LA CIGUË
La scène est à Athènes, dans la maison de Clinias. Le théâtre représente une chambre avec des meubles antiques; à la gauche dn spectateur une table chargée de flacons et de fruits. Clinias et ses amis Cléon et Paris, tous trois couchés sur des lits de repos autour de la table.
Aoto I, Scène I.
Pàhib (après un silènes de quelques secondes). Quoi! ne trouvons-nous rien à dire en nos cervelles? Entre trois?
Cuboh. Voulez-vous apprendre les nouvelles? Périclèe ....
Paris. Périclèe! A l'autre maintenant! Cléon. A fait accroire au peuple ....
Paris. O l'homme surprenant, Qui s'inquiète encor de la chose publique, Et croit nous divertir par de la politique!
Cléon. Laisse-moi t'achever brièvement ....
Paris. Merci; Je ne veux pas savoir ce qu'on fait hors d'ici. Buvons à nos amours!
Clinias. Toujours la même histoire!
D'amours, je n'en ai pas.
Paris. Eh bien! buvons pour boire.
Clinias. Je n'ai pas soif.
Paris. Ni moi. Mais la belle raison! La soif vient en buvant lorsque le vin est bon. Et toi, Cléon, non plus? Oh! les joyeux convives! Foin1 des fronts soucieux et des coupes oisives! Je boirai donc tout seul. {Après avoir bu.) Généreuse liqueur! Ton vin, ô Clinias, est bon comme ton cœur.
Cléon. Heureux qui peut en dire autant, et sans blasphème, Pour le vin qu'il déguste ou pour l'ami qu'il aime.
Paris. Certes! — nous possédons tous trois ce bonheur-là. L'existence superbe et douce que voilà! ....
1 Foin, exclamation qui exprime le dédain.