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et le département des affaires étrangères), deux fois avec la présidence du conseil, tantôt chef de parti dans l'opposition, toujours orateur brillant et influent à la chambre des députés, il prit une part active à toutes les affaires et attacha son nom aux lois et aux mesures les plus importantes. Son dernier ministère, qui ne dura que huit mois (de mars à octobre 1840), fut signalé par l'ordonnance qui prescrivit le commencement des fortifications de Paris et la résolution de faire transférer en France les cendres de Napoléon I". Sa 1884, Thiers était entré à l'Académie française.
Quoique sincèrement attaché à la monarchie autant qu'à la dynastie de Juillet, il contribua par son opposition à la chute du gouvernement et à la révolution de Février. Après la proclamation de la république en février 1848, Thiers envoya son adhésion au gouvernement provisoire et se présenta aux élections pour la Constituante. H échoua aux élections générales, mais bientôt après il fût élu par quatre départements, prit place, dans la nouvelle assemblée, dans les rangs du parti conservateur, et mit au service du gouvernement républicain son bon sens pratique et sa grande science des affaires.
Membre de l'Académie des sciences morales et politiques, Thiers fut un des plus empressés à répondre à l'appel que le général Cavaignac, chef du pouvoir exécutif, fit à ce corps savant pour combattre le socialisme, et il publia sous le titre: du Droit de propriété (1848) une brochure remarquable parleraisonnementet par la lucidité du style.
Aprè6 avoir voté pour la présidence du prince Louis-Napoléon, dont il avait d'abord combattu la candidature, Thiers, réélu à l'Assemblée législative, prit part à tous les débats importants et put se flatter un moment de jouer de nouveau un rôle considérable sous le second Empire qui commençait à poindre, liais son attente fut trompée: lors du coup d'État du 2 décembre 1851, il fat arrêté et conduit hors du territoire français. Une fois le gouvernement impérial solidement établi, il reçut l'autorisation de rentrer à Paris. .
Depuis longtemps Thiers avait commencé un grand travail historique destiné à compléter son Histoire de la Révolution. C'est Y Histoire du Consulat et de F Empire, dont il publia les deux premiers volumes en 1845, et qui ne fut achevé qu'en 1862. Entre ce grand ouvrage et son Histoire de la Révolution il y a toute la différence de la jeunesse à la maturité. Le premier est sorti de la plume d'un journaliste ambitieux qui aspire à un grand avenir; le second est l'œuvre d'un homme d'État auquel il a été donné d'exercer une grande influence sur les destinées de son pays. L'auteur de Y Histoire du Consulat et de l'Empire a eu à sa disposition le plus riche trésor de documents authentiques, de papiers originaux qu'un historien puisse rassembler, et, sauf quelques longueurs auxquelles la multitude des matériaux l'a entraîné, il a su les trier avec habileté et donner on brillant tableau d'une des époques les plus remarquables de l'histoire moderne. Mais il ne faut pas chercher dans son ouvrage une appréciation impartiale des faits, ni même une sérieuse critique historique. Thiers est imbu de tous les préjugés de sa nation, et par son Histoire du Consulat et de F Empire il a été le plus puissant propagateur de ce qu'on a si bien appelé „la légende napoléonienne,*4 dont l'influence a été funeste. (Comparez Lanfrey, page 743.)
HSTOIEB DU CONSULAT IT DI i/KMPIBE (XVH, 53). 559
Le style du second ouvrage historique de Thiers se distingue par une grande clarté et une extrême simplicité.
Après s'être, pendant onze années, occupé exclusivement de ses travaux littéraires, Thiers entra, en 1863, dans r arène politique comme membre de l'opposition dans «le Oorps législatif. En 1870 il combattit, dans cette assemblée, la déclaration de la guerre contre l'Allemagne, mais surtout parce que la France ne lui semblait pas suffisamment préparée pour cette grande lutte. Après la chute de l'Empire, Thiers se chargea d'une mission diplomatique pour disposer les puissances neutres en faveur de la nouvelle république française. Au mois de février 1871, il fut élu par vingt-six départements à la fois, membre de l'Assemblée nationale qui, après s'être constituée à Bordeaux, le nomma chef du pouvoir exécutif, titre qui fut plus tard changé en celui de président de la république. Après avoir vaincu l'insurrection socialiste qui avait institué à Paris une commune, Thiers s'efforça de rendre la tranquillité au pays épuisé par la guerre étrangère et la guerre civile, et d'obtenir la libération du territoire par le payement anticipé de l'indemnité due à l'Allemagne. H touchait au but, lorsqu'il fut renversé du pouvoir, au mois de mai 1873, par une coalition parlementaire des partis monarchiques.
Thiers est mort en 1877, à Saint-Germain près de Paris.