‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 395 sur 514 · HISTOIRE DU CONSULAT ET DE L'EMPIBE (XVH · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU CONSULAT ET DE L'EMPIBE (XVH

ainsi gagner du temps. Mais Belliard et ceux qui r entourent s'efforcent de le dissuader. »H est trop tard, lui dit Belliard, pour nous rendre à Paris; l'armée a dû le quitter; l'ennemi y sera bientôt, s'il n'y est déjà. — Hais, répond Napoléon, Tannée, nous la ramènerons en avant, l'ennemi, nous le jetterons hors de Paris; mes braves Parisiens entendront ma voix, ils se lèveront tous pour refouler les barbares hors de leurs murs. — Ah 1 Sire, il est trop tard, répète Belliard, l'infanterie est là qui me suit; d'ailleurs nous avons signé une capitulation qui ne nous permet pas de rentrer. — Une capitulation! et qui donc a été assez lâche pour en signer une? — De braves gens, Sire, qui ne pouvaient faire autrement.* — Au milieu de ce colloque, Napoléon marche toujours, ne voulant rien écouter, demandant sa voiture que Oaulaincourt n'amène point, lorsqu'on aperçoit un officier d'infanterie. C'était Ourial. Napoléon l'appelle, et apprend alors que l'infanterie est là, c'est-à-dire à trois ou quatre lieues de Paris, et qu'il n'est plus temps d'y rentrer. Vaincu par les faits, par les explications qu'on lui donne, il s'arrête aux deux fontaines qui s'élèvent sur la route de Juvisy, s'assied au bord, et demeure quelque temps la tète dans ses mains, plongé dans de profondes réflexions.

On se tait, on regarde, on attend. Enfin il se lève, il demande un lieu où il puisse s abriter quelques instants. H avait fait, outre trente lieues en voiture, trente lieues à cheval, il était accablé par la fatigue, mais il ne la sentait pas. Il voulait une table, de la lumière, pour étaler ses cartes, pour donner ses ordres. On se rend chez le maître de poste voisin. On fait luire un peu de lumière, et on aperçoit enfin son visage, qui conservait un reste d'animation, mais sans aucun trouble, et ne laissait paraître qu'une invincible énergie.

On étale des cartes; il examine, réfléchit, puis il dit: »Si j'avais ici Tannée, tout serait réparé! Alexandre va se montrer aux Parisiens; il n'est pas méchant, il ne veut pas brûler Paris, il ne veut que se faire voir à cette grande ville. Il passera demain une revue, il aura une partie de ses soldats à droite de la Seine, une autre à gauche ; il en aura une portion dans Paris, une autre dehors, et, dans cette position, si j'avais mon armée, je les écraserais tous. La population se joindrait à moi, jetterait ce qu'elle a de plus lourd sur la tète des alliés, les paysans de la Bourgogne les achèveraient II n'en, reviendrait pas un sur le Rhin, la grandeur de la France serait refaite. Si j'avais l'année! mais je ne l'aurai que dans trois ou quatre jours. Ah! pourquoi ne pas tenir quelques heures de plus?c .... — Et en proférant ces paroles, Napoléon va et vient dans la pièce fort petite qui le contient à peine avec les témoins peu nombreux de cette scène étrange .... — Pour le calmer, M. de Oaulaincourt lui dit: *Mais, Sire, Tannée viendra, et dans quatre jours Votre Majesté pourra encore faire ce qu'elle ferait aujourd'hui.* — Napoléon qui jusque-là ne semblait ni écouter ni saisir ce qu'on lui disait, relève tout à coup la tète, va droit à M. de Oaulaincourt, et lui, qui n'avait jamais paru admettre la possibilité d'une révolution, s'écrie: >AhI Oaulaincourt, tous ne connaissez pas les hommes! Trois jours, deux jours! vous ne savez pas tout ce qu'on peut faire dans un temps si court. Vous ne savez pas tout ce qu'on fera jouer d'intrigues contre moi; vous ne savez pas combien il y a d'hommes qui me quitteront. Je vous les

