LITTÉRATURE DU MOYEN AGE, VILLEHARDOUIN. XXYII
Villehardouin s'opiniàtra à lui chercher un chef. Il fit choix du marquis >le MontfeiTat, qui fut agréé et parvint à faire prendre la route de Venise à Louis, comte de Blois, un des seigneurs les plus puissants de la croisade, qui voulait aller en Palestine par un autre chemin. Le projet primitif des croisés était de se rendre de Venise dans !* terre sainte directement. Un événement singulier les fit changer 'ie route, et les conduisit à Constantinople. A Venise se trouvait alors le jeune Alexis, fils de l'empereur Isaac, à qui son frère avait bit crever les yeux, après avoir usurpé son trône. Alexis, d'abord anprisonné avec son père, s'était échappé sur un vaisseau jusqu'à Ancône. Rencontrant les croisés qui s'acheminaient vers Venise, ies amis qui l'avaient accompagné lui dirent: » Voici une armée toute trouvée: que ne vous en servez-vous pour aller reconquérir le trône <!c votre père?** Alexis envoya des ambassadeurs aux chefs de la croisade, alors devant Zara, ville de TEsclavonie, dont ils faisaient ie siège pour le compte de Venise. Après bien des divisions, les ans voulant, avec l'envoyé du pape, qu'on fît voile vers la Syrie; 1& autres, en majorité, plus hommes d'aventure que chrétiens doiks. voulant qu'on cinglât vers Constantinople, on s'embarqua du port de Gorfou la veille de la Pentecôte, Tan 1203.
li tans fa biaus et clers,1 et li vens bous et soués:2 si laissierent >er voiles aller ou vent. Et bien tesmoigne Joffrois, il mareschaus de '^bmpaigne, qui caste œvre dicta, ne onques* n'en menti a son escient I* mot, corn al4 qui a toz les consaos* fa, qu'onques mais si grans estare* ne fat veue. Et bien sembloit estoire qui terre deast7 conquerre, q;ur tant comme on pooit8 veoir aus iels,9 ne paroient10 fors11 voiles de i*tn et de vaissiaus, si que li cueris des homes s'en resjoïssoient1* moult.15
On connaît les principaux événements de cette épopée, le rétablissement d'Isaac l'Ange, les démêlés des croisés avec le jeune Alexis, •usurpation et le détrônement de Murtzuphle, l'occupation et le pillage ie Constantinople, en 1204, l'installation de Baudouin en qualité ^empereur, les combats qu'il eut à soutenir contre les Grecs et les Bolgires, jusqu'à la journée d'Andrinople, où il fut fait prisonnier; J régence et les deux premières années du règne de Henri, frère & Baudouin; la mort du marquis de Montferrat, en 1207.
ViOehardouin est peut-être le héros le plus solide de cette épopée, wre de sa fermeté persévérante, où il remplit tour à tour, aux Bornants décisifs, avec un succès dont il se vante moins que les Un* d'Homère, le rôle de négociateur et celui de capitaine.
Les mémoires de Villehardouin se terminent à la mort du marquis ;> Montferrat (1207). Le récit en est pathétique. Le marquis s'était i**sé entraîner par les Grecs à faire une course dans le Rhodope.
Quant il ot esté en la terre et il s'en dut partir, li Bougre (les Bol- Prcsj se forent assamblé de la terre, et virent que li marchis estoit a ?«" de gent, et il vinrent lors de toutes pars, et assallirent a s'arriere- :*rie. Et quant li marchis ol17 le cri, si sailli en un cheval tôt desarmés, u claire en sa main, et quant il vint la ou ils ierent18 assamblés a
1 beau et clair. * suaves, • jamais. é celui. 1 fak. 7 dût. • pouvait. • yeux. 10 paraissaient. ' *f*, c'est-à-dire navires. « cœurs. u réjouissaient. "« peu. t? ouït, entendit. " étaient.
5 conseils.
11 hors que.
15 beaucoup.