DESCARTES
La vie et les œuvres de Descartes (1596—1650) appartiennent à l'histoire de la philosophie. Nous ne le nommons ici qu'à titre d'auteur du Discours de la Méthode (1637), qui est un des monuments littéraires les plus remarquables du 17e siècle et, en date, le premier chef-d'œuvre de la prose française moderne.
1 Théodore de Bèze (1509—1605), un des chefs de la réformation calviniste, professeur de grec à Lausanne, plus tard successeur de Calvin à Genève. Il a publié entre autres la tragédie d'Abraham sacrifiant (1550), une traduction du Nouveau Testament (1556) et, en 1580, une Histoire ecclésiastique des églises réformées au royaume de France depuis 1521 jusqu'en 1563. 2 Voyez page 54. 8 Voyez page 63.
PlERRE CORNEILLE, surnommé le grand Corneille, naquit le n juin 1606, à Rouen, où son père était maître des eaux et forêts, *î mourut à Paris en 1684. Né sous Henri IV, il vit la mort de Louis XIII et quarante années du règne de Louis XIV. Après de frites études faites au collège des jésuites de sa ville natale, le jeune C'trneille étudia le droit, débuta au barreau et prit même la charge d'avocat général, mais il ne tarda pas à se vouer entièrement au Ifâtre. A vingt-trois ans, il fit représenter Mélite (1629), sa première •.Hiédie. Le succès fut brillant, non que la pièce fût bonne; mais eue était supérieure, par la décence des mœurs et du langage, à celles rpi réussissaient alors. Clitandre, qui suivit Mélite, est un drame fort »&bn>uillé, mais qui annonce déjà une grande puissance de combinaison. Ces premiers succès attirèrent sur l'auteur l'attention du •animal de Richelieu, et le firent admettre dans la société des auteurs szxqaels le ministre fournissait des sujets de tragédie et de comédie. Après plusieurs autres pièces oubliées aujourd'hui, Corneille donna AT. théâtre Médée, œuvre imparfaite, sans doute, mais qui annonçait su poète tragique. En 1686 parut le Cid, le premier en date des caete-d'œuvre de Corneille. Cette tragédie eut un immense succès. Efefaeliea s'en émut au point d'en être jaloux. L'Académie française. qcH venait de fonder, reçut de son maître et protecteur l'ordre de prononcer entre Corneille et Scudéri, qui avait critiqué le Cid avec amertume et insolence. Son arrêt parut sous le titre de Sentiments /> V Académie sur le Cid. Cette critique, modérée dans la forme, M injustement sévère au fond, puisqu'elle condamne le sujet comme amoral et les sentiments de Chimène comme dénaturés. Aussi ne :u-eDe point acceptée par le public, ce que Boileau exprime très Heu dans les vers suivants:
En vain contre le Cid un ministre se ligue, Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue. L'Académie en corps a beau le censurer, Le public révolté s obstine à l'admirer.2
La belle pièce du Cid, qui fait époque dans l'histoire de la tragédie <n France, fut suivie, trois ans après, d'Horace (1639), où le génie de Corneille parait dans toute sa vigueur et son originalité. Cinna (1639) <: Polyeucte (1640), qui comptent également parmi les chefs-d'œuvre <* poète, suivirent à peu de distance et avec non moins d'éclat.
Corneille, qui avait presque créé la tragédie par le Cid, inaugura par fe Menteur la comédie de caractère (1642), dix-sept ans avant Molière. L* Menteur, imité de l'espagnol comme le Cid, est devenu, aussi 4tn que le Cid, une œuvre originale. En revenant à la tragédie, Corneille échoua dans Théodore, mais il se releva par Rodogune, dont '* admire surtout le cinquième acte. Dès lors son génie commença i décliner, quoiqu'on trouve encore de belles scènes dans plusieurs te tragédies de sa dernière époque, telles que Œdipe et Sertonus.
1 D'après OKRUZEZ, Études littéraires, Paris 1856. 2 Satire IX. <\ Ptotx, Mtmmti et Uttératur* fronçait*. 10e éd. 1
On admire surtout chez Corneille l'énergie et le sublime des conceptions et particulièrement des sentiments. Son style est vigoureux, mus on peut lui reprocher parfois de l'enflure et de la subtilité.
Nous allons faire connaître au lecteur les quatre chefs-d'œuvre de Corneille: le cm, hobàce, cxnna, polteuote.1