Angine erysipélateuse des adultes ou à type aigu
Elle a un début brusque et s'accompagne de réaction fébrile violente avec embarras gastrique. Souvent cette angine n'est qu'une propagation de l'érysîpéle de la face^ mais quelquefois le début a lieu par les fosses nasales ou le pharynx ;elle est caractérisée par une rougeur vive séparée de la partie saine de la muqueuse par un rebord bien net, et accompagnée d'un gonflement des ganglions sousmaxillaires; la présence de ces ganglions a une importance capitale, car elle peut permettre de poser un diagnostic» même avant l'apparition de l'éruption.
L'angine erysipélateuse aiguë a une marche rapide ; elle ne présente pas de gravité par elle-même et n'en acquiert que lorsqu'elle est une complication d'un état morbide général grave.
Le traitement local ne présente rien de particulier ; il consiste en applications émollientes et adoucissantes ; le traitement général est le même que celui de l'érysipéle de la face et du cuir chevelu.
50 Angine herpétique.
J'ai expliqué, à propos de la classification, les raisons qui m'ont déterminé à ne pas admettre la
variété d^angines chroniques qualifiées du nom d*an« gine dartreuse ou angine herpétique; il est donc bien entendu que je ne veux parler ici que d'une angine aiguë caractérisée par une éruption de vésicules d'herpès et non de Tangine herpétique chronique dont je conteste Texistence.
L'herpès de la muqueuse pharyngée, sans avoir des caractères aussi tranchés que l'herpès de la peau, présente cependant une physionomie particulière qui permet d'en faire une étude spéciale ; de plus, sa coïncidence fréquente avec V herpès labialis vient, le plus souvent, confirmer le diagnostic, dans les cas douteux.
L'angine herpétique se présente sous deux formes :
lo La forme aigué ; 2o La forme subaiguê.
lo Forme aiguë. — L'angine débute par un appareil fébrile considérable avec frisson initial, cour- , bature générale, langue sèche, fi^èvre intense, le pouls plein, fréquent, résistant; ces. différents symptômes se montrent presque simultanément et dès le premier jour ; le lendemain survient une céphalalgie intense avec douleurs grava tives violentes de la région frontale, tout bruit devient insupportable, le malade est somnolenT mais avec un demi-délire et
des rèvasgeries qui Tobsèdent. Il y a» dans cette ensemble de symptômes, une intensité et une soudaineté qui sont caractéristiques de Tangine herpétique et qui doivent éveiller Tatlention des médecins et diriger ses investigations du côté de la gorge. L'examen de Tarrière bouche permet alors de constater la présence d'une ou deux vésicules d'herpès, car l*éruption apparaît ordinairement en même temps que les premières manifestations fébriles et elle est pliiâ ou moins confluente sans que le nombre des vésicules soit en rapport avec l'intensité de la réaction fébrile.
Le siège le plus fréquent est sur les amygdales^ puis viennent, par ordre de fréquence, les piliers et le voile du palais ; mais il est relativômedt rare sur le pharynx. Une seule observation, publiée paf le Dr Fernet, dans la France médicale, constate la présence de vésicules d'herpès sur les éminences aryténoïdes; mais, le plus ordinâireûient, l'èiamen laryngoscopique est impossible, vu l'état fébrile du malade.
Les vésicules de l'angine herpétique ont un6 forme afrondie> elles sont transparentes ou lactescentes et légèrement déchiquetées sur les bords; quelques fois on peut constater plusieurs poussées successives. La durée de chaque vésicule est de 4 à 5 jours, puis elle se rompt, mais sans laisser de croûtes comme à la lèvre, mais seulement une ulcération superfi-» cielle,
Okti'A qûëlqùels éàâ, ces ulëéi^tiôns éôfihêht naissance â une èxsiidâUon pseudd-ràetnbï^aheUâe ^Ué Poh appelle vulgairement angine couôiineusô côtatnuné et qui a souvent été confondue âveè Tanginô diphthôf itique et traitée comme telle avec ûh succèâ tëUjôUr? constant : cette angine couenneuse commUiiô îae pf è sente, en effet, aucune gravité et n*est qu'une légère complication de Vangîne herpétique. Ces exsudatiônis ont des dimensions qui tle dépassent pas un demi à im centimètre, elles sont peu adhérentes et lorsqu'on les enlève il He se produit aucun écoulôtneht sanguin et l'on peut, lô plus souvent, constâtèt*, àU«^essotts^ la présence des vésicules d'herpès.
La durée de cette affection est courte, 4 à 5 jdui's au maximum, mais la convalescence est souvent longue.
2^ For/ne subaiguô'. — La description que je tiens de faire de la forme aiguë peut s'appliquer à la forme subaiguê, sauf sur un point, l'absencô de symptômes généraux et de réaction fébrile ; s& durée est également de 5 à 8 jours.
La cause la plus ordinaire de l'angine herpétique •> est un refroidissement brusque, elle se montre surtout au printemps et quelquefois sous la forme épidémique. De notkibreuic auteurs la considèi^ent comibe tine âévre èruptivô, mais Cette opinion, quoique (yrésetitatit d'assez gf andeâ pî^babilitès, demande à être édttflrttfée.
Traitement» -^ Il faut se garder d'employer les traitements yiolents auxquels on a eu souvent recours en croyant avoir affaire à une angine diphthéritique. Les cautérisations au nitrate d'argent doivent être proscrites, car elles ne font qu'augmenter l'état phlegmasique des parties malades et ajouter de nouvelles et inutiles douleurs aux malades. Comme traitement local, il faut avoir recours aux gargarismes acidulés, avec un peu de jus de citron, et aux gargarismes émollients.
Contre l'état général, un vomitif est très souvent indiqué, mais les saignées générales et locales dont on a abusé pendant longtemps ne doivent être que rarement employées.