IL HORACE
Le récit que Tite-Live fait du combat des Horaces et des Curiaœs dans son Histoire romaine (I, 24—26) a fourni le sujet de la tragédie de Corneille.
Aux détails que nous donne l'historien latin sur les deux familles des Horaces et des Curiaces, Corneille en a ajouté d'autres qui sont de son invention. Ces deux familles, Tune romaine, l'autre albaine, unies déjà par le mariage de Sabine, sœur des Curiaces avec l'un des Horaces, sont sur le point de former un nouveau lien par le mariage de Camille,6 sœur des Horaces, avec l'un des Curiaces, lorsque la guerre éclate entre les deux peuples.
1 Le mot amour était, du temps de Corneille, employé au masculin et au féminin, mais le féminin dominait:
H disait qu'il m'aimait d'une amour sans seconde, houëbe, ÉcoU du f. //, <>.
Vous ne pouvez aimer que d'une amour grossière (FimmM tamt**, xr. ».) L'usage changea bientôt; déjà en 1672, Ménage dit dans ses Observations : Aujourd'hui dans la prose amour n'est plus que masculin. A présent amour est au singulier du genre masculin, au pluriel du genre féminin.
* Voyez page 15, note 1. 8 Variante: enfin t'en sollicite. 4 C'est-à-dire: ton honneur est sauf; v. page 21, note 1.
* Prononcez ka-tni-U (1 mouillée).
HORACE (acte n, SCENE m). 23
Sabine ouvre la scène par des confidences sur l'état de son âme, partagée entre son amour pour Albe, où elle est née, et son attachement pour Kome, où elle est mariée. La guerre entre ces deux villes lui déchire le cœur; elle fait des vœux pour la grandeur de Rome, mais elle ne voudrait pas que cette grandeur fût achetée au prix de la liberté de sa ville natale. La fiancée de Curiace, Camille, vient à son tour exprimer ses craintes; elle continue ainsi l'exposition que termine l'arrivée imprévue de son amant. Celui-ci, venu à Borne à la faveur d'une trêve conclue entre les deux peuples, raconte comment le dictateur d'Albe, Mettras Fuffetios, et le roi de Rome, Tullus Hostilius, du consentement des deux armées, sont convenus de s'en remettre au sort d'un combat entre trois guerriers de chaque nation, pour décider qui doit l'emporter, d'Albe ou de Rome.
Rome a fait son choix: il est tombé sur les trois H or aces. Curiace complimente de cet honneur son beau-frère; toutefois la défaite d'Albe, qui lui paraît assurée, puisque Rome sera défendue par un héros tel qu'Horace, l'afflige et le trouble. Horace se défend de ces éloges avec modestie; mais, quelle que soit l'issue du combat, il ne le redoute pas; car, s'il est doux de vaincre pour sa patrie, il est toujours honorable de mourir pour elle. C'est alors qu'on vient apprendre à Curiace que la ville d'Albe Ta désigné, avec ses deux frères, pour lutter contre les Horaces.