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LNNE-LOUISE-GERMAINE NEOKER, baroskk db STABLr- HOLSTEEN, naquît à Paris en 1766. Son père était le célèbre banquier Necker, qui fut deux fois ministre sous Louis XVI, mais qui était alors bien loin de la haute position qu'il occupa depuis. De bonne heure la jeune Necker, douée de facultés intellectuelles précoces, se distingua par la vivacité de son esprit dans le cercle des gens de lettres dont la maison ^de son père était le rendez-vous. Elle avait vingt ans, lorsqu'elle épousa le baron de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède à Paris, qui résida dans cette capitale jusqu'en 1799 et y mourut en 1802. L'exécution du roi et le régime exécrable qui suivit cette catastrophe, frappèrent Mm6 de Staël d'horreur et d'épouvante. Elle eut cependant le noble courage d'adresser au gouvernement révolutionnaire une défense écrite de la malheureuse reine Marie-Antoinette.
Après avoir, pendant quelque temps, cherché un refuge en Angleterre, M™ de Staël s'attacha, après la chute de Robespierre, au parti modéré. Sous le Directoire (1795—1799), la fille de Necker exerça, par ses salons, une grande influence. Après le coup d'État du 18 brumaire, elle devint en quelque sorte le centre d'une opposition rationnelle qui s'éleva avec force contre les tendances de jour en jour plus despotiques du gouvernement consulaire. Victime de l'arbitraire, elle fut exilée à quarante lieues de Paris (1802). Oet exil la décida à faire son premier voyage en Allemagne. Elle alla à Weimar, où elle étudia la langue et la littérature allemandes et se lia avec Goethe, Schiller et Wieland.
De retour au château de Ooppet, près de Genève, quiappartenaità sa famille, elle se consacra à ses travaux littéraires et au commerce de ses amis. Sa retraite de Coppet fut alors le rendez-vous das beaux esprits et des hommes de lettres les plus distingués. Elle publia ses deux célèbres romans, d'abord Delphine, et, après un voyage en Italie, Corinne (1807), qui excitèrent alors en Europe un enthousiasme universel Les héroïnes de ces deux romans sont deux femmes supérieures qui ue peuvent s'astreindre à suivre. les voies régulières tracées à leur sexe par l'opinion, et qui souffrent de cruels malheurs pour s'en être écartées. Le roman de Corinne contient une brillante peinture de l'Italie.
Ces deux ouvrages sont écrits avec une élévation d'esprit et une érudition bien rareâ, unies à une extrême finesse et à une grande connaissance du monde; mais on y trouve des longueurs ennuyeuses; le style de l'auteur, souvent brillant, est quelquefois fatigant et guindé.
Après un second voyage en Allemagne, Mme de Staël eut la permission de vivre en France. Mais en 1810, la publication de son ouvrage De V Allemagne devint, pour la police impériale, le prétexte de nouvelles persécutions. Toute l'édition, fut saisie et mise au pilon,* et il fut enjoint à l'auteur ou de s'embarquer pour l'Amérique ou de ne plus quitter sa terre de Goppet. L'ouvrage qui lui valut cette persécution était pourtant purement littéraire. Malgré de nombreuses
1 D'après la Biographie wiwerstlle. * Mettre au pilon eiuftaxpfe*-