‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 43 sur 514 · MALHERBE · texte numérisé non relu

MALHERBE

L'avènement de François de Malherbe (1555 — 1628) fait époque dans rhistoire de la langue et de la littérature françaises, ce que Bofleau exprime si bien en s' écriant: Enfin Malherbe vint . . .l

Né à Caen en Normandie, Malherbe passa en Provence, s'y établit et commençait à s'y faire un nom, lorsqu'on 1605 Henri IV U589 — 1610) l'attacha à sa cour. Marie de Médicis et Louis XIII «1610 — 1643) le traitèrent aussi avec faveur, mais il vécut et mourut pauvre, ayant donné plus de temps à ses vers qu'au soin de sa fortune. Doué d'un esprit plus vigoureux que fécond, d'un jugement droit et d'un goût sévère plutôt que d'une imagination brillante, poète par art et grammairien par nature, Malherbe entreprit la réforme tout à la fois de la versification et de la langue. Il l'épura <u rejetant ce qui était contraire à son génie, et il perfectionna la forme du vers.9 Il poursuivit son œuvre avec une persévérance extraordinaire et un succès inouï. Pendant près de vingt ans Mal-

1 Dans Y Art poétique, 1er chant; voyez page 231 de ce Manuel.

1 Ce fut Malherbe qui interdit Y hiatus, fixa la place de la césure à la «• syllabe de l'alexandrin, défendit les rimes trop faciles et proscrivit ' Tfl'aaifwmmif , que Victor Hugo et Alfred de Musset ont remis à la mode.

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