DE LA RHÉTORIQUE , DES TROPES OU FIGURES
La rhétorique est ainsi appelée du nom de * -rhéteur , que l'on donnait à ceux qui , chez les Grecs et chez les Romains, professaient cette science , et en ont laissé les préceptes.
On a donné le nom de fleurs de rhétorique aux tropes qui ornent le discours. Ces figures sont en assez grand nombre ; nous ne parlerons que des principales. La métaphore, l'al~ légorie, la métonymie, la synecdoche , Y ironie, Yhyperbole, la prosopopée , la catachrèse.
La métaphore.
Cette figure renferme une espèce de comparaison ; elle transpose un ou plusieurs mots de leur sens propre et naturel , en un autre qui «'est pas le leur , mais de manière qu'il en résulte quelque beauté.
Si la métaphore ne porte que sur un mot, comme dans cette phrase :
Le mensonge se pare souvent des couleurs de la
vérité.
elle ne change point de nom.
Si elfe porle sur plusieurs mots r elle s'appelle allusion.
On fait allusion à l'histoire, à la fable, aux coutumes, à une anecdote, etc. Boileauv a fait allusion à Jules César dans ces vers où il dit en parlant de Louis XIV :
Il a de Jupiter la taille et le visage ;
Et , depuis ce Romain dont l'insolent passage
Sur un pont , en deux jours , trompa tous tes efforts ,
Jamais rien de si grand n'a paru sur tes bords.
Voltaire a fait allusion à la conspiration qui fit périr Biron sur Téchafaud.
Ton roi , jeune Biron , te sauve enfin la vie ; Il t'arrache sanglant aux fureurs des soldats Dont les coups redoublés achevaient ton trépas : Tu vis, songé du moins à lui rester fidèle.
Uallégorie.
Y! allégorie est une métaphore soutenue, une espèce de fiction dont l'artifice , dit Y Aca-
de littérature; *6
demie, consiste à présenter à l'esprit un objet de manière à lui en désigner un autre ; c'est un des tropes dont l'effet est le plus délicat , le plus agréable , le plus frappant : en voici des exemples d'une grande beauté :
Cette jeune plante ( la princesse ) , ainsi arrosée -ides eaux du ciel , ne fut pas long-tems sans porter des fruits.