‹ Manuel de laryngoscopie et de laryngologieChapitre 2 sur 23 · La laryngite nécrosique · texte numérisé non relu

La laryngite nécrosique

Dans leur article du dictionnaire encyclopédique, MM. Peter et Krisbaber ont essayé de combler une partie des lacunes de cette classification, la description que je vais vous en tracer vous permettra de juger par vous-mêmes ses nombreuses imperfections .

CLASSIFICATION ANATOMIQDE

Cinq classes de maladies du larynx.

l. Troubles de circulation comprenant deux groupes :

a, L'hypérémie ; h, l'anémie.

IL Inflammations qui comprennent six groupes : 1er Groupe. — Laryngite simple catarrhale aiguë ou chronique et laryngite striduleuse.

2e Groupe, — Comprenant laryngite intense, épiglottite, périchondrite, cbondrite, abcès, laryngite œdémateuse

^Groupe. — Laryngite dîphthérîtique.

4fe Gh^upe. — Laryngite glanduleuse et laryn*. gite hypertrophique.

5e Groupe. — Laryngites secondaires des fièvres éruptives.

6e Groupe,— Laryngites diathésiques, tubercueuseâ et syphilitiques.

IIL Classe.— Hypertrophie ou atrophie des cordes vocales^

IVe Classe. — Tumeurs, polypes et cancers.

Ve Classe. — Névroses.

Cette classification est encore basée surtout sur la constatation d'un symptôme local et peut ainsi faire confondre des maladies très-différentes comme marche, pronostic et traitement. Je crois utile de citer l'exemple suivant à l'appui de ce que j'avance :

La laryngite œdémateuse (qui, dans cette classification, forme une maladie nettement caractérisée) peut survenir dans trois cas très-différents .

1 . Chez un individu très-bien portant par ailleurs et par une simple impression du froid.

2. Ches un phthisique et comme symptôme da phthisie laryngée du second degré.

3. Chez un syphilitique atteint d'accidents ter* tiaîres du larynx.

Dans là classification anatomique que je viens de vous dédiiroi ces trois cas rentrent dans la même catégorie, vous voyez cependant, par la seule énuméralion que je viens de vous en faire que ces trois exemples, quoiqu'à peu près semblables au simple examen laryngoscopique sont essentiellement dissemblables et pour le pronostic et pour le traitement.

Dans son traité <ks angines paru en 1868, M. le professeur Lasègue a réagi contre ces doctrines et, avec Fesprit généralisateur qui le caractérise, a posé quelques principes généraux qui ont été suivis par notre regretté maître et ami le professeur Isambert, dans ses leçons cliniques de Lariboisière ; cet é.Tîinent patricien joignait à des connaissances trèsapprofondies de pathologie générale une trèsgrande habitude du maniement du laryncoscope, aussi la classification qu'il professait peut-elle être offerte comme un modèle, et je ne puis qu'en conserver les divisions principales pour la classification jue je vous propose et qui me sert de guide pour Texamen de mes malades.

Ire CLASSE. — Angines primitives ne Se rattachant à aucun état morbide général.

tarrhale .

Se divise en deux groupes :

ier groupe, angine inflammatoire aiguë.

A angine catarrhale aiguë.

Ides chanteurs, orateurs, fumeurs, alcooliques, chronique. cochers,

par poisons, parvapeurs irritantes, etc.

2e CLASSE, angines secondaires ou localisées liées à un état morbide général ; deux groupes :

de la rougeole, variole, scarlatine.

ier groupe, an- I fièvre typhoïde,

gines aiguës. J diphthérie.

fièvre herpétique, morve.

[ du choléra, r syphilitique.

2^ groupe, angines! scrofuleuse.

chroniques. j tuberculeuse.

f arthritique.

3e CLASSE. — - Troubles de Tinnervation, névroses, comprenant deux groupes :

îer groupe. — Paralysies.

2e groupe. — Spasmes.

