‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 389 sur 514 · MIGNET · texte numérisé non relu

MIGNET

FbANÇOIS-AUGUSTE-ALBXIS MIGNETnaquit en 1796 à Aix. Il fit ses études classiques à Avignon et revint, en 1815, suivre les cours de droit dans sa ville natale. C'est alors qu'il rencontra Thiers, et de cette époque date la longue amitié qui les unit pendant toute leur vie. Reçus avocats en même temps, en 1818, ils suivirent ensemble pendant un an et demi la carrière du barreau et se tournèrent ensuite vers la littérature. En 1821, l'Académie des inscriptions et belles-lettres décerna un prix au mémoire de Mignet: Sur l'état du gouvernement et de la législation en France à V époque de V avènement de saint Louis.

Encouragé par ce succès, Mignet s'abandonna entièrement à sa vocation littéraire, et partit pour Paris, où il entra à la rédaction du Courrier français. Il commença en même temps à l'Athénée' des cours d'histoire qui eurent le plus grand éclat.

En 1824 parut son Histoire de la Révolution française, qui eut on très grand succès en France et à l'étranger. Ce n'est pas un récit complet et détaillé, c'est un tableau animé et rapide, un résumé brillant écrit par un partisan franc et sincère de la révolution, qui ne va pas jusqu'à en justifier les sanglants excès, mais qui les excuse par les nécessités de la situation et les regarde comme amenés par une fatalité inévitable. Par son Histoire de la Révolution, Mignet appartient donc à l'école historique que l'on a appelée Y Ecole fataliste. Comme journaliste, Mignet prit part aux événements de Juillet, mais, la révolution de 1830 une fois accomplie, il se tint à l'écart des fonctions politiques et n'accepta du nouveau roi que la place de directeur des archives au ministère des affaires étrangères. Il profita de cette position si favorable aux recherches historiques pour se consacrer entièrement à ses travaux. Une seule fois, en 1833, il se chargea momentanément d'une mission diplomatique en Espagne. Membre depuis 1832 de l'Académie des sciences morales et politiques, fl fut reçu, en 1836, à l'Académie française et devint, l'année suivante, secrétaire perpétuel de la première de ces académies. La révolution de Février lui fit perdre sa place au ministère.

Outre une série de Notices et de Mémoires historiques lus à l'Académie des sciences morales et politiques, Mignet publia les ouvragée suivants: Négociations relatives à la succession d? Espagne (1836—1842), Antonio Pérez et Philippe 7/(1845), épisode historique

1 D'après Vapereau, Biànormaurt des Contemporains.

2 Athénée (du nom grec de Minerve *JH"ù était ohea les anciens le édifiées d'Athènes, d'Alexandrie, de Borne, de Oonstantmople,

wm-de divers

consacrés aux sciences et aux arts. Dans les temps modernes, on a étendu le nom et Athénée à tout lieu où s'assemblent des savant», des gens de lettres, pour (aire des cours de science ou de littérature, V Athénée de Au*, dont il s'agit ici, fut fondé en 1786.

550 MGNET (1796-1884).

qui a tout l'intérêt d'un roman, Vie de Franklin, Histoire de Marie Stuart (1851), Charles-Quint, son abdication, ton séjour et sa mort au monastère de Saint-Just (1854). Il est mort à Paris en 1884. Le style de Mignet est pur et élégant; il est pour ainsi dire académique, en même temps qu'il a de la vivacité et de l'éclat.

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