un soin extrême. Clément V'ill lui conserva la direction de rimprlmeric Apostolique du V'atican, pour laquelle .Sixte V fit construire un édifice magnifique. Aide Manuce mourut à Borne en 1597. On a de lui des Commentaires sur Cicéron, a vol. in-fiil. ; un Traité (f orthographe i trois livres d'hpttres , a vol. iû-8°; Tie de Cosme de Médiois, de Castruccio Cnstracani, en italien, i58G, in-fol.; 1S90, in-4“; et d'autres -ouvrages en latin et en italien, fort estimés.

* Il était né à Mont-louis, près de Tours, en iSiâ* U porta l'art de ITroprûnerie à un très-haut degré de perfection, et se relira à Anvers en i55i, où U imprima, en 1S69, la PiU/glotte, 8 vol. in-fol. : ouvrage regardé comme un chef-d'eeuvre. PLiulin mourut dan*s celte viHe en 1589.

^ lU étaient cinq frères, et tous imprimeurs: Louis, qui Imprima dès 1.&9S; puis ensemble 011 sueceasivement, soit à Amsterdam, soit à Leyde, Bonaventure, Abraham, Louis et Daniel Oc dernier

HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE

A cette époque, Paris voyait dans Sbn sein les Remboll, les Badins', les Vascosan les Clievaloii, les Colines, les Étienne \ On sait que l’aîné de cette famille, Robert, obtint de son souverain ces distinctions flatteuses dues au vrai mérite, et qui reçoivent un nouveau prix de la main qui les dispense.

La postérité se rappellera toujtmrs ce trait de François 1*' ♦. Ce monarque, aussi zélé protecteur des sciences qu'il était grand et redoutable sur le champ de bataille, faisait k Étienne de fréquentes visites, et se plaisait à le voir travailler dans son atelier. Un jour il entra pendant qu’il s’occupait k lire une épreuve; Étienne se levait pour aller au devant de son prince : Restez, restez.

mourut à Amsterdam en 1680. Parmi leurs éditions, qui sont à un très»haut prit, et que l'on * recherche avec la plus grande avidité, on distingue le Nouveau Testament grec, i633,'in-i2; lé Psautier, i65^, in-ia; Yltnitation , sans date; le Corps de Droit jmr Justinien; les aaleun latins, pnnrrpalement jusqu’en 1641» et quelques auteurs franrais, format in-Q.)*

' Josse Badins, l'un des plus célèbres imprimeurs de Paris, savant dans les belles-letlres, et pro f esseur de grec à I.yon et à Paris, fiit surnommé dscensius, parce qu’d était d'Asche, dam le territoire de Bruxelles ; il roounil a Paris en iS35, après avoir publié plusieurs ouvrages, entre mxres, Na%‘icuia StHitorum, traduit en français par J. Droyn, i5oi, in-^**; Na\^s Stulti/erœ, carminé Ulustrata , i5iî. ^ •

Conrad Badius, fils du précédent, publia, avec Kobert Étienne, qui devint son beau-frère, plusieurs éditions recherchées, et mourut à Genève en i568.

* Michel de Vascosan était natif d'Amiens : U épousa une des filles de Josse Badius , et devint ainsi allié de Robert Étienne, qui avait é|H)usé l’autre. Il Qiourut en 1576. Vascosan passe, avec raison, pour l'uii des plus escellens imprimeurs de France, par la beauté et l'exactitude de l'impreasion. Oa recherche encore surtout son Plutarque d’Amyot, i567, i3 vol in-8®^

^ Robert Étienne était fils de Henri Étienne, uitprimeur de Paris, qui mourut en i5ie. 11 apprit l'art de l’Imprimerie sous Simon de Colines, son beao-pcTe. 11 savait le latin, le gree, l’hébreu, et possédait l’art des belles-lettres. François 1*' lui confia la direction de rimprimerie Royale. C’est lui qui distingua le premier ses Bibles par versets. Les docteurs de Paris lui ayant suscité des afiaires, ü se retira à Genève, on il fit profession de la religion protestante, et où il mourut en 1^59, à Tégc de cinquante-six uns, laissant trois fils, Henri, François et Robert. Parmi scs belles édiliom, on distingue la Bible hébraïque, i544» ^ ^<>1 in-i6 : l'édition in-4^ est moins estimée; le Nouveau Testament grec, i546| x vol, in-16. On a de lui le Thésaurus linguœ latinœ, dont les éditions les plus estimées sont celles de Lyon, 1^77, a vol in-fol; de Londres, >7^4 » 4 >^û 1. in-foL; de Bâle, 1740, 4 vol. in-foL : celle-ci a quelques augmentations.

