POLYEUCTE, PAULINE
Polyeucte. Seigneur, de vos bontés il faut que je l'obtienne; Elle a trop de vertus pour n'être pas chrétienne; Avec trop de mérite il vous plut la former, Pour ne vous pas connaître et ne vous pas aimer, Pour vivre des enfers esclave infortunée, Et sous leur triste joug mourir comme elle est née.
1 Aujourd'hui on dirait: pour me fortifier. Cet emploi de la préposition à est familier à Corneille et aux poètes de son siècle.
2 -En se rapporte au mot peuple. Cet emploi de en et la locution éclairer un aveuglement, au lieu de éclairer les yeux, ont été critiqués par Voltaire. En prose on dirait plutôt dissiper l aveuglement.
POLYEUCTB (ACTE IV, SCÈNE W et IV). 51
Paojre. Que dis-tu, malheureux? qu'oses-tu souhaiter? Polubcie. Ce que de tout mon sang je voudrais acheter.
Paiuxe. Que plutôt
Polteuctb. C'est en vain qu'on se met en défense: Ce Dieu touche les cœurs lorsque moins on y pense.1 0 bienheureux moment n'est pas encor venu; 2 Tiendra, mais le temps ne m'en est pas connu. Pauleke. Quittez cette chimère, et m'aimez.8
Polteucte. Je vous aime, Baoconp moins que mon Dieu, mais bien plus que moi-même. Paclot. Au nom de cet amour, ne m'abandonnez pas. Polteucte. Au nom de cet amour, daignez suivre mes pas. Paoese. C'est peu de me quitter, tu veux donc me séduire? Polteucte. C'est peu d'aller au ciel, je vous y veux conduire. Pauidœ. Imagination!
Polteucte. Célestes vérités!
PiULEïE. Étrange aveuglement!
Polteucte. Éternelles clartés!
PiriCTE. Tu préfères la mort à l'amour de Pauline! Polteucte. Vous préférez le monde à la bonté divine! Pinurs. Va, cruel, va mourir: tu ne m'aimas jamais. Pt»LYErcrE. Vivez heureuse au monde, et me laissez en paix. Pauline. Oui, je t'y vais laisser; ne t'en mets plus en peine; Je vais. . . .