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Période eatarrhale ou épithéliale

n est un symptôme sur lequel les auteurs n'ont pas suffisamment insisté, et qui se montre dès lo début de la période eatarrhale pour s'accentuer de plus en plus jusqu'aux dernières périodes de la maladie : c'est la décoloration générale et la teinte terreuse de la muqueuse bucco-pharyngo-laryngée . Cette décoloration, qui a pour cause l'anémie, compagne inséparable do la phthisie, est très caractéristique et permet d'apprécier facilement les moindres changements de coloration provoqués par le développement ultérieur des lésions.

Deux autres symptômes ne tardent pas à se montrer : la rougeur avec léger épaississemeiit do la muqueuse, et l'aspect velvotique de la commissure postérieure.

La rougeur peut se montrer sur toutes les parties du larynx, mais elle a pour siège de prédilection et de début les cordes vocales inférieures. Cette rougeur est rarement généralisée à toute la surface des cordes vocales ; elle est le plus souvent localisée par plaques qui se montrent sur lo bord Ubre des cordes vocales. Cette rougeur est plus prononcée près de leur extrémité postérieure, c'est là un fait caractéristique et qui peut être quelquefois d'une grande

valeur pour le diagnostic. L'aspect de cette rougeur peuf se présontef sous plusieurs formes différentes ; tantôt ce sont des stries parrallôles à la longueur des cordes vocales, d'autres fois de véritables coups de pinceau, et le plus souvent ce sont des arborisations vasculaires présentant leur centre au niveau des glandes, du bord libre des cordes vocales. Cette rougeur s'accompagne d'une infiltration cellulaire qui produit un léger épaississement des cordes vocales, mais ce symptôme est beaucoup moins marqué à la période catarrhale de la phthisie laryngée que dans l'angine catarrhale chronique simple.

Lorsque à une période plus avancée de l'affection, cette rougeur a disparu, elle est remplacée par une teinte particulière des cordes vocales qui ont perdu leur aspect brillant et nacré : elles paraissent ternes, un peu épaissies et inégales, on constate à leur surface une sorte de dépolissement qui est dû à la chute de l'épithélium.

Après les cordes vocales, c*est la-commissure postérieure qui est le siège le plus fréquent de la rougeur, et comme sur ce point le tissu cellulaire sous muqueux, est moins serré que sur les cordes vocales, la rougeur s'accompagne ordinairement d'un gonflement et d'un léger œdème inflammatoire. La commissure postérieure devient alors le siège d'un

symptôme nouveau et particulier â cette région c'est Vaspect vehettque.

La figure ci-contre vous permettra de voir dans leur- ensemble ces différentes lésions, et vous rendra mieux compte de l'aspect tout particulier sous lequel se présente Taspect velvetique à Texamen laryngoscopique.

A. Aspect velvetique de la commissave postérieure.

$. Œdème léger ries éminences aryténoldes.

C. Rongeur en coup de pinceau de la partie postérieure des cordes vocales.

0. Glandules hypertrophiées près du bord libre des cordes vocales.

£, Rongeur localisée à la partie antérieure des cordes vocales près de la commissure antérieure.

f . OEdème des bandes ventricu!aires ou cordes vocales supérieures.

On donne le nom à' aspect tehetique à de petites saillies très -rapprochées, sortes de villosités blanchâtres comparables à du velours d'Utrech à gros grains, d'où le nom de velvetique. Pour apprécier facilement cet aspect, il faut regarder la commissure au moment où le malade, après avoir émis un son,

écarte légèrement les cordes vocales pour pouvoir respirer. Le moment où il est le plus facilement appréciable correspond au demi écartement des cordes vocales.

La constatation de cet aspect velvetique a été considérée pendaût plusieurs années comme un signe pathognomonique de la phthisie laryngée, mais de nouvelles observations sont venues démontrer que si ce symptôme se rencontre le plus ordinairement dans la phthisie laryngée il peut également se présenter dans d'autres variétés de laryngites, et lorsque nous étudierons Tangine arthritique, nous pourrons également y constater la présence de cet aspect particulier de la commissure postérieure.

Quelle est la nature de ces villosités ? Sont-ce les papilles du derme qui s*hypertrophient, ou bien sontelles dues à un gonflement des glandules de cette région avec hypersécrétion de la glande et oblitération de leur orifice, ou oien encore sont-elles dues à la présence de granulations tuberculeuses? H y a là un desideratum que Tanatomie pathologique, difficile à faire à cette période, n'a pas encore rempli. Je crois cependant que si chacune de ces trois hypothèses entre pour sa part dans la formation de l'aspect velvetique, les deux dernières en sont les causes plus ordinaires dans la phthysie laryngée. Cçtte étiologie do Paspect velvetique de la tuberculose

me permet d'expliquer comment le grain est plus gros dans cette affection que dans l'angine arthritique dans laquelle il serait le plus souvent occasionné par l'hypertrophie des papilles et le gonflement plus considérable de la muqueuse dont le plissement serait alors plus marqué pendant le demi-écartement des cordes vocales.

. Ce caractère différentieli qui malheureusement est quelquefois difficile à apprécier, permettant alors d'ajouter à la précision du diagnostic, car Paspect velvetique à gros grain deviendrait la caractéristique de la phthisie laryngée.

Ces symptômes de la première période se généralisent peu à peu aux éminences arytenoïdes et à la face postérieure de Tépiglotte, et en même temps ils s'accentuent de plus en plus, Texfoliaiion ôpithétiale gagne en profondeur, et nous voyons survenir les lésions de la seconde période.

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