‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 105 sur 514 · HARPAGON · texte numérisé non relu

HARPAGON

Voilà un pendard de valet qui m'incommode fort, et je ne me plais point à voir ce chien de boiteux-là. Certes, ce n'est pas une petite peine que de garder chez soi une grande somme d'argent; et bienleureux qui a tout son fait bien placé et ne conserve seulement que

> e qu'il faut pour sa dépense i1 On n'est pas peu embarrassé à inventer, •lans toute une maison, une cache2 fidèle; car pour moi, les coffresforts me sont suspects, et je ne veux jamais m'y fier: je les tiens justement une franche amorce à voleurs,8 et c'est toujours la première 'hose que Ton va attaquer.

Harpagon est veuf, il a deux enfants, une fille, Élise, et un fils, Ceinte. EHse est aimée de Valère, ieune homme de bonne naissance id pour se ménager un accès auprès d'elle, s'est introduit dans la Maison d'Harpagon, en y acceptant la place d'intendant; Elise et Valère .- sont fait mutuellement la promesse de s'épouser. Valère ne peut pas eaoore demander la main d'Elise à son père: un singulier malheur Va, & son enfance, éloigné de ses parents; mais il a l'espoir de les retrouver, et, d'un jour à l'autre, il attend la réussite de ses recherches. Cependant il natte la passion de son maître, sans cesse il gronde les raietë et les servantes de leur prodigalité, il aime mieux puiser dans sa propre bourse que d'effaroucher Harpagon par une demande d'argent iécessaire pour les dépenses de la maison. C'est ainsi qu'il gagne peu i peu les bonnes grâces de l'avare, qu'il espère amener à lui accorder la sain de sa fille. Il est dans cette espérance, lorsqu'il apprend tout à roap qu'Harpagon veut marier Elise au seigneur Anselme, homme âgé ■> cinquante ans, mais riche et qui consent a la prendre sans dot.

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