‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 203 sur 514 · SEPTIÈME SATIRE · texte numérisé non relu

SEPTIÈME SATIRE

Cette satire (1067) traite le même sujet que la première du deuxième erre d'Horace: elle est une apologie de la satire. Mais Boileau reste tien an-dessous de son modèle. Tandis qu'Horace établit sur des rai- ^ûs solides les droits de la satire, qui est le châtiment légitime de U sottise et de la perversité, Boileau, laissant de côté les arguments, r contente d'avouer son goût pour la satire, et n'allègue en sa faveur que la facilité plus grande qu'il trouve à blâmer qu'à louer. A la voix & ceux qui veulent l'arrêter par la crainte des vengeances que ses victimes pourraient exercer sur lui, il oppose en riant l'impunité d'Horace et de Juvénal:

Hé, quoi! lorsqu'autrefois Horace, après Lucile, Exhalait en bons mots les vapeurs de sa bile, Et, vengeant la vertu par des traits éclatants, Allait êter le masque aux vices de son temps; Ou bien quand Juvénal, de sa mordante plume Faisait couler des flots de fiel et d'amertume, Gourmandait en courroux tout le peuple latin, L'un ou l'autre fit-il une tragique fin?

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