4e CLASSE. — Tumeurs comprenant également deux groupes.

1er groupe, — Polypes.

2e groupe, — Cancer ou tumeurs malignes.

Dans cette classification, nous avons conservé, comme vous pouvez le voir, la caractéristique angine, parce que c'est un nom général et qui ne préjuge en aucune façon la partie de Tappareil vocal atteinte par la maladie, et qui peut s'appliquer également à toutes les périodes de l'affection soit qu'elle débute par le pharynx, soit que le début ait lieu par les cordes vocales.

Ainsi que vous pouvez en juger par le tableau qui précède, j'ai divisé les angines en quatre classes, mais les deux premières classes comprennent à elles seules presque toute la pathologie de Tappareil vocal; si j'ai admis une étude séparée pour les troisième et quatrième classes, c'est surtout à cause de la physionomie particulière des névroses et des tumeurs qui nécessitent le plus souvent une thérapeutique spéciale, même dans les cas où ces états morbides se ratachent à l'un des groupes de maladies étudiées dans les deux premières classes.

Dans le but de rendre plus facile l'étude de la pathologie laryngée et de vous permettre, par une vue d'ensemble, de mieux saisir les motifs qui m'ont

guidé dans le choix ud la olassifieation que je vous propose^ je vais vous énumérer les caractères principaux de chacun des groupes qui la constituent et vous faire connaître, en un mot, la caractéristique de chacun de ces groupes.

PREId^llUlE CLASSE

l^ Ire classe comprend les angines primitives ne se rattachant à aucun état morbide général.

Selon que Télément glandulaire est plus ou moins atteint, nous avons divisé cette classe en deux groupes: le pr^q^er comprenant les angines inflamnaatoires simples et le second les angines catarrhales .

1er groupe. — Angine inflammatoire. C'est Tangine aiguë simple ; elle est ordinairement plus localisée que Vangine catarrhale ; son siège de prédileatioA est aux piliers ou aux amygdales ; lorsqu'elle est iutouse, elle prend un caractère phlegmoneux, très^ marqué surtout à la région péri-amygdalienne. Cette «ngine e^t occasioxinée le plus souvent par rimpifdssita direcj^e d'une substance irritante et peut être aussi le résultat d'un brusque refroidisseOQ^t.

2e ^^eufe, — Angiae oatarrhftle aigué et chronique. Dke toutes les angines aiguës, la forme cataiTPbile est de beaucoup la plus fréquente ; elle est caca^térisâo peu? sa localisation toute spéciale sur le

systène gkuidulaîpe, très développé, ooHiinM ¥ou» le savez, dans cette région; elle présente beaucoup plus de tendance à la généralisation que frangine inflammatoire. Souvent cette affection ne reste pas limitée à la gorge, etPon voit survenir le coryza et la bronchite de même nature : La réunion de ces trois symptômes constitue la grippe, maladie essentiellement catarrhale et épidémique dont l^angine catarrhale n'est que Fun des trois stades caractéristiques.

L'angine catarrhale à forme chronique ne survient généralement qu'à la suite à'uae w 4e plusieurs angine» eatarrioale aiguës^; quelquefois ceipea* dant, lorsque cette affection est e<;;cas¥^Qée pdF l'actioB très souvent répétée d'imtationa t^ locidisées, les poussées d'état aigu peuvent passer inaperçues, de sorte que Ton voit Tang^ne eat«nrhale chronique s'établir d'emblée; les ohantei|PSA les ora* teups, les fumeurs, les buveurs d'alcool, les cochers présentent ces conditions toutes spéciales qoi peu* vent également survenir aous rinftue»ce Aireete eu indirecte de certains médicaiB^t^ ou poisons et permettent à l'angine catarrhale ebeuique de s'éta* bUr d'emblée.

