‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 437 sur 514 · ÏAMBES · texte numérisé non relu

ÏAMBES

C'était une cavale1 indomptable et rebelle,

Sans frein d'acier ni rênes d'or; Une jument sauvage à la croupe rustique,

Fumante encor du sang des rois; Hais fière, et d'un pied fort heurtant le sol antique,

Libre pour la première fois!

Jamais aucune main n'avait passé sur elle

Pour la flétrir et l'outrager; Jamais ses torges flancs n'avaient porté la selle

Et le harnais de l'étranger; Tout son poil reluisait, et, belle vagabonde,

L'œil haut, la croupe en mouvement, Sur ses jarrets dressée, elle effrayait le monde

Du bruit de son hennissement.

Tu parus, et sitôt que tu vis son allure,

Ses reins si souples et dispos, Centaure impétueux, tu pris sa chevelure,

Tu montas botté sur son dos.

Alors, comme elle aimait les rumeurs de la guerre,

La poudre, les tambours battants, Pour champ de course, alors, tu lui donnas la terre,

Et des combats pour passe-temps:

Alors, plus de repos, plus de nuits, plus de sommes,

Toujours l'air, toujours le travail, Toujours comme du sable écraser des corps d'hommes,

Toujours du sang jusqu'au poitrail!

Quinze ans, son dur sabot dans sa course rapide

Broya des générations; Quinze ans, elle passa fumante, à toute bride,

Sur le ventre des nations.

Enfin, lasse d'aller sans finir sa carrière,

D'aller sans user son chemin, De pétrir l'univers, et comme une poussière,

De soulever le genre humain, Les jarrets épuisés, haletante et sans force,

Près de fléchir à chaque pas, Elle demanda grâce à son cavalier corse;

Mais, bourreau, tu n'écoutas pas!

Tu la pressas plus fort de ta cuisse nerveuse;

Pour étouffer ses cris ardents, Tu retournas le mors dans sa bouche baveuse,

De fureur tu brisas ses dents; Elle se releva; mais un jour de bataille,

Ne pouvant plus mordre ses freins, Mourante, elle tomba sur un lit de mitraille,3

Et du coup te cassa les reins.

1 Le mot France étant du genre féminin, le poète a dû employer au figuré les féminins cavale et jument. En allemand il faudra employer ici les mots JRofe, ©djtadjttoft.

2 Allusion à la bataille de Waterloo.

NOTICE BIOGRAPHIQUE ET UTTÉRAffiE.1

DÉSIRÉ NISARD est né en 1806 à Châtillon-sur-Seine. H fit d* brillantes études an collège Sainte-Barbe, à Paris, fut d'abord journaliste et écrivit dans le Journal des Débats, qui serrait alors la cause libérale, et fut plus tard attaché à la rédaction du National Aussi classique et réactionnaire en littérature que libéral en politique. Nisard fut un des principaux antagonistes du romantisme.8 Son premier livre important, Ias Poètes latins de la décadence (1834V offre une comparaison prolongée entre la décadence de la littérature latine et celle qu'il tient à constater dans la littérature français*, entre Lucain3 et Victor Hugo.3 Guizot,* alors ministre dt* l'instruction publique, frappé des doctrines et du talent de l'auteur, le nomma, de préférence à Sainte-Beuve,5 maître de conférences de littérature française à l'École normale.6 En 1836, Nisard fat nommé chef du secrétariat au ministère de l'instruction publique et maître des requêtes au conseil d'État.7 L'année suivante, il devint, au ministère de l'instruction publique, chef de la division des sciences et des lettres. H fut élu député en 1842; mais il n'aborda la tribune que pour parler sur des matières d'enseignement. Dès 1843, Villemain,8 alors ministre de l'instruction publique, l'appela à la chaire d'éloquence latine au Collège de France.9 C'est après cette époque qu'il commença la plus importante de ses publications, V Histoire de la littérature française, ouvrage des plus remarquables, quoique écrit dans un esprit de partialité pour les classiques, et qui assigne à. son auteur une place parmi les meilleurs prosateurs français de notre temps. Cet ouvrage n'a été achevé qu'en 1861.

