‹ Manuel de laryngoscopie et de laryngologieChapitre 8 sur 23 · DEUXIEME CLASSE · texte numérisé non relu

DEUXIEME CLASSE

La deuxième classe des maladies de l'appareil vo^ cal comprend les angines secondaires ou localisées liées à un état morbide général. Nous diviserons ces angines en deux groupés pour la facilité de l'étude. Le premier comprendra les angines localisées liées à des maladies aiguës, et le second les angines loca^ lisées liées à des maladies chroniques ou diathé siques.

Premier groupe.

Les principales variétés qui constituent ce groupe sont les suivantes :

1* Angine morbilleuse; 2* Angine scarlatîneuse; 3* Angine varioleuse; 4* Angine erysipélateuse; 5* Angine herpétique; 6* Angine dipthéritique; 7* Angine dothienentérique, 8* Angine de la morve; 9* Angine du choléra, etc.

1* Angine morhilleuse .

Cette affection a la forme et la marche des angines catarrhales, on constate de la sécheresse et de la

rougeur des différentes parties du pharynx, cette rougeur est localisée surtout sur la paroi postérieure du pharynx, et sur les piliers postérieurs tandis qu'elle est peu prononcée sur les piliers antérieurs et sur le voile du palais; lorsque nous étudierons l'angine scarlatineuse, nous verrons que ce caractère a une très-grande importance pour faire le diagnos-* tic différentiel de ces deux affections.

De la partie postérieure du pharynx comme point central, cet exanthème s'étend de proche en proche à la muqueuse nasale et oculaire d'un côté,- et de l'autre à la muqueuae laryngée et bronchique. Cette éruption, qui précède les manifestations cutanées, est caractérisée par des taches inégales plus ou moins confluentes et présentant, dans quelques cas, des saillies papuleuses sensibles au doigt et visibles à l'œil: ce caractère est surtout marqué dans la variété de rougeole dite boutonneuse. Cette éruption est accompagnée de malaise, de fièvre, de chaleur et d'empâtement de la bouche, elle n'est pas doulou-«reuse, mais elle occasionne le plus souvent du chatouillement et des démangeaisons qui déterminent soit de la toux, soit des étemuements selon les points affectés.

La marche de l'éruption est assez rapide et la durée de l'angine morbilleuse ne dépasse pas quelques jours. Elle ne présente aucune gravité par elle-même, mais dans quelques cas de propagation

peut devenir le poiîit d^ d^pfirt d'vne pcrfori^tion 4^ 1^ mei^bri^ne dn tympan et oçcai^^onner la supdi^é^ 4'vm autre côté lies complications laryngées et fspuyQ^i^ ljpQ^^çbicj\ies de la rougeole acquièrent daqa p^^ps cf^s \)ne intensité plus grande et peuvent alpri^ devenir le point de départ d'affef tions çh|^niques des voies respiratoire^.

Le traitement de Tai^gine piorbilleuse coi^sistera surtout en gargarisn^es et en lotions émollientes; lorsque le coryza est prédominant il faudra avoir surtout recours 9.ux fumigations humides avec de l'eau de guimauve, Qt si la démangeaison est vive^ il faut y ajouter les opiacés en gargarismes et en applications sous forme de collutoires.

gp An^ne $6arlatineuiê.

Le début de Tangine searlatineuse est aocom* pagné d'une réaction fébrile assez marquée ; la rougeur est vive, elle se montre d'abord sur le voile du du palais et les piliers antérieurs, dette localisation est oigractéristique et peut servir d^léinent trés-im« portant de diagnostic différentiel avec Tangine raor- ^Ue^se. Peu à pçu la rougeur devint ph^s écarl^Lte, ^\ 1% iQ^queuse semble ^'épaissir , ce^e période i W9 4^r^9 4e deux ou trois jours. Lo^que Tanginf

et en quatre ou cinq jours tout a disparu ; dans les cas moins simples , la rougeur s'accentue , Paapect devient franchement œdémateux et Ton voit alowi apparaître une éruption miliaire, c'est cette éruption miiiaire qui ^ par sa sécrétion » donne naissance au dépôt blanchâtre décrit dans Pangine searlatineuse ; ce dépôt blanchâtre se reproduit très-rapidement après les cautérisations. Dans quelques cas plus graves, il se forme des ulcérations qui &e recouvrent à*\axe sécrétion pseudo-membraneuse blanc grisâtre^ (exsudation diphthéroïde) cette pseudo-membrane recouvre les piliers , elle encapuchonné la luette et PQut môme envahir tout le pharynx .

Selon que l'état général du malade est plus ou moins i^ve, cette angine peut se montrer sous dejix formes :

Ift i^oiw^ henign^. -r- Bile i^ une durée moyemifi de B^l à huit jours , et cofneide aveo un ban état général du malade ; dans cette forme, les exsudations sfint pPU épt^isses et les ulcérs^tionsji lors()u'elles efis^At , «'atteignent quQ les pitiés superficielles dQ \s^ muquei\^se, ]a, guëdson est la règlej et sa durée ni^xin^\TO d^ douze à quatorze jours. Copnne traitement local, on aura d'abord recpcirs i^ux lotiops ipucîlagineuses et aux cautérisations avec une solution de nitrate d'argent au centième ; les collutoires au goudron ou à l'acide phénique seront plutôt indiqués à une période plus avancée.