Dans cette variété, en raison même de la nat\ire catarrhale et chronique de Taffection, on voit les glandes du pharynx et môme du larynx s*hyp«rtK>phierpeu à peu par excès de fonction et dcMmer

ainsi naissance à un symptôme que Ton a appelé pendant longtemps angine glanduleuse et dont on a fait à tort une entité morbide distincte. Cet aspect glanduleux n'est pas, du reste, toujours identique, et nous verrons, à Tétude do chaque angine en par-r ticulier, que la forme des glandes varie avec la nature de la cause qui en a déterminé l'apparition et peut même, dans un assez grand nombre de cas. servir d'élément de diagnostic.

DEUXIBMB CLASSE

La deuxième classe comprend les angines secondaires ou localisées liées à un état morbide général. Nous aurons à étudier deux groupes ; le premier comprenant les angines liées à un état morbide général aigu et le second les angines liées à un état morbide général chronique ou diathésique. Les angines aiguës qui constituent le premier groupe sont liées, le plus ordinairement à des affections pendant le cours desquelles, en raison de Tétat fébrile du malade, il est souvent difficile de faire un examen laryngoscopique assez complet; de plus, dans un assez grand nombre de cas, comme la variole, la scarlatine,la rougeole, la fièvre typhoïde, etc. cette angine n'est fréquemment qu'un incident sans importance au milieu de phénomènes plus graves, incident dont l'apparition ne nécessite aucune intervention thérapeutique active.

Ces différents motifs nous déterminent à faire une étude moins approfondie des angines qui constituent ce groupe nous réservant d'étudier avec beaucoup plus de détails les angines chroniques, dont l'examen laryngoscopique présente plus de facilité et qui, en raison même de cette chronicité, se présenteront beaucoup plus souvent à votre consultation pour obtenir l'amélioration et môme la guérison qu'ils seront en droit d'attendre d'une thérapeutique bien dirigée.

Les angines qui constituent le second groupe sont liées à des affections générales, à marche essentiellement chronique; syphilis, scrofule, tuberculose, arthritisme ; et, en raison de la ténacité et de la gravité de la plupart d'entre elles, ces variétés d'angines exigent souvent l'emploi do moyens thérapeutiques assez énergiques, et méritent, par cela même, d'occuper l'attention du médecin d'une façon toute spéciale. De plus, si dans un assez grand nombre de cas, par l'examen local et général du malade, on peut facilement arriver à poser un diagnostic certain de la nature de l'angine ; il en est d'autres au contraire où ce diagnostic présente d'assez grande difficultés. Pour nous rendre ce travail plus facile, je vais aujourd'hui vous énumérer les symptômes principaux et la caractéristique de chacune de ces variétés d'angine chronique me réservant dans nos leçons ultérieures de faire

ayec le phis gennà détail Tétude de ehacime déciles en particulier.

1. Angine syphilitique, elle débute par la partie supérieure du voile du palais, de là elle s'étend sur les piliers et n'envahit que plus tard la face postérieure du pharynx; pendant la période des accidents secondaires, les ulcérations syphilitiques ne se montrent jamais sur les parties plus profondes que la face postérieure de Tépiglotte . A la période tertiaire les parties inférieures sont envahies et l'on voit survenir les lésions syphilitiques des cordes vocalea. La marche de l'angine syphilitique se fait d(Mic de dehors en dedans elle est descendante.

2. Angine ac^ro/tf^ettsa, elle débute par la face postérieure du pharynx et succède le plus aouv^st à un coryza chronique, elle envaliit ensuite par une marche ascendante les parties supérieures du voile du palais, un peu plus tard il se fait une seconde poussée vers les parties inférieures du pharynx et le début de cette seconde poussée a l|eu également à la partie supérieure de la face post^îeure du pha-^ rynx, nous pouvons donc constater ici une marche divergente de l'affection avec débat à la lace postérieure du pharynx.

3^. Angine des tuberculeux ou phtkisie laryngée, elle débute par le larynx, et les peints primitivement malades sont la eommisssure postérieuore (aspect velvetique) et le bord libre des cordes to^

Page 1