La révolution de Février enleva à Nisard toutes ses places, à l'exception de sa chaire au Collège de France. En 1850, il fut élu membre de l'Académie française. Après qu'il se fut tenu quatre ans à l'écart de toute agitation politique, il se fit dans les opinions de Nisard un revirement en faveur du pouvoir, et il accepta de nouveau des fonctions publiques. H fut nommé, en 1852, inspecteur général de l'enseignement supérieur; il a été de 1857 à 1867, directeur de l'École normale, et sénateur depuis 1867 jusqu'à la chute du second Empire. Nisard est mort en 1888.

1 D'après Vapereau, Dictionnaire des Contemporains.

2 Lucain (Marcus Annaeus Lucantts), né Tan 38 après J.-C. à Cordoue, en Espagne, auteur de la Iharsalc (Pharsalia), poème épique en dix livres, dont le sujet est la guerre entre Pompée et César.

8 Voyez page 592.

4 Guizot; voyez page 487. B Sainte-Beuve; voyez page 622.

6 École normale; voyez page 502, note 2. 7 Voyez page 502, note 3.

8 Villemain; voyez page 502.

9 Collège de France; voyez page 409, note 1.

LA LANGUE FRANÇAISE IMAGE DE L'ESPRIT FRANÇAIS (i, 5).

A défaut d'une définition précise et directe, l'esprit français se < aractériserait suffisamment par la nature môme de la langue française, par sa constitution, par ses qualités, qui, entre toutes les langues littéraires modernes, la rendent la plus propre à exprimer des idées générales.

11 suffit de considérer à quelles conditions, en France, on est écrivain, pour se convaincre que c'est une langue toute d'appropriation et de communication. Elle n'est, dans la main de l'écrivain, qu'un instrument pour communiquer des idées qui touchent tout le inonde, et non une forme complaisante qui l'aide à jouir solitairement de son esprit, à s'entendre lui-même à demi-mot. Elle ne veut être bornée ni à l'individu qui s'en sert, ni au pays qui la parle. Elle n'est exclusivement ni individuelle, ni locale.

Je regarde d'abord sa nature, et je n'y trouve ni accent ni inversion.1 Or, c'est par l'accent et l'inversion, ce semble, que se marque, dans une langue, le tempérament particulier d'une nation ; c'en est le caractère le plus local. L'accent dépend d'une disposition des organes de la voix, déterminée par la constitution physique du pays; l'inver- «on dépend du tour d'imagination propre à ce pays. Notre langue coule des lèvres sans contraction et sans effort. Les aspirations qui renforcent les sons ne figurent, dans le corps de ses règles, qu'à titre d'exceptions; les atténuations ou les élisions de certaines parties de mots, qui semblent des moyens d'éluder certaines difficultés de prononciation, y sont inconnues. Notre langage est unique sous ce rapport, avec quelque langue, ancienne ou moderne, qu'on la compare. •Je veux bien n'y pas voir un privilège: mais si ce caractère n'est propre qu'à elle, et si d'ailleurs il n'a pas empoché que, depuis trois siècles, l'Europe politique et savante n'ait tenu à honneur de savoir le français, il faut bien n'y pas voir une marque d'infériorité.