Les éditions de Robert Étienne sont les plus correctes: celles du Nouveau Testament grec, de i5i6, i 549 et iS5t, sont sans tache; dans celui de i549« connu sous le nom de Mirificam, parce que la dédicace commence par ce root, il ne se trouve qu’une seule fiiute, dans*cettc meme dédicace, où on lit pulres pour plures. Afin de donner à scs ouvrages la pureté dont ils étaient suscc)>tibles , après en avoir relu bien des fi>is les épreuves, U les exposait sur sa boutique, et donnait un sou aux écoliers ^our chaque frutc qu'ils y découvraient.

* L’Imprimerie Royale doit son origine à François I*% le Père des lettres; elle doit son accroissement et une partie de sa célébrité an cardinal de Richelieu. ^

HISTOIRE DE I.’IMPRIMERIE. 3

lui dit le Roi , j'allendnti Ut Jin de votre lecture. Il insista , et ne voulut pas inten'ornpre son imprimeur avant que l’épreuve fut corrigée.

Après Robert Étienne vint Charles, son frère auquel succéda Henri, fils de Robert ^ et l'un des hommes les plus savans de son siècle. C’est' avec les Muses grecques et latines qu’il se délassait des travaux typographiques*. Ce fut * lui .qui apporta d’Italie un manuscrit Anacréon, qui y avait été lopg- temps caché, et qui le publia, en l’accompagnant d’une version latine en vers de même mesure que ceux du poète grec.

Alais les hommes ne Sont pas les seuls qui se soient distingués à cette époque dans l’Imprimerie. Charlotte Guillard s’est signalée par un nombre considé* rahüe d’éditions estimées et recherchées. Instruite dans l’Art typographique par Rembolt , son premier mari , elle épousa , en 1 5ao , Chevalon , qui la laissa veuve une seconde fois, en iS^a. Elle commença à imprimer eu |538, et continua jusqu’en i555. Elle a donné deux éditions du Corpus Juris civilis, ad exemplar Haleandri , 1 5/|o, 7 vol. iii- 8 ”; et, en 1 546, S. Gregorü Jt/agni Opéra,

3 vol. in-fol. ; en 1 554, S. Chiysostoini Opéra, les Œuvres de saint Augustin, le Lexicon grec et latin, la Vulgate, in-fol., etc. On a surtout d’elle unf Bible ' latine, avec les notes de JeaixBcnedicti, et un Saint Grégoire, en deux volumes si corrects, que Verraia n’est que de trois fautes.

Vascosan eut pour gendre le fameux frédéric Morel, interprète du Roi, et directeur de l’Imprimerie Royale, qui mourut en i583. Frédéric- Jean, son fils, qui lui succéda, se rendit encore plus célèbre, et ÿt comme lui professeur et interprète du Roi. Il mourut en i63o, laissant aussi pour successeur un fils ( Claude ) Connu par sa belle édition de Saint Grégoire de Nazianze, publiée en |638, 3 vol. in-fol.

I.a France doit à Simon de Colines, qui épousa la veuve de Henri Étienne, l’introtluction des caractères italiques, perfectionnés par les soins du célèbre Garamoiid, et préférables à ceux de Mamice. {f^ojpez Titbe ii, art. ii. )

'On • de Charles Étienne^ de Re nutica, În-S**; <ie VascuUst une hfaUon ruiii^yef

in-4^) un Dictionnaire historique t géographique et poétique. L'anatomie lui doit un 7Vn/le sur ta dissection, qu’il fit paraître en il mourut en i564» à de soûu)ite ans, laissant une fille

qui se distin{^ par ses ouvrages en prose et en vers. •

* 11 enrichit nos bibliothèques d’un grand nombre de belles éditions des auteurs anciens. On a de lui le Thetaurur tingutg grcecce , i573, .4 vol. in-fol., auquel il fiiut joindre les deux Clossairvs imprimés en i573. Ot ouvrage était d'une grande dépense; et, ne pouvant le vendre que fort cher, il ruina son auteur, qui mourut à l’hèpital de Lyon en 1S98, à l'àge de soixante -dU ans, tandis que Scapula, valet d'Étienne, ayant lait un abrégé du livre dont je viens de parler, fit un gain considérable. Henri Étienne est également auteur -de XApotogie pour Hérodote, dont U meilleure édition est celle de Le Duehal, 17)5, 3 vol. in-8'^. Ce savant typographe est auteur d’uno foule d'autres ouvrages cités dans, nos meilleures Bibliognphies.

