‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 40 sur 514 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

d'aultres desquels les pères avoient toujours combattu avecques nioy. T'ayant si fort obligé, tu as entreprins de me tuer. — A quoy Cinna s'estant escrié qu'il estoit bien esloigné d'une si meschante pensée: Tu ne me tiens pas, Cinna, ce que tu m'avois promis, suyvit Auguste: tu m'avois asseuré que je ne seroy pas interrompu. Ouy, tu as entreprins de me tuer en tel lieu, tel jour en telle compaignie, et de telle façon. — Et le veoyant transy de ces nouvelles, et en silence, non plus pour tenir le marché de se taire, mais de la presse de sa conscience: rourquoy, adjou8ta il, le fais tu? Est ce pour estre empereur? Vrayement il va bien mal à la chose publicque, s'il n'y a que moy qui t'empesche d'arriver à l'empire. Tu ne peulx pas seulement deffendre ta maison, et perdis dernièrement un procez par la faveur d'un simple libertin.1 Quoy? n'as tu moyen ni pouvoir en aultre chose qu'à entreprendre César? Je le quitte, s'il n'y a que moy qui empesche tes espérances. Penses tu que Paulus, que Fabius, que les Cosseens et Serviliens te souffrent, et une si grande troupe de nobles, non seulement nobles de nom, mais qui, par leur vertu, honorent leur noblesse? — Aprez plusieurs aultres propos (car il parla à luy plus de deux heures entières): Or va, luy dict il, je te donne. Cinna, la vie à traistre et à parricide, que je te donnay autrefois à ennemy; que l'amitié commence de ce jourd'huy entre nous; essayons qui de nous deux de meilleure foy, moy t'aye donné ta vie. ou tu l'ayes receue.

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