‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 114 sur 514 · VI. LES FEMMES SAVANTES · texte numérisé non relu

VI. LES FEMMES SAVANTES

Dans les Femmes savantes, Molière a repris, en l'agrandissant, le sujet des Précieuses ridicules (v. page 63). La nouvelle pièce est dirigée contre les coteries qu'on peut appeler la queue de l'hôtel de «Rambouillet (t. page 63). En môme temps, Molière ridiculise dans la comédie des Femmes savantes deux pédants de son temps, Cotin et Ménage. Le premier paraît dans la pièce sous le nom de TrissoUn, c'est-à-dire triple «rt (il fut d'abord Tricotin, c'est-à-dire triple Ootin); le second sous celui de radius, c'est-à-dire le coureur (qui vadit), parce que Ménage courait sans cesse d'un salon à l'autre. Ménage était un éructit de grand mérite; on a de lui les Origines de la langue française, Observations sur la langue française et d'autres ouvrages; mais il était fort pédant et joignait beaucoup de vanité à un talent poétique très médiocre. Quant à l'abbé Cotin, ses vers et l'érudition par laquelle il brillait, au dire des contemporains, sont entièrement oubliés aujourd'hui; il ne doit son immortalité qu'aux Femmes savantes de Molière et aux Satires de Boileau. Du reste, Ootin avait provoqué la verve mordante de Boileau et de Molière, en insultant grossièrement les deux poètes dans un libelle rimé.

L'action de notre pièce se passe dans la maison de Chrysale, personnage tout comique et de caractère et de langage, qui a toujours raison, mais qui n'a jamais d'autre volonté que celle de sa femme Philaminte. Cette dame, qui règne en souveraine dans la maison, sa fille Armande et sa belle-sœur Bélise sont les trois précieuses ou femmes savantes de la comédie. Elles sont entichées du pédantisme et de l'afféterie que l'hôtel de Rambouillet avait introduits dans la littérature, tandis que l'esprit naturel et le bon sens sont représentés par Henriette, la seconde fille de Chrysale et de Philaminte, par la servante Martine, dont le langage populaire et vicieux offense continuellement les oreilles des précieuses, et par Olitandre,

Ce seigneur qui aspire à la main d'Henriette. C'est un homme de le compagnie, de sens et d'esprit, qui hait les pédants et sait s'en moquer.

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