‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 387 sur 514 · BARTHÉLÉMY (1796-1867) ET MÉRY (1796-18M · texte numérisé non relu

BARTHÉLÉMY (1796-1867) ET MÉRY (1796-18M

Se tait pour recueillir ces prophétiques mots, Que môle la tempête au son rauque des flots: »Soldats, voilà l'Egypte! Aux lois du cimeterre1 Les beys ont asservi cette héroïque terre; De l'odieux Anglais ces dignes favoris A notre pavillon prodiguent le mépris, Et feignent d'ignorer que notre république Peut étendre son bras jusqu'aux sables d'Afrique: L'heure de la vengeance approche; c'est à vous Que la France outragée a confié ses coups; Compagnons! cette ville où vous allez descendre, Esclave de Mourad, est fille d'Alexandre; Ces lieux, que le Coran opprime sous ses lois, Sont pleins de souvenirs, grands comme vos exploits. Le NU longtemps captif attend sa délivrance; Montrons aux Mamelouks9 les soldats de la Franoe, Et du Phare3 à Memphis retrouvons les chemins Où passaient avant nous les bataillons romains!*4 Il se tait à ces mots; mais ses lèvres pressées Semblent garder encor de plus hautes pensées.4

Soudain mille signaux, élevés sur les m&ts, Au rivage d'Egypte appellent nos soldats. •

Sur le pont des vaisseaux, dans leurs vastes entrailles, Retentit un bruit sourd, précurseur des batailles, Et de longs cris de joie élancés dans les airs Troublent le lourd sommeil de ees mornes déserts. On eût dit, aux transports de Tannée attendrie, Qu'un peuple voyageur saluait sa patrie: Par les sabords ouverts, par les câbles tendus, Tous de la haute poupe en foule descendus, Pressés de conquérir ces rives étrangères. Tombent en rangs épais dans les barques légères, Et les canots, croisant leurs bleuâtres sillons, Couvrent la vaste mer de flottants bataillons.

C'est-àrdire du sabre des Musulmans.

2 Les Mamelouks ou Mameluks (composés d'abord de jeunes escla^surtout de Cjrcaasiens) formaient une légion des meilleurs soldats, P dominait en Egypte. Ils étaient alors commandés par Mourad-Bey, cbei né en Circassie. Le sultan n'était représenté en Egypte que par un ptfhâ sans autorité réelle.

8 Le Fhare (&à$oç), petite île voisine du port d'Alexandrie, jointe au continent par un môle, ornée d'une haute tour, où Ton entretenait la ■nuit des feux pour guider les vaisseaux.

4 Toutes ces paroles sont historiques. (Note des auteurs.)

5 Tout le monde sait que Bonaparte, en tentant la conquête w l'Egypte, en voulait à la domination anglaise aux Indes; Barthélémy et Méry n'ont envisagé l'expédition qne sous son côté poétique et hum**1' taire, la destruction des Mamelouks et l'afiranohissement de l'Egypte.

napoiAnt EN égypte (ra« osant), 545

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