HlSTOiaE DE L’IMPRIMERIE.

Le régne de Henri IV vit paraître Pierre Rocolet, aussi connu par ses talens tj-pograpîiiques que par sa fidélité envers son Roi pendant les troubles de la Ligue. Ce fut sous I,ouis XIII que parut .Sébastien Cramoisj, que sou mérite fit choisir pour diriger l’Imprimerie Royale, établie au Louvre au commence- * ment du règne de Louis XIV. H mourut en 1669 . .' •

Camusat , dont les presses ne forent jamais consacrées qu’à des ouvrages bons par eüx-mémes, fut choisi en i63/|, par f,\cadémie, pour son iiiiprimeur. On sait que cette illustre compagnie tenait chez lui ses séances, et qu’elle le chargea plusieurs fois de faire, -en son nom, des complimens et des remercîmens à des • hommes de lettres. Mlle ne dédaigna pas d’assister en corps à ses obsèques, qui curent lieu .en iü3g. *

Antoine Vitré s’est immortalisé par l'édition de la Polyglotte de Le Jay, l’un des chefs-d’œuvre de l'Imprimerie. .Son Corps de Droit, i 6 a 8 , a vol. in-fol., et ses Bibles latines, iGG(>, in-fol. et in- 4 ®, et i65a, 8 vol. in-ta, sont au nombre des ouvrages les mieux imprimés dans le dix-septième siècle. Vitré mourut en iG^/|. Il a laissé une tache ineffa<;able sur sa vie, en jetant à la fonte les caractères des langues orientales qui lui avaient servi à imprimer la Polyglotte, afin que péisonne ne piit s’en servir après sa mort.

Vers le milieu du dix-huitième siècle, Baskerville' en Angleterre, et, quelques années après, Ibarra * en Espagne, et Bodoni ^ en Italie, élevèrent l’Art

, * Jean Basken iUe , célèbre impfinieiir et graveur anglais, nç en i ^ofi , à Wolvcrley, dairs le comté de Worceslcr, mourut en 1775,3 Birmingliatn. 11 grava et fondit lui-niémc scs caractères, et leur donn.'i une grande jierfeclion. En 1756, il fit son premier essai typographique dans nue édition ii>-4® de yirgih; ensuite il imprima le PttradU perdu, la Bible, m-fol. ; Commun Prttyers en divers formats; Horatius, Terentius, CatuUus, Lucretius, Jurrnutif, Satlustinf ei Ftorus, m-511; Orlando Furioto, 177.5, 4 vol. in-S". C'est avec ces mêmes caractères, dont les hèritiei-s de Baskerville établirent un dépit a Paris et à .Strasbourg en 1785, que Beaumarchais fit imprimer à Kell la belle édition des OEuvres de t'oUaire.

■Joachim Ibarra, imprimeur de la cKimbre du roi d'Esp.vgne, né à .Saragosse en I7 ï 5, mourut à Madrid en 1785. Il porta hi perfection de son art à on |x>int inconnu en Espagite. Ses presses ont jiroduit les belles éditions de la Bible, du Missel mosarabc, de ï Histoire et Espagne, par Mariana, du Don Quichotte et du Saltuste espagnol, traduit |wr l’infiint don (hibriel, 177», in-fol., ouvrage qui a fait rétonnement et l’admiration des connaisseurs. C’est Ibarra qui, le premier, a £iit eonimitre le moyen de lisser le pajiier imprimé {tour en faire dis|>araitre les plis, et lui donner un coup d’œil plus agréable. Ce procédé a été nonpiacé et jieifectionné |i;ir le satinage dejmis quelques annéctr *

^ Jean-Baptiste Budoni, directeur de rirapiimerie ducale de Parme, imprimeur de .S. M. C. , membre, de plusieurs .keadémies d’Italie, naquit le 16 février 1740, à Salures, ville du Piémont, où son Itère, peu favorisé de la fortune-, était imprimeur. 11 montra, dès sa plus tendre cnfanco, beauroup d'aplihule pour l’art tyqiographique. 11 fit de bonnes études nu collège de .Saluces; et, dans ses inninens de rvVréation , au lieu de les employer aux jeux de ion ige , il s’occupait sans