20 Forme septique. — Lorsque le malade atteint d'angine scarlatineuse est d'une constitution chètive ou lorsqu'il a subi antérieurement l'influence dépressive d'une autre maladie, les accidents locaux prennent un caractère plus grave ; les exsudations deviennent plus épaisses, les ulcérations gagnent peu à peu en profondeur et en étendue ; il survient des hemorrhagîes, ces différentes lésions envahissent de proche en proche des parties de plus en plus profondes, les éminences arytenoïdes et Tépiglotte sont d'abord touchées et occasionnent de la disphagie ; et si les bandes ventriculaires sont ulcérées à leur tour, la respiration devient de plus en plus difficile et anxieuse. On voit alors survenir des adénites dont la suppuration s'établit (bubons scarlatineux) , les ulcérations prennent un aspect gangreneux , elles exhalent une odeur caractéristique , l'état général du malade s'aggrave, il prend un aspect typhoïde , d'où le nom d'angine scarlatineuse typhoïde donné à cette affection.

Les descriptions que nous ont laissées les méde^ cins du moyen-âge de nombreuses épidémies de mal de gorge putride, malin, ulcéreux épidémique se rap« portent assurément , pour le plus grand nombre , à des angines scarlatineuses méconnues.

Le traitement de l'angine scarlatineuse à forme putride doit être, en même temps, local et général. Les toniques sous toutes les formes, l'extrait de

quinquina , le jus de viande , constitueront la partie essentielle du traitement général .

Le traitement local consistera en gargarisme ou mieux en injections buccales avec de l'eau de goudron et surtout, selon Lasègue , en injections de solutions aromatiques et résineuses ; parmi ces dernières celles qui donnent les résultats les plus favorables sont Teau distillée de pin Mugho et surtout Talcoolature de pin Mugho à la dose de quinze à vingt gouttes par injection. Il est très utile d'avoir paiement recours aux cautérisations , soit avec une solution de nitrate d'argent au 1/50 , soit avec une solution de sulfate de cuivre au 1/50 ou mieux avec la solution normale de perchlorure de fer.

3o Angine varioleuse,

La. propagation des pustules varioleuses à la muqueuse bucco-pharyngée est la règle ordinaire ; mais, selon les cas, cette éruption est plus ou moins confluente et elle n'a pas de siège précis. Ces pustules ne sont pas caractéristiques comme celles de la surface cutanée, mais comme elles n'apparaissent qu'après l'éruption cutanée , leur généralisation permet d'en reconnaître la nature.

Cette angine varioleuse est toujours exempte de gravité ; elle peut cependant quelquefois incommoder beaucoup le malade par suite de la gêne considérable

— sa -

qu'elles ^eurent » daas certains cas , apporter à la déglutition ; cette gône est du reste très variable^ selon la confluence et la position des pustules buccopharyngées.

Le traitement consistera surtout en gargarismes émoUients et en injections mucilagineuses ; il ne faut avoir recours auxgargaribmes de chlorate de potasse qu'à la période de déclin de Taffection.

4* Angine èrtf^ipèlaieute * ,

Cette affection est rare pendant la f^renlière enfance, mais détient plus fréquente pendant l'adolescence et Tâge adulte. Selon qu'elle se mon-^ tre à Tune ou l'autre de ces deux périodes de la vie, elle revêt un type différent^ ce qui nous permettra d*étudier séparément :

1* L'angine ei^sipélateuse de radolescence dont le début a lieu, le plus ordinairementi à la suite d'une ulcéi'ation sci*ofùleuse, et qui a le type subaigv et localisé ;

2* L'angine erysipélateuse de l'âge adulte qtii présente le type aigu avec propagation ordinaire â la face et au cuir éhevelu.

!• Angine erysipélateuse à type subaigu.

La réaction fébrile est peu intense, mais fort variable ohez les différents sujets ; cette angine se

nidiitre chez lë^ éhtktis q\ii sont àtteititâ Aépnh quelques temps, soit d'utt cbirjrÉÉi chrotilque âVeô ulcération de là ifauqUeuse nasale^ ce qui est le Cas le plus fréquent, soit d'une ulcération de la partie supérieure du pharynx. De ce point de départi on voit se produire une rougeur qui, sous forme do traînée^ gagne peu à peu les parties voisines ; cette propagation se fait» le plus souvent, avec assez de lenteur, et se dirige tantôt du côté de l'aile du nez qu'elle ne dépasse jamais^ tantôt du côté de la partie postérieure des fosses nasales, du pharynx et de la voûte palatine; cette angine est caractérisée par une rougeur à bords indistincts ayant peu de dispositions à envahir de grandes surfaces ; elle s'accompi^ne de sécheresse avec un aspect luisant, mais détermine rarement une gène notable et] une réaction fébrile.

Cette variété d'ér3rsipéle est trés^fréquente^ et, chez certains sujets, elle récidive à ititervalles plus ou moins éloignés et constitue ainsi une angine erysipélateuse à répétition*

Le tHLitémént présente Ibl une impoi^t&ilce Capi^ taie en raison dô l'ulcérâtiofi initiale et dii coryzà chronique, qu'il faut traiter avec persistance pour éviter de nouvelles i^echutes s ce traitement consistera en injections nasales avec la feuille de noyer, en injections iodées , en niême temps qile lès môdificàtèùfs généraux dé la scrofule, ihàis je

me réserve de l'étudier avec plus de détails lorsque je parlerai de i'angine scrofuleuse.

Page 1