a Plats, Mamtl iê ÏÀtUratmt française. 10» éd. 35

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nommerai tous, si vous voulez.. Tenez, on prétend que j'ai ordonné de faire sortir de Paris l'Impératrice et mon fils; la chose est vraie, mais je ne puis pas tout dire. L'Impératrice est une enfant, on se serait servi d'elle contre moi, et Dieu sait quels actes on lui aurait arrachés! .... Mais oublions ces misères. Trois jours, quatre jouis, c'est bien long! Pourtant l'armée arrivera, et si on me seconde, la France peut être sauvée.* — Napoléon se tait, réfléchit, fait encore quelques pas toiyours rapides, puis, avec l'accent de l'inspiration: iGaulainoourt, s'écrie-fc-il, je tiens nos ennemis; Dieu me les livre! je les écraserai dans Paris, mais il faut gagner du temps. (Test vous qui m'aiderez à le gagner.* — Alors, indiquant qu'il voulait être seul, Û demeure avec M. de Caulaincourt, et lui expose ses idées, qui sont les suivantes. Il faut que M. de Caulaincourt se rende à Paris, aille voir Alexandre, duquel il sera bien accueilli, qu'A fasse appel aux souvenirs de ce prince, qu'il cherche à réveiller ses anciens sentiments, qu'il lui fasse entrevoir les dangers qui le menacent dans cette grande capitale, Napoléon surtout approchant avec soixante mille hommes, en recueillant vingt mille qui sortent de Paris, les uns et les autres avides de vengeance, et voulant à tout prix relever l'honneur de nos armes. Cette perspective, Alexandre, même sans qu'on la lui montre, doit en avoir l'imagination frappée, et quand on s'appliquera à la placer sous ses yeux, elle produira bien plus d'effet encore. Si, dans cette disposition d'esprit, on lui offre une paix immédiate, à des conditions qui s'approcheront de celles de Ch&tiDon,1 il ne voudra pas compromettre son triomphe, il prêtera l'oreille, il renverra M. de Caulaincourt au quartier général français. M. de Caulaincourt ira et reviendra. Trois, quatre jours seront bientôt passés, et alors, ajoute Napoléon, j'aurai l'armée, et tout sera réparé! — Mais, Sire, répond M. de Caulaincourt, ne serait-ce pas le cas de négocier sérieusement, de vous soumettre aux événements, si ce n'est aux hommes, et d'accepter les bases de Chfttillon, au moins les principales? — Non, réplique Napoléon, c'est bien assez d'avoir hésité un instant. Non, non, l'épée doit tout terminer. Cessez de mthumilier! on peut aujourd'hui encore sauver la grandeur de la France. Les chances restent belles, si vous me gagnez trois ou quatre jours. — M. de Caulaincourt, tout ferme qu'il était, avait peine à résister au torrent de cette énergie que tant de malheurs n'avaient point abattue, et il demande qu'on lui adjoigne le prince Berthier, qui a le secret des ressources dont l'Empereur dispose encore, qui est connu, estimé des souverains, qui pourra se faire écouter. Napoléon ne laisse pas achever M. de Caulaincourt. D'abord il a besoin de Berthier, qui seul connaît dans tous ses détails la distribution de l'armée sur le théâtre confus de la guerre, mais ce n'est pas sa plus forte raison. >Berthier est excellent, dit Napoléon,- il a de grandes qualités, il m'aime, je l'aime, mais il est faible. Vous n'imaginez pas ce qu'en pourraient faire les intrigants qui vont s'agiter. Allez, partez sans lui, il n'y a que vous dont la trempe puisse résister au foyer de ces intrigues.* Après ce colloque si animé, il fut convenu que Napoléon irait

1 Châtillon-êur-Seine, petite ville de Bourgogne, où Caulaincourt avait négocié avec les alliés en février et en mars 1814, et où l'on avait offert & Napoléon la frontière du Rhin.