■HISTOIRE DE I.TMPaiMEHIE. '

Ivpogl'aphique -à ui) degré -de perfection très-remarquablç. Mais riuiprinierie, que Rivarol appelle si ingénieusement Xartillerie de la pensée, laissait encore parmi nous beaucoup ^ désirer. Le génie qui veille sur la France fit iialtrê les liarboii, les Anisson, les Didot, les Crapelet ‘ ; et l’aurore du dix-neuvième siècle éclaira le dernier période de cet art sublime, qui , sur une feuille légère, * confidente des secrets et des pensées des Homère, des Horace, des Virgile, des Fénélon,des Racine, des-Boileau, des La Fontaine, a transmis glorieusement à l’admiration des peuples le* chefs-d’œuvre de çes typographes immortels.

c6ss^ tlp l’Ifnprifiifnf. ctude« furent à jK'inc tfrmiiiies» (|u’U s« üvni à la gr.ivure en boU arec succès : ce talent lut fut d'un grand secours pour aller à Rome, où il travailla à rimprimerie de la Propagande, dirigée {>ar l’abbé Constantin, qui le prit sous sa protection. Après la mort de ce dernier. Bodoni retourna dans sa |Kitrie, d'où le duc de Parme le fil venir pour le noinmor direc* teur d'une imprimerie qu’il vouLiit établie dans celte ville, où Bodoni arriva le a4 février 1768. Il fit un voyage à ParU, et se procura les divers car.iclèrcs de Fournier jeune. De retour à Parme, U 5*.y Ih'ra à la gravure des poinçons, à la fonderie; et bientôt sa maison fut désignée comme une des premières typographies de TEurope. Oi» y frap|>a des types et on y imprima des omri^es. dans toutes les langues- La preuve de ce fait est renfermée dans Tanecdole suivante:

On se n»pi>eUe que, lorsqu’en i 8 o 5 , le pape Pie VII vint à^aris, et qu’il visita l’Imprimerie du Gouvernement, cent cinquante presses oflrirent à S. S. l’Omison dominiralê imprimée en autant de langues diflferentes. Bodoni fit plus que rimprimcrie française : en 1806, ü fit liominage au vénérable Père de l'Eglise de ÏOratio dominica, imprimée en •cent cinquante-cinq langues ou dialectes, sur des ly|)cs gravés et fondus par lui

Bodoni mourut à Panne le Ho novembre 181H. On recherche et l’on recherchera toujours Vidade d'Homère^ en grec, 1808, 3 vol. in-foL; le# (Ouvres complète* de Racine , 3 vol. in-fol., i 8 i 3 ; les Fable* de La Fontainct a vol. in-fol., terminé# par la veuve de ce topographe célèbre, en 181^; et XOratio domînica dont je viens de jiarler. *

* Ces quatre noms, chers à la TyjiogTaphie française, méritent des noies particulières.

L’origine de là maison Burbou remonte vers le milieu du seizième siècle. Jean fiarbou, imprimeur à Lyon, s'est rendu recommandable ■ par scs éditions, et surtout par celle des OEuere* de Ma rot , qu'il imprima en i539, en* petit format in-H'^.

Hugues Barbou, fils de Jean, quitta la ville de Lyon pour se retirer à limoges, où, l'an i 58 o, H imprima, en très-beaux caractères italiques, les Épftres de Ciccron h dtiieus, avec 4 es corrections et les notes de Siméon Dubois, lieutenant-général de Limoges.

Le premier des Barbou qui se fixa à Paris fut Jean-Joseph. C'est Joseph-Gérard Barbou, son neveu, qui a publié, entre 1760 et 176$, les belles éditions des auteurs classiques, dont la collection forme 70 volumes in-ia. Barbou -Champour, le dernier de la branche établie à Paris, est mort le 7 avril i 8 i 3 , à l’àge de quatre-vingt-dix-huit ans.

JÉtienne-Alexandre-Jacques Anisson-Duperron, descendait en ligne directe de Laureut Anisson, imprimeur et écbevin à Lyon, où U publia, en 1677, 1 a BihUolheca maxima veteruwt Palrum et antiquorum Scnptorurn , 17 voL in-fol.