J'en dirai autant de l'absence d'inversion. Le caprice et la mode ont vainement essayé de naturaliser l'inversion parmi nous: ces tentatives ont toujours échoué. Notre langue suit Tordre logique des idées; et Tordre logique, c'est l'arrangement des choses selon la raison. Je sais bien que, dans les langues à inversion, la raison

3 II est vrai qu'en français Yaccent tonique ne se fait pas entendre avec le même degré de force que dans d'antres langues, et que Yinversion y est infiniment pins restreinte qu'en allemand, par exemple. Mais ni l'accent ni l'inversion ne sont entièrement étrangers à la laiîgue française. Bien que l'accent oratoire domine en français, il est assez généralement admis aujourd'hui qu'un léger accent tonique se trouve dans la plupart <teë mots sur la dernière syllabe, quand elle n'est pas muette, et sur l'aTant-denûère ou pénultième, quand la dernière syllabe est muette. Voyez Littré, Dictionnaire, au mot Accent et Quiohbrat, Traité de vinification française, page 14.

L'auteur de ce Manuel a traité en détail la question de l'accent tonique dans un petit livre intitulé: Systematische DarsieUung der franz. Auuprache, 12- éd. 1889.

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finit par trouver Bon compte. Je sais que ce désordre, chez !$ écrivains habiles, n'est qu'une interversion calculée et savante d» Tordre naturel; mais encore, pour s'y reconnaître, faut-il que l'esprit passe par deux états. Dans le premier, qui est tout passif, il reçor les choses telles que le caprice ou le goût dq l'écrivain les a disposées dans le second, qui est tout actif, il substitue à cet arrangement l'ordrlogique. Notre langue va au but par un seul chemin, et ce chemh est le plus direct. Les choses s'y rangent tout d'abord dans l'ordr-logique. Les mots sont comme des déductions invincibles les uns des autres, et il n'est pas besoin d'une opération particulière qui rétablisse l'ordre naturel, dérangé par l'artifice de l'inversion. L'inversion siec bien aux peuples chez qui l'imagination et la sensibilité dominent U, raison. Elle flatte également deux dispositions contraires, soit l'extrême impatience, qui ne peut pas s'accorder de la lenteur de l'ordre logique, soit l'extrême paresse, qui ne veut pas aller droit aux choses, et qui se plaît aux détours, comme la menant au but du pas dont elle aim* à marcher. Mais à nous l'inversion est antipathique, parce que nous sommes également loin de l'extrême impatience et de l'extrême paresse: ni jamais assez pressés pour vouloir dévorer le chemin, ni jamais assez languissants pour l'allonger à plaisir. Les étrangers, ou ceux de nos nationaux qui ne s'accommodent pas du train de notre langue, peuvent y voir un désavantage. Je n'en veux pas décider; c'est assez pour mon objet que, de l'aveu de tout le monde, l'absence d'inversion soit un des caractères distinctifs de notre langue.

Dans les principales conditions de notre langue, — je veux bien ne pas dire privilèges, pour échapper à l'envie, — la clarté, la précision, la propriété, la liaison, qu'y a-t-il pour la commodité de l'écrivain? Ces qualités d'obligation, sans lesquelles on n'écrit rien de durable en France, sont comme autant de privilèges pour le lecteur: pour l'écrivain, ce sont des charges et des (Jevoirs. Quiconque a tenn une plume sait ce qu'il en coûte pour être goûté, ou seulement pour n'être pas rebuté. Que d'efforts pour être clair, simple, précis, pour ne se servir que des termes propres, c'est-à-dire pour n'être pas un méchant écrivain!

De là chez presque tous ceux qui ont du goût, une grande répugnance à écrire. Ils sentent la difficulté, et ils craignent la fatigue, que ne paye pas toujours le succès. Aussi n'y a-t-il d'écrivains résolus que ceux qui sont doués extraordinairement, ou cette foule qui n'a pas conscience de la difficulté.

Au reste, l'art n'est pas facile, même aux mieux doués. Ce que l'histoire anecdotique de nos grands écrivains nous raconte de ces manuscrits raturés à toutes les lignes, de ces rédactions premières qui n'ont été que des tâtonnements laborieux vers la rédaction définitive, nous autorise à dire que la langue française, si complaisante pour le lecteur, est sans pitié pour l'écrivain.