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s'établir à Fontainebleau, qu'il y concentrerait Tannée, y réunirait les ressources qui lui restaient, et que. tandis qu'il préparerait tout pour une dernière et formidable lutte, M. de Oaulaincourt s'efforcerait sinon d'arrêter, du moins de ralentir les entreprises politiques que les alliés allaient tenter dans Paris avec le secours des mécontents, qu'A gagnerait ainsi trois ou quatre jours, qu'alors l'heure suprême du salut sonnerait, et que Napoléon paraîtrait aux portes de la capitale pour y succomber peut-être, mais pour y entraîner certainement la coalition dans sa chute.1

2. DÉPABT DE NAPOLÉON POUR LiLE D1ELBE. (VoUubm IVII, Lirro LIH)

Enfin le 20 avril au matin, Napoléon se décida à quitter Fontainebleau. Le bataillon de sa garde destiné à le suivre à l'île d'Elbe était déjà en route. La garde elle-même était campée à Fontainebleau. 11 voulut lui adresser ses adieux. H la fit ranger en cercle autour de lui, dans la cour du château, puis, en présence de ses vieux soldats profondément émus, il prononça les paroles suivantes: »Soldats, vous, mes vieux compagnons d'armes, que j'ai toujours trouvés sur le chemin de Thonneur, il faut enfin nous quitter. J'aurais pu rester plus longtemps au milieu de vous, mais il aurait fallu prolonger une lutte cruelle, ^jouter peut-être la guerre civile à la guerre étrangère, et je n'ai pu me résoudre à déchirer plus longtemps le sein de la France. Jouissez du repos que vous avez si justement acquis, et soyez heureux. Quant à moi, ne me plaignez pas. Il me reste une mission, et c'est pour la remplir que je consens à vivre, c'est de raconter à la postérité les grandes choses que nous avons faites ensemble. Je voudrais vous serrer tous dans mes bras, mais laissez-moi embrasser ce drapeau qui vous représentée .... — Alors attirant à lui le général Petit,9 qui portait le drapeau de la vieille garde, et qui était le modèle accompli de l'héroïsme modeste, il pressa sur la poitrine le drapeau et le général, au milieu des cris et des larmes des assistants, puis il se jeta dans le fond de sa voiture, les yeux humides, et ayant attendri les commissaires eux-mêmes chargés de l'accompagner.

Son voyage se fit d'abord lentement. Le général Drouot ouvrait la marche dans une voiture. Napoléon suivait, ayant dans la sienne le général Bertrand;3 les commissaires des puissances venaient ensuite. Fendant les premiers relais, des détachements à cheval de la garde accompagnèrent le cortège. Plus loin, les détachements manquant, on marcha sans escorte. Dans la partie de la France qu'on traversait, et jusqu'au milieu du Bourbonnais, Napoléon fut accueilli par les acclamations du peuple, qui tout en maudissant la conscription et les droits réunis, voyait en lui le héros malheureux et le

1 On sait que les maréchaux refusèrent de marcher sur Paris et que Napoléon I" abdiqua d'abord en faveur de son fils, le roi de Borne, pendant la minorité duquel Marie-Louise serait régente. Le projet de répence étant rejeté par les alliés, l'empereur se résigna, le 6 avril 1813, a une abdication absolue. On consentit à lui laisser 111e d'Elbe comme principauté.

* Le général Petit (1772—1866), alors général de brigade.

» Le généralBertrand (1778—1844), grand maréchal du Palais et comte de l'Empire, suivit Napoléon à l'Ile d'Elbe et ensuite à Sainte-Hélène.

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vaillant défenseur du sol national. Tandis que la foule entourait sa voiture en criant: Vive F Empereur! elle faisait entendre autour de celle des commissaires le cri: A bas les étrangers! Plusieurs fols Napoléon s'excusa auprès d'eux de manifestations qu'il ne dépendait pas de lui d'empôcher, mais qui prouvaient cependant qu'il n'était pas dans toute la Franoe aussi impopulaire qu'on avait voulu le dire. En général il s'entretenait librement et doucement avec les fonctionnaires qu'il rencontrait sur la route, recevait leurs adieux, et leur faisait les siens, avec une parfaite tranquillité d'esprit.

