HERNANI (ACTE IV, SCÈNE IV
(Tous les Espagnols se couvrent.) (A don Carlos.)
Oui, nos têtes, 6 roi, Ont le droit de tomber couvertes devant toi!
(Aux prisonniers.) — Sîlva, Haro, Lara, gens de titre et de race, Place à Jean d'Aragon! ducs et comtes, ma place! (Aux courtisans et aux gardes.)
Je suis Jean d'Aragon, roi, bourreaux et valets! Et si vos éohafauds sont petits, changez-les!
(B vient se joindre au groupe des' seigneurs prisonniers.) DorfA Sol. Ciel!
Don Oablos. En effet, j'avais oublié cette histoire. Hebnanï. Celui dont le flanc saigne a meilleure mémoire. L'afjfront que l'offenseur oublie en insensé Vit, et toqjours remue au cœur de l'offensé!
Don Oablos. Donc je suis, c'est un titre à n'en point vouloir d'autres, Fils de pères qui font choir la tète des vôtres!
Dora Sol (se jetant à genoux devant V empereur).
Sire, pardon! pitié! sire, soyez dément! Ou frappez-nous tous deux, car il est mon amant, Mon époux! en lui seul je respire. Oh! je tremble. Sire, ayez la pitié de nous tuer ensemble! Majesté! je me traîne à vos sacrés genoux! Je l'aime 1 il est à moi, comme l'empire à vous! Oh! grâce!
(Don Carlos la regarde immobile.)
Quel penser sinistre vous absorbe? .... — Don Oablos. Allons! relevez-vous, duchesse de Segorbe,
Comtesse Albatera, marquise de Monroy
(A Hernani.)
— Tes autres noms, don Juan?
Hebnani. Qui parle ainsi? le roi?
Don Oablos. Non, l'empereur.
Dona Sol. (se relevant). Grand Dieu! Don Oablos (la montrant à Hernani). Duc, voilà ton épouse.
Ainsi l'empereur inaugure son règne en Allemagne par un grand acte de générosité, d'autant plus méritoire qu'il triomphe de sa propre passion pour dofia Sol.
Le cinquième acte, qui est intitulé la Noce, nous montre les heureux époux le jour où us ont reçu la bénédiction nuptiale. Ils célèbrent leur bonheur dans de beaux vers, lorsque tout à coup ils entendent de loin le son d'un cor. Hernani le reconnaît et tressaille. Ce cor, c'est le sien, et d'après sa propre promesse, il lui annonce la mort. Dofia Sol s'agewraille devant le vieillard et demande la grâce de son époux. Le vieux gentilhomme reste inexorable. Hernani hésite un moment, mais don Roy Gomes lui dit:
Puisque je n'ai céans affaire qu'à deux femmes,
Don Juan, il faut qu'ailleurs j'aille chercher des Ames.
Tu fais de beaux serments par le sauf dont ta sors, Et je vais à ton père en parler chez les morts I Ces paroles loi rappellent son devoir de gentilhomme. Hernani et dofia Sol boivent le poison d'une fiole que don Ray Gomez a eu la précaution d'apporter. Après les avoir vos mourir, le vieillard se tue à son tour.