VII.—Les tissus
L'organisme humain a deux téguments, l’un externe, la peau, l’autre interne, les muqueuses. Les médicaments qui ont une action locale, sur l'un ou l’autre de ces téguments, sont appelés Zopiques. Les topiques s'appliquent également sur les divers tissus inflammés, ainsi que sur les tissus de nouvelle formation. On les divise en six groupes : 1° les confre-trrifants, qu’on emploie pour attirer le sang vers la peau (vésicants) ou pour détruire les tissus malades (caustiques) ; 2° les astrinçents, qui resserrent les tissus et restreignent les secrétions des muqueuses ; 3° les émo/lients, qui relachent les tissus, les amollissent et diminuent leur sensibilité ; 4° les suésrances unissantes, employées pour maintenir les tissus en place ; 5° les Préparations athésives, qui revêtent les tissus d'un vernis protecteur et peuvent servir de véhicule à des substances médicamenteuses : 6° les substances absorbantes, ainsi nommées parce qu'elles absorbent les sécrétions, mais qui servent aussi à mettre les tissus à l'abri de l'air. On peut à la rigueur ajouter À ces divers groupes les suôstances dila- {atrices, qui augmentent de volume en absorbant de l'eau, et qu'on utilise pour dilater certaines cavités.
1° CONTRE-IRRITANTS. I. Vésicants. — Frictions. — Chaleur. — Moutarde. Arnica. — Thapsia. Cantharides (mouches noires). — Marteau de Mayor.— Séton. Cautères.— Injections Sous-cutanées irritantes. (Teinture d'iode, huile de croton, ipéca, ammoniaque, camphre, térébenthine, alcool). IT. —Caustiques. (a) Alcalins : Potasse.— Soude.—Chaux. (b) Acides : Chromique.—Arsénieux.—Acétique.—Azotique (nitrique).— Sulfurique.— Phénique (carbolique). (c) Salins : Nitrate d'argent.— Actol (lactate d'’argent).—Itrol (citrate d'argent). — Protargol (albuminate d'argent). —Largine (albuminate d'argent). — Argonine (caséinate d'argent). — Argent colloidal. (Sublimé corrosif,
nitrate acide de mercure, chlorure de zinc, sulfate de cuivre, acétate de cuivre). (d) PAysigues : Thermocautère.—Galvano-cautère.
On emploie surtout les vés/cants pour produire la révulsion, qu'on a définie: une irritation locale quelconque provoquée dans le but de faire cesser un état congestif ou inflammatoire existant dans une autre partie du corps, ou de stimuler le système nerveux (Manquat). C'est une méthode qui a perdu de son importance, depuis l'avénement de la médecine pasteurienne, mais qui trouve encore ses indications. Les révulsifs n'agissent pas tous de la même manière. Les uns, comme les fricfions, la chaleur, la moutarde, V'arnica, l'alcool, le camphre, la teinture d'iode, ne produisent qu'un strinle érythème ou une inflammation bénigne. D'autres, comme le /Aapsia, l'huile de croton, V'ipéca, le tartre stibié, l'ammontague fort, Ve marteau de Mayor, déterminent des vésicules ou des pustules. On pourra même aller jusqu'à la suppuration avec le séfon, le cautére ou les injections irritantes Sous-cutanées.
L'usage des caus/igues est plus répandu. On les emploie pour détruire certains tissus malades. Les caustiques aZalins (potasse, soude, chaux) agissent surtout en déshydratant les tissus. Les caustiques actdes se combinent avec les substances basiques. Les caustiques sans, et en particulier les combinaisons organiques de l'argent, coagulent l’albumine et sont en mème temps antiseptiques ; le tissu détruit forme une escarre qui tombe plus ou moins vite.
Le /hermo-cautère et le galrvano-cautère sont très employés, soit pour faire de la révulsion quand il y a lieu, soit pour détruire les tissus sans hémorrhagie.
2° ASTRINGENTS. (a) lévéfaux: Noix de
galles. — Tanin. — Tannalbine. — Tannigène.