Bientôt le voyage devint plus pénible. Aux environs de Moulins les cris de Vive V Empereur! cessèrent, et ceux de Vive le Bai! Vivent les Bourbons! se firent entendre. Entre Moulins1 et Lyon, le peuple ne montra que de la curiosité, sans y ajouter aucun témoignage significatif. A Lyon Napoléon avait toujours compté beaucoup de partisans, sensibles à ce qu'il avait fait pour leur ville et pour leur industrie; néanmoins il y avait aussi une portion de la population qui professait des sentiments entièrement contraires. Afin d'éviter toute manifestation, on traversa Lyon pendant la nuit. Pourtant quelques cris de Vive V Empereur! accueillirent le cortège impérial. Mais ce furent les derniers. En traversant Valence* Napoléon rencontra le maréchal Augereau,' qui venait de publier une proclamation indigne, rédigée, dit-on, par le duc d'Otrante,4 et se terminant par ces mots: »Soldats, vous êtes déliés de vos serments; vous l'êtes par la nation, en qui réside la souveraineté; vous Tètes encore, s'il était nécessaire, par l'abdication même d'un homme qui, après avoir immolé des millions de victimes à sa cruelle ambition. ri a pas su mourir en soldat** — Le pauvre Augereau l'avait su encore moins, et ne s'était pas exposé à mourir sur la Saône et le Rhône, où il avait contribué par sa faiblesse et son ineptie à ruiner les affaires de la France. Napoléon, qui ne connaissait pas sa proclamation, mais qui connaissait sa triste campagne, ne lui fit cependant aucun reproche, l'accueillit avec une familiarité indulgente, et l'embrassa môme en le quittant. En avançant vers le Midi, les cris de Vive le Roi! se multiplièrent, et bientôt s'y ajoutèrent ceux-ci: A bas le tyran! A mort le tyran! — A Avignon, la population ameutée demandait avec emportement qu'on lui livrât le Corse pour le mettre en pièces et le précipiter dans le Rhône. Tandis qu'on traitait de la sorte le génie, coupable mais glorieux, dans lequel s'étaient longtemps personnifiées la prospérité et la grandeur de la France, on criait: Vivent les alliés! autour de la voiture des commissaires. Du reste cette faveur pour l'étranger était heureuse en ce moment, car sans la popularité dont jouissaient les représentants des puissances, Napoléon égorgé eût devancé dans les eaux du Rhône l'infortuné maréchal Brune.5 H fallut en effet tous les efforts des

1 JKouttnjgiuTAllier, en Bourbonnais. * Valmcesur le Rhône, enDauphiné.

* Augereau (1757^-1816), duc de Castiçlione, maréchal de l'Empire, fils d'un maçon, fut un des premiers à se détacher de l'empereur.

* Fouché (1753—1820), duc d'Otrante, ministre de la police, de 1904 à 1810 et pendant les Cent-Jours (1815).

1 Brune (1763—1816), maréchal de l'Empire, fut, peu de temps après la bataille de Waterloo, assassiné & Avignon par la populace royaliste ameutée*

