‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 52 sur 514 · I. LE CID · texte numérisé non relu

I. LE CID

Le sujet du Cid est historique. Le héros castillan don Rodrigue, ou Ruy Diaz de Bivar, né à Burgos vers Tan 1040, mort à Valence en 1099, l'année de la prise de Jérusalem par les croisés, se signala par ses exploits sous les règnes de Ferdinand, de Sanche II et d'Alphonse VI, rois de Léon et de Castille. Le nom de Cid, c'est-à-dire seigneur, lui fut donné par les Maures vaincus. Les exploits de don Rodrigue sont racontés dans les vieilles chroniques espagnoles et célébrés dans des chants populaires imités, d'après une traduction française, par le poète allemand Herder.

Corneille, en composant sa tragédie, suit les traces du poète GKùlhem de Castro, auteur de la pièce espagnole Las Mocedades del Oid (les Faits de jeunesse du Cid), mais il le fait avec la sûreté et l'indépendance du génie, Le poète français place le lieu de la scène dans Séville. C'est un anachronisme volontaire; car Corneille savait très bien que Séville ne fut prise sur les Maures que cent cinquante ans après la mort du Cid. S'il a placé la scène de sa tragédie, c'est pour donner plus de vraisemblance la descente des Maures, qui ne pouvaient tenter une surprise que par mer.

Le Cid commence par la vengeance que Rodrigue tire d'une insulte faite à son père par le comte de Gormas. Le roi don Fernand a choisi pour gouverneur de l'infant de Castille le vieux don Diègue, père de Rodrigue. Le comte de Gormas, père de Chimène, que Rodrigue aime et dont il est aimé, prétendait à ce poste. Irrité de la préférence accordée à son rival, il s'emporte et s'oublie jusqu'à lui donner un soufflet

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