‹ Manuel de matière médicale [microforme]Chapitre 28 sur 39 · PE · texte numérisé non relu

PE

cas

où la douleur est intense, on peut donner sans d

anger [a] de bien plus fortes doses, car l'action du médicament

parait s’user entièrement contre la douleur. On devra se rappeler que l'opium S'élimine par le lait. Il est plus apte à troubler Ja digestion que la morphine. L'intoxication Par l'opium se divise en trois périodes. Dans Ja Première, l'action du poison, peu prononcée encore, se porte sur le cerveau, déterminant un état de quiétude, de réverie qui se résout rapidement en un sommeil parfois léger et naturel, parfois lourd et conduisant à Ja Stupeur, Suivant la dose. Pendant ce Sommeil, le cerveau est hyperhémié. Au réveil, on note souvent une dépression légère, du mal de tête, de la langueur, causés par l’aération imparfaite du sang (diminution de la respiration) et se prolongeant plusieurs heures, I] peut y avoir du vomissement, des nausées, ou bien le malade revient tout de suite à l'état normal. La seconde période de l'intoxication par l'opium détermine des symptômes qui rappellent la congestion du cerveau. Les pupilles sont contractées ; la figure est congestionnée, cyanosée parfois ; le pouls est plein, lent, fort: la respiration est lente, profonde, parfois stertoreuse, les mouvements respiratoires s'abaissant jusqu'à quatre ou cinq par minute: Ja peau est habituellement sèche et chaude ; l'inconscience Parait complète, bien qu’il soit ordinairement possible d'éveiller le malade ; la respiration alors devient plus rapide et la figure reprend sa coloration normale. La rétension

d'urine est habituelle, La mort fait rarement suite à

cette seconde période, La troisième période de l'intoxication est constituée par de la prostration accom-

pagnée d’un coma profond dont il est impossible de tirer le malade : toutefois, si l'on x Parvient, et qu'on puisse le faire parler, les réponses, bien qu'elles demeurent parfois incomplètes, sont rationnelles ; l'articulation n'est pas indistincte, pâteuse comme dans l'intoxication par lalcooi, ce qui est caractéristique de l'opium, Les

mouvements respiratoires sont faibles, superficiels,

irréguliers, lents ; ils peuvent tomber à un ou deux par minute. La face est terreuse, cyanosée ; la peau livide, couverte de transpiration ; les pupilles sont absolument contractées, et se dilatent largement peu avant la mort. Le pouls devient de plus en plus rapide et faible, et l'arrêt de la respiration termine la scène.

L'Aéroïne est plus toxique que la morphine, ce dont il faut tenir compte dans l'administration ; elle à l'avantage cependant de ne pas influencer la circulation, ce qui permet de la donner aux cardiaques ; elle est dix fois plus active que la codéine. La dionine est beaucouf mieux tolérée que la morphine.

Page 1