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XVI INTRODUCTION

n'ont exercé aucune influence sur l'ensemble de la langue française. Oe fait est d'autant plus remarquable, que la nation française est incontestablement de race oeltique, et que les traits caractéristiques qui distinguaient les Gaulois du temps des Romains, s'appliquent encore aux Français de nos jours.1

En même temps que, dans la Gaule, le peuple oubliait le celtique pour le latin vulgaire, les hautes classes, poussées par l'ambition, adoptaient le latin littéraire et s'exerçaient à l'éloquence romaine afin de parvenir aux fonctions politiques. Elles réussirent si bien que bientôt les écoles de Bordeaux, d'Autun, de Lyon, de Vienne forent célèbres dans tout l'empire, et que la Gaule vaincue envoya à son vainqueur des grammairiens, des orateurs et des poètes. Ainsi le latin vulgaire et le latin littéraire régnaient en Gaule parallèlement, l'un parmi le peuple des villes et des campagnes, l'autre dans l'aristocratie et parmi les gens lettrés.

Le celtique venait à peine de disparaître, remplacé par la langue latine, désormais maltresse de la Gaule, que celle-ci eut à soutenir une lutte nouvelle contre les Germains, qui, dès le troisième siècle de notre ère, envahirent les provinces romaines. On sait qu'au quatrième et au cinquième siècle, la Gaule fut en grande partie occupée par les Francs, les Visigoths, les Burgondes, et que la domination du premier de ces peuples finit par l'emporter. Cette invasion eut d'abord pour effet de détruire presque entièrement la culture littéraire dans la Gaule et de restreindre beaucoup le domaine du latin classique au profit de la langue latine vulgaire. Celle-ci, parlée dès lors par l'immense majorité des habitants, au milieu desquels les Germains peu nombreux étaient comme perdus, fut nécessairement victorieuse dans sa lutte contre les idiomes barbares des vainqueurs. Les Allemands oublièrent assez vite leur langue et apprirent celle des vaincus, non sans y introduire un grand nombre de mots germaniques. En effet le français est de toutes les langues romanes celle qui a fait le plus d'emprunts aux idiomes allemands. Ces emprunts consistent surtout en termes de guerre et en mots qui désignaient les institutions politiques et judiciaires importées en Gaule par les Germains.8 Mais l'influence des langues germaniques sur la

ment des mots français correspondants, s'ils appartiennent à la formation populaire et organique (v. p. 768, n. 5). Ainsi échelle, épine, esprit viennent de scala, spina, spiritus. Au contraire spirituel, scandale, scander sont de formation savante et par conséquent n'ont pas pris Ye.

1 Sont in consiliis capiendis mobiles et novis plerumque rébus student. Câbsar, de BeUo gattico IV, 5. — Pleraque Gallia duas res industriosisflime persequitur: rem militarem et argute loqui. Càto, Orlg. il

1 Exemples: guerre (werra), halte (hait), haubert (halsberc), heaume (helnri, boulevard (bollwerk), héraut (herold), sénéchal fsiniscalk), maréchal (maranscalk, i. e. Mahrenschalk, Pferdeknecht), fief (nhu, fehu), ban (du gothique bandvjan marquer). Un certain nombre de mots, surtout de termes de marine ont été importés en France au 9e siècle et au 10e par les Normands, p. e. esquif (slrif), mât (mast), bac (bak), havre (hafen); il eu est de môme des noms des points cardinaux: nord, est, sud, ouest, — Il faut distinguer de ces mots germaniques, qui entrèrent dans la langue française à Pépoque de sa formation, les mots allemands qui furent importés après le 15e siècle à la suite des guerres, tels que lansquenet, sabre, rosse, schlague, brandevm, trinquer, etc.

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