Pour écrire clairement en français, c'est-à-dire, pour arracher les idées de ce fonds obscur où nous les concevons, et les amener à la pleine lumière, que d'efforts et de travail! Si nous ne les voyions pas dan? le lointain, poindre devant nous comme des lueurs qui nous attirent invinciblement et nous dérobent la longueur du chemin, qui doue s'exposerait à ce rude labeur? Quelques-unes naissent spontanément

>t tout exprimées; c'est la facile conquête de ceux qui sont nés sous ine constellation heureuse: mais combien d'autres qui sont le fruit l'une poursuite ingrate; qu'il faut remanier sans cesse; qui, après ivoir contenté un moment l'écrivain, le dégoûtent; qui ne paraissent amais qu'une image imparfaite du vrai, mais non le vrai lui-même! Faut-il parler de la défiance que doit avoir l'écrivain de cette demiclarté trompeuse, qui peut lui suffire, mais qui laisse le lecteur ians les ténèbres? La douceur même que donne une vérité clairement vue ne lui est permise que le jour où tout le monde la verra ïomme lui; jusque4à, c'est peut-être un piège. Malheur à qui se contente trop facilement! Molière l'a dit: c'est une marque de médiocrité d'esprit Les joies de l'art sont rares et austères: ce n'est que le plus noble de tous les travaux imposés à la race d'Adam. L'écrivain qui jouit tout seul de son esprit ne mérite guère plus d'estime qu'un oisif, dans une société où tout le monde travaille.

De même, avant d'être précis, combien de fois n'est-on pas vague! Que de termes qui n'appartiennent pas à la langue du sujet, et qui s'y introduisent par le relâchement de l'attention, par la mémoire, par l'imitation! Que d'autres, dont l'usage ou plutôt la mode du jour se sont emparés, et dont le sens est étendu à tant de choses qu'il ne désigne plus rien de distinct! Que de tours languissants et embarrassés se présentent avant le vrai tour, le seul qui donne à la pensée sa physionomie et son mouvement! Combien d'expressions qui ne déterminent pas les choses, et dont nous sommes si prompts à nous contenter, soit mollesse de conception, soit fatigue ou paresse! Combien d'inexactitudes dans l'effort même que nous faisons pour être exacts! Combien d'illusions dans l'emploi de ce que nous appelons les nuances, lesquelles, au lieu d'être des aspects différents de la pensée, ne sont souvent que de vaines images qui nous la cachent!

Les figures, les métaphores, sont des pièges du même genre, et dont il n'est guère plus facile de se garder. A qui n'en vientril pas dans l'esprit par cette porte banale de la mémoire, toujours ouverte à tout ce qui est imitation et mode? Notre langue ne souffre point ces ombres qui se placent entre notre pensée et nous; c'est le premier devoir de l'écrivain de s'en défier, ou plutôt de les chasser courageusement, comme Énée dissipait les ombres avec son épée. Ces images sont le plus souvent des effets du sang, des fumées qui montent au cerveau. Les littératures les plus riches en images sont les plus pauvres en idées. Certains écrivains sont pleins d'images; tout reluit, tout brille, tout étincelle; mettez tout cela au creuset: pour quelques parcelles d'or, que de cendre! L'image ne doit être que le dernier degré d'exactitude, ou plutôt elle ne doit être que la pensée ellemême exprimée en perfection; mais, pour une qui remplit cet office, combien qui ne sont que des apparences de la pensée!

