V. A LA PRINCESSE DES UBS1N
(Versailles, le 2Ô« mars 1714.
J'ai reçu deux de vos lettres, madame; l'une apparemment parun courrier que j'ignore, et l'autre, par l'ordinaire. La première n'est remplie que des louanges du roi d'Espagne; et je vous assure, madame, que vous ne devez pas être malcontente3 de l'idée qu'on a de lui en ce pays-ci. L'autre lettre est remplie des désirs que vous auriez d'une grande intelligence entre nos deux rois et les deux: nations. Je ne pense pas que le Roi doute jamais de l'amitié du roi catholique, et je suis bien assurée qu'il en aura toujours une véritable pour le roi son petit-fils; mais, madame, ils sont bien éloignés pour s'entendre parfaitement, et il y a bien des gens entre eux, dont les uns sont intéressés, mal intentionnés ou peu capables; ainsi vos projets ne sont guère praticables, et marquent seulement votre grand cœur et votre véritable attachement pour les deux rois. Votre lettre est triste, et plus triste encore que les premières: je le comprends bien, madame; et quand les douleurs sont aussi grandes et aussi raisonnables que les vôtres, les réflexions sont aussi affligeantes que les premiers moments.