‹ Manuel de la typographie française, ou Traité complet de l'imprimerieChapitre 7 sur 22 · TITRE PREMIER · texte numérisé non relu

TITRE PREMIER

ANALYSE SOJtMAIKE DE LA TYPOGRAPHIE.

lie développer les principes applicables à chaque partie de cet art, je dois le faire connaître en peu de mots dans son ensemble, en commençant par la gravure des caractères, et en le suivant successivement jusqu’à la fin du travail de la presse.

Le graveur taille sur l’acier des poinçons en relief, représentant chacun une lettre de l’alphabet. Ces poinçons étant achevés et trem|>és, on les frappe dans une jietite pièce de cuivre ou d’argent, que l’on nomme alors matrice, parce qu’elle représente la lettre en creux, et que c’est sur cette matrice, renfermée dans un moule, que le fondeur, avec une masse liquéfiée, composée de plomb et de régule d'antimoine, à laquelle on ajoute quelquefois de l’étain et du cuivre, fond mi parallélipipède, nommé type ou lettre.

■ Ces parallélipipédes, supposés debout, ont les trois dimensions géométriques, la longueur, la largeur et la profondeur, que l'on nomme en imprimerie, corps, épaisseur et hauteur.

Les fondeurs joignent indispensablement à ces types ou lettres des espaces, des demi-quadratins , des quadratins et des quadrats. Les espaces, qui sont de différentes épaisseurs, servent à les mots ; les demi-quadratins, les qua-

dratius et les quadrats scr\'ent à compléter la longueur des lignes, à marquer les alinéas et à former les blancs. Les fondeurs fournissent aussi des interlignes de différentes épaisseurs pour toutes les justifications.

Après que ces divers objets ont subi toutes les opérations qui constatent leur justesse, ils sont remis au chef d’une imprimerie, et, dès ce moment, toutes les fonctions du graveur et du fondeur sont terminées.

Les types, ou lettres mobiles, distribués dans leurs casses respectives, sont

MANUEL

employés pour composer les pages de la feuille qui doit être imprimée. Ces ]>ages, placées sur une table de pierre, que l’on appelle marbre, d’après la division et dans l’ordre convenable à chaque format sont serrées dans un châssis de fer, et offrent une planche solide appelée forme, propre à être transportée d’un endroit à l’autre. .

-\vant d’imprimer cette forme, il faut la corriger ; c’cst-à-<lire en faire disparaître les fautes commises par le compositeur, ou exécuter les changemens faits par l’auteur. Ce travail se répète à plusieurs reprises, selon la quantité de fautes que le correcteur ou l’auteur remarque. Les feuilles d’essai sur lesquelles on corrige les fautes se nomment épreuves.

Lorsque la correction est finie, le pressier ou imprimeur met la forme sous presse, et en tire le nombre d’exemplaires déterminé.

Le tirage étant achevé, la forme, après avoir été lavée, repasse entre les mains du compositeur, qui la desserre sur le marbre et en distribue les caractères dans leurs casses, pour les employer à une nouvelle composition.

Ainsi le mécanisme de l’art d’imprimer se réduit à deux fonctions :

1° I.Æ composition, ou l’art d’assembler les lettres, conformément à une copie donnée;

a” Uimpression, ou l’art de fixer sur le papier l’empreinte de» caractères.

Ces deux fonctions exigent, comme je viens de le dire, deux espèces d’ouvriers : les premiers se nomment compositeurs; les seconds, imprimeurs.

Celui qui est chargé de la direction générale des travaux, de la lecture des épreuves et de la révision des dernières corrections, se nomme prote, d’après le mot grec protos, c’est-à-dire premier.

Dans les imprimeries considérables, on a, indépendamment du prote, un sous-prote, et des correcteurs pour la lecture des épreuves. Ün a aussi des ouvriers à la journée, appelés hommes de conscience : ils secondent le prote dans les divers détails de l'imprimerie, corrigent les demièi-es épreuves sous presse, que l’on nomme tierces, et sont chargés des ouvrages de ville,

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