Ecorce de chêne. — Cachou. — Ratanhia. — Uva ursi. — Acide gallique. — Dermatol. — Airol. —
(b) Ainéraux : Alun.—Alunmoi.—Sels de plomb.
(Chlorate de potasse, sels de cuivre, sels de zinc).
La noix de galles et le tanin durcissent les tissus en se combinant avec l’albumine. L'ucrde gallique, dérivé de l'acide tannique, agit de même. L'écorce de chêne, le cahou, le ratanhia, l'uva-ursr contiennent du tanin. La fannalbine et le fannivéne, qui sont des albuminates de tanin, demeurent intacts dans l'estomac et ne se dissolvent que dans l'intestin. Le dermatol et V'airol dessèchent les tissus et sont e
n mème temps antiseptiques.
Les astringents minéraux agissent surtout sur les muqueuses. [ls sont à la fois astringents et antiseptiques. Les se/s de plomb sont de plus résolutifs.
3° EMOLLIENTS. L—Mucilagineux : Gomme arabique.— Graine de lin.— Guimauve — Gélatine. — Racine de réglisse. II. Matières grasses. — (a) Âuiles : Huile d'amandes douces. Amandes amères. — Huile d'olive. Huile de palmes.
(b) Crres : Cire d'abeilles.— Blanc de baleine. (c) Matières grasses solides : Axonge.—Lanoline.— Beurre de cacao. | d) Matières grasses minérales : Vaseline.— Paraffine. (Glycerine). III. — Poudres mmertes : Borax. —Amidon.- Lycopode.—Talc.
Le mode d'action des émollients offrent plusieurs aspects. Les matières crasses, qui s'appliquent de préférence sur le tégument externe, combattent l'inflammation non seulement en relâchant les tissus inflammés, mais encore en les revêtant d'une couche protectrice, les mettant à l'abri des excitations extérieures, les maintenant à une température constante, Les wwerlagineux se donnent à l'intérieur et agissent sur certai- CES Muqgueuses. Quelques corps gras, tels que l’'axonge, la lanoline, la vaseline, servent de véhicule dans la fabrication des onguents et permettent l'absorption des médicaments en neutralisant l'enduit sébacé de la peau ; d'autres servent à la Préparation des émulsions. On utilise aussi simplement jeur action mécanique pour faciliter le passage des instruments. Les poudres inertes protègent les surfaces qui subissent des contacts répétés.
4° SUBSTANCES UNISSANTES.-—Diachylon.—Taffetas d'Angleterre (plaster).
On emploie l'emplâtre de d'achylon étendu sur des bandes de toile et la colle de poisson étendue sur du laffetas pour maintenir en place soit des tissus sectionnés, soit des pièces de pansement ou des appareils de contension, où encore pour protéger de petites blessures.
5° PREPARATIONS ADHESIVES.-Traumaticine.— Collodion.— Stérésol. — Sulforicinate de soude.—Topiques de Unna.
La fraumaticine, Ve collodion, le stérésol laissent à l'endroit où on les applique une mince pellicule adhérante. On les charge quelquefois de substances médicamenteuses. Le su/foricinate de soute se combine à certains médicaments et les fait adhérer. Les topiques employés par Unna dans les maladies de la peau comprennent des colles médicamenteuses, des mousselines onguents et des mousselines emplätres.
6° SUBSTANCES ABSORBANTES.- Coton hydrophile.—Gaze mousseline.
Pour augmenter le pouvoir absorbant de ces substances, on a débarrassé le coton des matières grasses qu'il contient d'habitude, et l'on a neutralisé la gase en la soumettant à l'action successive de l'hvpochlorite de soude et de l'acide chlorhydrique. Les substances absorbantes sont très employées en chirurgie.
1° SUBSTANCES DILATATRICES —Eponges préparées.—Laminaire.
L'éponse et la /aminaire ont la propriété, lorsqu'elles s'imbibent de liquide, d'augmenter considérablement de volume, On a utilisé cette propriété pour dilater certains orifices, par exemple le col utérin. L'emploi des substances dilatatrices est à peu près tombé en désuétude.