Anisson-Duperron, fils de Jacques Anisson, naquit à Paris en 1748. Il fut, en 17S3, directeur de rimprimerie Royale. Le 4 juillet 179a, il fut inculpé pour l'impression d’on airété inconstitutionnel du département de la Somme. Ce fut vainement qti’U produisit à l'Asseinblée législative

HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE.-

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l’ordre qni lui avait été donné par le secrétaire^^néml du miniatère de Ij^lérieur t son excuse ne fut point écoutée^ et, après le lo août, Anisson-Daperron fut obligé de quitter l’établissement que ses ancêtres avaient dirigé depuis 1701, et qu’à leur exemple U avai^enriebi et illustré. Arrêté en germiiuil an 11, U fut conduit devant le tribunal réroluUonnairc, et condamné à mort le 6 floréal de la même année ( a 5 avril 179'! ].

Anisson-Duperron, dont toutes les veilles furent consacrées au progrès de l’Art typograpliique, inventa, en 1780, une presse d'une grande dimension et dont l’écrou, la vis, la platine et le train ont servi au perfectionnement des presses à un coupt dont on se sert'aujourd'hui dans les meilleures imprimeries de France.

L'invention de cette presse a été revendiquée comme appartenant à M. François-Ambroise Didut. Les explications données à ce sujet paraissent être en faveur de ce dernier.

La &mille Didot, connue dans l’Art t^-pographique de{)uis plus de cent ans, offre une série si nombreuse d’artistes^ que j’ai cru devoir donner à cet égard une espece d’article cbronologiquc pour rintelligciice des lecteurs.

François- Ambroise Didot naquît à Paris en 17^0, où U mourut en i8o/|. Il était flls d’un imprimeur tBcs>i|]stniil. Rempli d'enthousiasme pour son art, il surpassa bientôt les meilleurs typographes de 1 a France et de l'étranger. Cest à lui que nous devons la fabrication des papiers dits II imita

ce procédé des AngLiis en 1779; et, gràcesàses conseils, MM.Johannot, d’Annonav, ne connurent bientôt plus de rivaux. ^

^armi les ouvrages sortis des ]>resses d’Ambroise Didot, on cite avec éloge la Coiiecdon dite tl’Àrtois , recueil de romans, format in-18, en 64 volumes, et la CoUection des Classiques français , imprimée par ordre de Louis XVI, ^our l'éducation du Dauphin.

Il étudia son art jusque (bns les plus petits détails, inventa les garnitures en fonte, et, en 1777» la presse à un coup, qui lui fut disputée par le directeur de l'Imprimerie Royale, Anisson-Duperrou, ainsi que je l’ai déjà dit.

FrinçoU-Ambroise Didot établit une fonderie, d’où sortirent les* plus beaux types que l’on eut encore vus en France, et dont je parlerai plus tard.

lut Collection des Ciasdques français^ destinée à l'éducation du Dauphin, imprimée dans les fdimats in«i8, in-8**, in'4% et dans lequel dernier format est coin]>rise la fameuse BiOlia sacra^ suffirait seule à la gloire de cet habile typographe. •

En mourant, François-Ambroise Didot céda son imprimerie à son fils aîné, Pierre, et sa fonderie à son second flls, Firmin.

Pierre-François Didot, frère de François-Ambroise, né à Paris en mort en 1795, se dis-

tingua par ses connaissances dans la bibliographie ancienne. >ommé imprimeur du Roi en 1777; il devint imprimeur de Moxsrxra, aujourd'hui Louis XVHl. 11 établit une manufreture de papier, se mit à la tête d’une fonderie, et contribua aux progrès de l'Art typographique, tant par des amélioratious aux caractères, que par des éditions remarquables, parmi lesquelles on cite Y Imitation de Jésus^Christ, in-fol., 1788; TèU‘maque, in- 4 ®> Tableau de VEmpire Ottoman, in-fol.; et U Bible, in-/|”. 11 hitssa quatre fils : le premia, Pierre-Nicolas-Firmin Didot, prit la direction de son imprimerie, dont U est encore titulaire; et le second, Henri Didot, est connu comme fondeur et graveur de caractères.

M. Pierre Didot, fils ainé de François-Ambroise, naquit à Paris au mois de janvier 17G1, et succéda à son |>ère en 1 789 . 11 s’occupa d’abord de terminer br belle CoUection in-4^ pour l'éducation du Dauphin, dont son père avait publié 17 volumes, et qu’il porta jusqu'à 3 i; mais U devait bientôt atteindre, dans ses travaux, à un plus haut degré de perfection. Stimulé par un sentiment d'émulatiou nationale, à 1 a vue des éditions de Bodoni, M. Pierre Didot résolut d'enlever à ITtalie, qui protégea l'enfance de la Ty^iogrephie, la palme nouvelle qu'elle voulait conquérir.

HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE. 4 l

Ce fut en I795| au milieu «les omges jwUltques et « 1 rs diflicultr» de tout genre, qu’il ^conçut U projet de sa belle coilectton în-fdlio. Aiirtin sarrifire, in^me celui d’une partît* de sa fortune, ne lui coûta pour donner aux magnifiques éditions qui la rom|JOscnt tout l'Alat et tous les omemens qu’elles auraient pu recevoir dans des temps plus prospères. Les plus célèbres graveurs furent appelés, pour les embellir, à reproduire les brillantes compositions des David, des Gérard, des Oir«)det, des Pnidhon, de s Chaudet et des Perrier. •

Tant d’cfCorts méritaient plus que des «doges : aussi, en 1^7, le ministre de rintèrieur (Fran<;où de ^eufcliâteau) fil-U donner à M. Pierre Didot, à titre d'cncouragenient et de récompense nationale, le local occupé oticiennemcnt par rimprimcrie Royale, au Louvre. Le célèbre imprimeur se monü*a bientôt digne d’une distinction aussi flatteuse, par b publication de son Virgile, qui parut en 1798. 11 publia suerdsivement, et dan.s le même format iudulio, Horace, en 1799, Racine, en 180X : ce dernier ouvrage, déclaré par le Jury des arts la plus belle protluetion typographique fie tous les pays et tic tous les âges, valut à M. Pierre Didot b médaille d’or. Les Fables de La Fontaine parurent en i8oi. Tous les exempbires de ces diverses éditions, tirés- à deux cent cinquante exempraim sont nniiiérulés et signés par l’éditeur.

A b réputation européenne du'il s’élait acquise comme iitiprimeur, M. Pierre Di«lot voulut joindre celle de fomlcur de caractères. 11 apporta, |»our y pÉrvenir,«ces soins éclairés et cette persévérance active qui lui avaient-déjà valu de si honorables succès. Dix années consécutives furent consacrées à perfectionner et à faire gravet sous scs yeux, par M. Vibert, les types de dix-huit caractères dilTérens, gradués dans une proportion nouvelle, et dont je parlerai à Uirtlcle concernant b

Fonderie, TITRE II, akticlf. ii. C’est avec ces nouveaux types que M. Pierre Didot a imprimé, •

en 1819, Boileau et b lienriade, in-folin, linhs à cent vingt-cinq exempbires.

Éditeur éebiré et savant grammairien, c’est aiUant par la pureté et b correction du texte, que par la magnificence de rixii pression, que cet liahile typographe cherchait à rendre ses éditions parfaites; et l’innovation qu’il a introduite dans l’einpioi des accetis mérite Texamen et peuh-étro b sanction de l'Académie française. M. Pierre Didot a remarqué que, dans b plup.'irtdei Dictionnaires, même les plus estimés, l’accent aigu et l'accent grave étaient appliqués sur un grand nombre de mots avec une variation si arbitraire, que l’e marqué d’un a<Trnt aigu dans tel Dictionnaire l’élaitd’un accent grave dans tel .aulre. C’est ainsi que l’on trouve dans le Dictionnaire de Trévoux saerilège avec un accent grave, et dans le Dictionnaire de l'Académie sacrilège avec un accent aigu^ Jèye avec un accent aigu dans le premier, ctyëce avec un accent grave «bus le second, etc. C’e^t |>our faire disyarailrc des contrastes choquans dans des ouv1*ages qui devraient se distinguer par une immuable fixité de principes, et pour indiqiier d'une manière certaine, surtdftl aux étrangers, b véritable prononciation, que M. Pierre Didot a employé dans sa Collection des Classiques français, et engage à adopter génémk*ment«Dn accent nouveau, dont b fonac ]>erpendicubire Hurque un terme moyen entre l'aceeiU grave et l'accent aigu, et s’applique sur les e qui semblent, dans b prononcbüon, devoir participer de l'd^^mé et de l’é ouvert. !

