REGNARD
JeAN-FRANOOIS REGNARD, le meilleur des poètes comiques du XVII' siècle, après Molière, naquit à Paris en 1656 et mourut en 1709. Fus d'un riche négociant, il fit de grands voyages et mena, dans sa jeunesse, une vie fort aventureuse. Il fut pris, en revenant d'Italie, par des corsaires, vendu comme esclave à Alger, puis amené à Constantinople. Après une dure captivité, Regnard réussit à se faire racheter et revint en France.
En 1681, il quitta de nouveau sa patrie, parcourut la Flandre, la Hollande et le Danemark, arriva à Stockholm, parcourut toute la Laponie, pénétra jusqu'à la mer Glaciale et inscrivit sur un rocher ce vers devenu célèbre: Hic tandem stetimus nobis ubi defuit orbis*
Après avoir traversé la Pologne, la Hongrie et l'Allemagne, il revint en France. En 1683, il acheta une charge de trésorier au bureau des finances. Il vécut dès lors tantôt à Paris même, tantôt dans une belle campagne qu'il possédait à peu de distance de la capitale.
Gest dans cette agréable retraite qu'il écrivit la relation de ses voyages, et qu'il composa la plupart de ses comédies. Elles sont presque toutes en vers, et elles ont eu un grand succès au Théâtre-Français, où on les joue encore de nos jours. Les principales sont: le Joueur, le Distrait, les Menechmes et le Légataire universel.
Regnard est loin d'égaler lu profondeur de Molière; il n'a ni l'esprit d'observation ni la vigueur de style qu'on admire chez l'auteur du Tartuffe et du Misanthrope, mais il possède une gaieté soutenue, un fonds inépuisable de saillies et de traits plaisants et une grande facilité de diction. Nous donnerons une courte analyse d'une seule de ses pièces.