Enfin, quel esprit cultivé ne sera pas d'accord avec moi sur ce qu'il en coûte dans notre langue, pour lier le discours et n'y employer que les termes propres? Pour la propriété, ce n'est pas assez d'être bien doué; 0 faut savoir la langue, et avoir pesé dans les écrits des modèles ce que valent les mots dont nous nous servirons à notre tour. Il faut que l'étude les place dans notre mémoire, avec le titre qu'ils ont reçu des hommes de génie, lesquels font des mots une monnaie

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à effigie, dont la valeur est déterminée. Puis, c'est à l'inspiration de les en "tirer, de les animer de notre propre vie, en sorte qu'il? aient une même valeur de circulation pour tout le monde et que. par remploi que nous en faisons, ils nous appartiennent en propre. Ainsi l'écrivain doit réunir deux qualités qui semblent s'exclure: 0 doit être savant et inspiré. S'il n'est que savant, il répétera froidement %et sans effet ce qui a été mieux dit par d'autres; s'fl n'est qu'inspiré, il risquera de parler dans une langue qui ne sera compris que de lui.

Quant à la liaison, à cette suite et à oett* jointure des idées. dont Horace a admiré la puissance en homme qui en avait senti la difficulté, que d'efforts d'attention n'y faut-il pas! Que de fois la force d'esprit qui doit tenir toutes ces pièces rangées ne fléchit-elle point 1 Quel soin pour disposer dans l'ordre naturel tant de pensées qui se présentent isolément et avant leur tour, pour reconnaître le* points par où elles se touchent, pour faire un tissu indestructible de tous ces fils1 dispersés!

La réunion de ces diverses conditions, une certaine facilité apparente qui cache au lecteur jusqu'à la trace des efforts qu'elle a coûtés, voilà ce qui constitue un bon écrit, ou plutôt une chose écrite en français. Car je ne donne pas ici le secret du génie; sais-je ce secret? et qui le sait? J'indique ce que la langue française veut de quiconque prend la plume; et ces réflexions sur les lois du discours regardent, non ceux qui ont le don du discours, mais ces esprits en grand nombre, qui peuvent se perfectionner par la culture et tirer du travail des ressources qui les sauvent du ridicule de mal écrire.

Ces qualités fondamentales de notre langue n'ont pas été refusées aux autres langues modernes; on les y reconnaît dans les bons auteurs, et elles y sont appréciées par les esprits cultivés. Mais elles sont, pour ainsi dire, au hasard du génie; quiconque les voudrait imposer comme des conditions ne serait pas souffert. Ce qui est pour la France comme une sorte de constitution écrite dans des grammaires et des vocabulaires officiels, consacrés, et, si le temps n'avait pas tout relâché, défendus par des corps institués pour cet emploi, est, chez les autres nations une faculté individuelle uniquement réglée par le succès. Là tout est en faveur de l'écrivain: plutôt que de gêner sa liberté, ces langues se condamnent à être éternellement flottantes, et à s'accroître à l'infini.

1 Prononcer file (fil gûben, du latin fUurn), tandis que dans fil* (€of)n, du latin filius), Ys s'entend au singulier et au pluriel.

GUSTAVE PLANCHE, né à Paris en 1808, mort en 1857, était le fils d'un riche pharmacien. Il fit de brillantes études au* collège Bourbon, résista à la volonté de son père, qui espérait avoir en lui un successeur dans sou officine, et s'occupa exclusivement de beauxarts et de littérature. A vingt-deux ans, il débuta comme écrivain dans F Artiste, entra ensuite à la Revue des deux Mondée et publia dans ce recueil un grand nombre dé revues de salon3 et d'appréciations littéraires et musicales. En 1833, il partit pour l'Italie, où il passa près de huit années à étudier les chefs-d'œuvre de l'art et où il dépensa tout son patrimoine. A son retour, en 1846, il reprit la plume du critique dans la Revue des deux Mondes, Les comptes rendus sur la littérature et les arts qu'il donna à ce recueil et à d'autres journaux lui assignent une place éminente parmi les critiques contemporains. Ces appréciations écrites dans un style précis et net, plus solide que brillant, ont rendu de grands services à la littérature française. Son indépendance lui avait fait de nombreux ennemis, mais tous ont rendu justice aux qualités sérieuses de son talent et à son caractère honorable. Nous donnons, comme échantillon de sa manière, ses articles sur les historiens Thierry et Hichelet.

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