M. Pierre Didot s’est fait connaître dans fa littérature par deux Préfaces écrites en biin, qu’il a pbeecs à b tête de scs éditions in-foUo de Virgile et <X Horace : elles sont remarquables par l’élégance *

et b pureté du style. Il a publié de plus, Épftre sur les Progrès de V Imprimerie , 1784; Rssai de Fables nouv'etieSf 1786; Traduction en vers du premier livre des Odes d' Horace , 1796; Inscriptions morales, ou Recueil de Quatrains moraux, î8oR; les Amours de Didon et sa mort, ou le quatrième livre de l'Énèide de Virgile, i8ai; et enfin, sous le titre deSpecimen des nomeaux camet^'s de V imprimerie de Pierre Didot Vaine , quelques poésies légirres qui portent, comme les autres productions de leur auteur, le cachet «Tun talent facile et gracieux.

Ce savant artiste a dédié ce Specimen à son fils Jules, qu’il y désigne comme son successeur prochain, et qui lui a efrectivement succédé en 181a.

HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE

• L«s rëcpmpenscs et les marques disÜncUvcs résen-ées aux liommcs qui honorent à la fois leur profession cl leur patrie, ne pouvaient échapper à M. Pierre Didot : il en a reçu de tous les ^otivemeiiiens qui se scAt succédés en P'rance depuis seQi. Ixigé an Louvre, aux frais de TÉUt, en 1797* il lut décore par Na|K>lcon de la croix de la Réunion; et il a été nommé par Louis X\ 1 II Imprimeur du Roi et chevalier de l'Ordre Royal de Saint-Michel.

I^s travaux de M. Pierre Didot attesteront à la postérité, qu'au milieu des orages de la plus étonnante rcvolutiuu, ect habile lv|)Ographe a su, d’un pas ferme et tranquille , parcoiicir la carrière rpie le génie de son père et le sien lui avaient tracée. II n'a vu, dans le tumulte des passions et dans le choc des opinions, que l'art qu'il cb^issait dès sa plus tendre enfance. Marchant à travers des obstacles sans ccs.se renaissans et des difficultés sans nombre, il a su vaincre les uns, braver les autres, et arriver à son but. Modeste comme le génie, U ne croyait pus l’afoir encore atteint, quand depuis long-temps il l’avait dépassé.

M. Firmin Didot, frère du précédent, également imprimeur du Roi, et de plus Imprimeur de linsütut de France, a soutenu en cette qualité, mais surtout comme graveur et fondeur, le nom illustré par son père et par son frère. Je parlerai plus longuement de cet artiste à l'article de la ForuUrie et à celui lu StéréotYpie^ TITRE II, AxrictK 11 et TITRE XI, aeticlr 11. •

Les Muses ont au.vsi rharroé les lois^ de M. Firmin Didot. Ses ouvrages littéraires sont, Le Premier Chant de Tjnhve, in- 4 ®, 1800; 2® Lettre à mon frère Pierre Didot, sur le perfection^ nement de C Art typographique ; 3 ° Traduction en vers français des Bucoliques de Virgile, précédées de plusieurs Idulles de Théocrile, de Bion et de Mosehus, et d'une tragédie ^ Annibal, non • représentée : ces diverses poésies et traductions sont réunies en un seul volume in-12, publié

en 1822. M. Firmin Didot est également auteur d'une tragédie en cinq actes, intitulée ta Reine de Portugal, pour la première fois sur le second Théâtre français, le 17 octobre i 8 a 3 .

Je parlerai de M. Henri Didot, cousin des deux précétlcns, et fils de Pierre-François Didot, a l’article Fonderie, TITRE II, article ii.

Charles Crapelet, né erv 176a, à Bounnont, mourut à Paru» en 1809. Les ouvrages sortis de ses ])T(rssrs portent le cucl|et du vrai talent typographique : ils ont toujours tenu leur rang après ceux de M, Pierre Didot. On distingue surtout les Aventures de Télémaque, 1796, 2 vol. -10-8®; les Saisons de Thompson, 1796, i vol- in-8”; OEuvres de BoUeau-Desprr-aux, t vol. in-.'i®; Histoire naturelle des Grimpereaux et Oiseaux de Paradis, in-fol., ou deux vol. in- 4 ®» 1802 : cet ouvrage a é?c imprimé en or, cl c’est j>cut-étrc ce/|ui existe de plus beau dans ce genre d’impression.

CotAinc M. Jules Didot, M. Crapelet (ils*a succédé à son |>ère. La réputation connue de.cesdeux maisons nous dispellSe de tout éloge.

MANUEL

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