DON DIÈGUE, DON RODHIGUE
Dos Dièoue. Rodrigue, as-tu du cœur?1
Don Rodbigub. Tout autre que mon père L'éprouverait sur l'heure.
Don Diègue. Agréable colère!
I>igne ressentiment à ma douleur bien doux! Je reconnais mon sang à ce noble courroux;3 la jeunesse revit en cette ardeur si prompte. }ieusf mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte; ^ iens me venger.
Dos Rodrigue. De quoi?
Don Dièoue. D'un affront si cruel, ^à l'honneur de tous deux il porte un coup mortel: Ifim soufflet. L'insolent en eût perdu la vie; Mais mon âge a trompé ma généreuse envie: & ce fer, que mon bras ne peut plus soutenir, h le remets au tien pour venger et punir.
Va contre un arrogant éprouver ton. courage: '* n'est que dans le sang qu'on lave un tel outrage; Meurs ou tue. Au surplus, pour* ne te point flatter, 1* te donne à combattre un» homme à redouter: Je l'ai vu, tout couvert de sang et de poussière, Porter partout l'effroi dans une armée entière.
1 Dans les romances espagnoles, don Diègue éprouve successivement
* eoonge de ses fils, en les serrant de forts liens qui arrachent à ces X&usjNu des cris et des pleurs; Rodrigue seul se montre indigné.
2 Comrroux ne se dit qu'en poésie et dans le style soutenu; colère
* ât mm bien dans le style soutenu que dans le langage familier.
6 COBftHLLE (1606-1684).
J'ai vu par sa valeur cent escadrons rompus;1 Et pour t'en dire encor quelque chose de plus, Plus que brave soldat, plus que grand capitaine, C'est ....
Don Rodrigue. De grâce, achevez.
Don Diègue. Le père de Chimène.
Don Rodrigue. Le ... .
Don Diègue. Ne réplique point, je connais ton amour; Mais qui peut vivre infâme est indigne du jour. Plus l'offenseur est cher, et plus grande est l'offense. Enfin tu sais l'affront, et tu tiens la vengeance; Je ne te dis plus rien. Venge-moi, venge-toi; Montre-toi digne fils d'un père tel que moi. Accablé des malheurs où le destin me range,9 Je vais les déplorer:8 va, cours, vole, et nous venge.4