HUITIÈME SATIRE
Dans la huitième satire (1667), Boileau reprend le sujet paradoxal kja quatrième, s'attaquant à la raison et complétant rémunération des £Hes humaines.
De tous les animaux qui s'élèvent dans l'air, Qui marchent sur la terre, ou nagent dans la nier, De Paris au Pérou, du Japon Jusqu'à Rome, Le plus sot animal, à mon avis, c'est l'homme. Ici Boileau a emprunté beaucoup à Horace, à Perse et surtout à Jarénal. Le dialogue suivant entre Y Avare et Y Avarice qui le tyrannise, *t imité de Perse.
Le sommeil sur ses yeux commence à s'épancher: Debout, dit l'avarice, il est temps de marcher. — Hé! laissez-moi — Debout! — Un moment. — Tu répliques? — A peine le soleil fait ouvrir les boutiques. — N'importe, lève-toi. — Pourquoi faire, après tout? — Pour courir l'Océan de l'un à l'autre bout, Chercher jusqu'au Japon la porcelaine et l'ambre, Rapporter de Goa le poivre et le gingembre. Ensuite le poète s'attaque & l'ambitieux qui trouble le repos de la vrr» pour courir à une vaine gloire; il s'emporte contre Alexandre et, dans J> boutade poétique, le traite cavalièrement d'écervelé et de bandit. Quoi donc! à votre avis fut-ce un fou qu'Alexandre? — Qui? cet écervelé qui mit l'Asie en cendre? Ce fougueux l'Angely1 qui de sang altéré, Maître du monde entier s'y trouvait trop serré? L'enragé qu'il était, né roi d'une province Qu'il pouvait gouverner en bon et sage prince, S'en alla follement, et pensant être Dieu, Courir comme un bandit, qui n'a ni feu ni lieu; Et, tramant avec soi les horreurs de la guerre, De sa vaste folie emplir toute la terre; Heureux, si de son temps, pour cent bonnes raisons, La Macédoine eût eu des petites-maisons; Et qu'un sage tuteur l'eût en cette demeure. Par avis de parents, enfermé de bonne heure!
Nom d'un bouffon de la cour de Louis XIII.