ACTE IV, SCÈNE IV
Hebnani (sortant du groupe des conjurés).
Je prétends qu'on me compte!
(A dm Carlos.) Puisqu'il s'agit de hache ici, que Hernani, Pâtre obscur, sous tes pieds passerait impuni, Puisque son front n'est plus au niveau de ton glaive, Puisqu'il faut être grand pour mourir, je me lève. Dieu, qui donne le sceptre et qui te le donna, M'a fait duc de Segorbe et duc de Oardona, Marquis de Monroy, comte Albatera, vicomte De Gor, seigneur de lieux dont j'ignore le compte.1 Je suis Jean d'Aragon, grand-maître d'Avis, né Dans l'exil, fils proscrit d'un père assassiné Par sentence du tien, roi Carlos de Oastille! Le meurtre est entre nous affaire de famille. Vous avez l'échaiaud, nous avons le poignard. Donc le ciel m'a fait duc, et l'exil montagnard. Mais puisque j'ai sans fruit aiguisé mon épée Sur les monts et dans l'eau des torrents retrempée, ....
(U met son chapeau.)
(Aux autres conjurés*) Couvrons-nous, grands d'Espagne!
1 C'est le pendant de la locution familière: Cet homme ne comuàt pas sa fortune, pour dire qu'il est excessivement riche. Hernani est si noble qu'il ne connaît pas toute sa noblesse.