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commissaires, des autorités, de la gendarmerie, pour empêcher un horrible forfait. A Orgon,1 on annonçait un nombreux rassemblement de peuple et des scènes plus violentes encore. Ces populations ardentes, exaspérées par la conscription, par les droits réunis, et par une longue privation de tout commerce, étaient royalistes en 1814 comme elles avaient été terroristes en 1793 et n'avaient besoin que d'une occasion pour se montrer aussi sanguinaires. Les commissaires, chargés d'une immense responsabilité, ne virent d'autre moyen d'échapper an péril que de faire prendre à Napoléon un déguisement, et on l'obligea de revêtir un uniforme étranger, afin qu'il parût être un des officiers composant le cortège. Cette humiliation, la plus douloureuse qu'il eût encore subie, avait été, on s'en souvient, présente à son esprit lorsqu'il avait avalé le poison préparé par le docteur Yvan;* et pourtant, toute douloureuse qu'elle était, on put bientôt reconnaître à quel point elle était nécessaire. Lorsqu'on eut atteint la petite ville d'Orgon, le peuple, armé d'une potence, se présenta en demandant le tyran, et se jeta sur la voiture impériale pour rouvrir de force. Elle ne contenait que le général Bertrand, qui peutêtre eût payé' de sa vie la fureur excitée contre son maître, si M. de Schouvaloff se jetant à bas de sa voiture, et, comme tous les Russes, parlant très bien le français, n'eût cherché à réveiller chez ces furieux les sentiments que devait inspirer un vaincu, un prisonnier. Au surplus son uniforme russe servit M. de Schouvaloff plus que son langage, et il parvint à calmer les plus emportés. Pendant oe temps les voitures échappèrent au péril. Aux relais suivants, les scènes de violence allèrent en diminuant, et elles cessèrent tout à fait en approchant de la mer.

Durant ces cruelles épreuves, Napoléon immobile, silencieux, affectant le plus souvent le mépris, ne put cependant demeurer toujours insensible aux cris répétés de la haine publique, et une fois enfin il fondit en larmes. Il se remit promptement et tâcha de reprendre une hautaine impassibilité, sans pouvoir toutefois s'empêcher de sentir, à travers la bassesse de ces démonstrations, cette tardive mais infaillible justice des choses, qui serait odieuse à contempler, si on ne la considérait que dans les vils instruments qu'elle emploie, mais qui parait bientôt, si on élève la vue jusqu'à elle, aussi profonde que terriblement rémunératrice. Il ne reste aux grands esprits qui l'ont provoquée par leurs fautes, qu'un honneur, une consolation, c'est de la reconnaître, de la comprendre, et de se résigner à ses arrêts. Après avoir fait couler, non par méchanceté de cœur, mais par excès d'ambition, plus de sang que n'en versèrent les conquérants d'Asie, Napoléon sentait bien, sans le dire, qu'il s'était exposé à ces violentes manifestations de la multitude. Hélas! elle a souvent traîné

1 Org<m> petite ville de Provence, située sur la Durance.

* Napoléon avait tenté, à Fontainebleau, de s'empoisonner avec une potion d'opium que son médecin Yvan lui avait préparée en Russie, en 1812, le lendemain de la bataille de Malo-Jaroslawetz, après laquelle une soudaine irruption des Cosaques avait mis sa personne en péril.

(Quelques historiens modernes ont mis en doute la sincérité de cette tentative de suicide, qui n'est racontée que par Thiers.)

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dans une boue sanglante des sages, des héros vertueux, qui n'avaient mérité que ses hommages, et il faut bien avouer que, si elle n'avait jamais été plus basse qu'en cette occasion, il lui était souvent arrivé d'être plus injuste!

Ce supplice fut terrible, mais, heureusement, court Napoléon trouva au golfe de Saint-Raphaël une frégate anglaise, VUndatmtëd, que le» colonel Campbell (commissaire pour l'Angleterre) avait fiait préparer. Il s'embarqua le 28 avril pour l'Ile d'Elbe et jeta l'ancre le 3 mai dans la rade de Porto-Femgo. Le lendemain 4, il débarqua au milieu des cris de joie d'une population qui était flère d'avoir pour souverain ce monarque tombé du plus grand des trônes, apportant disait-on, d'immenses trésors, et devant combler l'Ile de bienfaits. Pour le dédommager des hommages de l'univers, il avait ainsi les applaudissements de quelques mille insulaires vivant de la pèche ou du travail des mines! Vaine et cruelle comédie des choses humaines! Napoléon. empereur du grand Empire qui s'était étendu de Borne à Lubeck, Napoléon était aujourd'hui le monarque applaudi de ltle d'Elbe!

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