‹ Manuel de matière médicale [microforme]Chapitre 29 sur 39 · IL—LE REGNE ANIMAL · texte numérisé non relu

IL—LE REGNE ANIMAL

Le rèwne animal nous fournit non seulement des spécimens complets, tels que les cantharides et les sang sues, non seulement des substances alimentaires ou nu trétives, telles que la viande crue ou la nucléïne, nor seulement des corps gras comme l'axonge ou l'huile de foie de morue, mais encore des ex/raits organiques e des produits organo-microbiens qui constituent l’une de: plus belles conquêtes de la thérapeutique moderne e: laissent entrevoir un avenir plein de promesses. C'es: en utilisant les fonctions organiques dans la cure des maladies que la science moderne a tracé entre la méde: cine empirique d'autrefois et la médecine biologique e pasteurienne d'aujourd'hui une ligne de démarcation s nette et si décisive.

Les spécimens complets.

Nous trouvons dans ce groupe deux spécimens, le: cantharides et les sangsues.

Formes pharmacologiques.

Cantharides.-Coléoptères entiers desséchés, fria bles, de couleur vert éméraude, à odeur pénétrante, : contact irritant.

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Sangsues.— Annélides longs de 80 à 100 millimètres,

à dos gris olivâtre avec six bandes, à ventre déprimé

plus clair bordé d'une raie rectiligne, se fixant à la peau

Par Succion, pouvant faire perdre par aspiration et par

écoulement consécutif jusqu'à 32 STammes (1 once) de sang,

Administration.

L--Usage externe. L'emplâtre de Cantharides où mouche noire appliqué sur la peau détermine après quelques heures une sensation de chaleur et de brûlure, puis de petites vésicules apparaissent et se réunissent Pour former une large ampoule ou phlyctène. L'action vésicante prend généralement huit heures à s'exercer : elle ne donne pas lieu à la formation de Pus et ne laisse aucune cicatrice, Avant d'appliquer une mouche noire, Pour qu’elle prenne vite et bien, on lave l'endroit choisi avec du savon et de l'eau, on asséche, on lave de nou- Veau avec de l'alcool ou de l'éther, puis l'on frictionne vivement la PEau pendant un moment ou deux ; on aura soin de raser les endroits poilus. La vésication est plus rapide quand la Peau est tendre, plus longue quand elle est rude et épaisse, comme au cuir chevelu ou au genou. On ne fera Pas d'application sur une proéminence osseuse, car la circulation dans ces régions est lente et l’on peut déterminer du sphacèle. Chez un enfant, on ne laissera pas une mouche noire assez longtemps pour faire lever la peau ; dès qu'elle est devenue rouge, on la fera lever avec un Cataplasme. On maintient les sangsus Sur la peau à l'aide d'une serviette, d'une compresse, d'un verre à boire ou d'une ventouse ; on aura soin d'éviter les grosses veines superficielles (Jugulaires) et les tissus très relachés (hématomes). Les sangsues prendront mieux si l'on met de l'eau sucrée ou du lait Sur la peau, si on les irrite en les jetant quelques secondes dans un verre de bière amère, ou encore si On gratte la peau pour la faire saigner. Elles se détachent d’ellesmêmes quand elles sont remplies de sang ; on les fait ensuite se vider en les Saupoudrant d'un peu de sel.

Les compresses d'eau tiède prolongeront l'écoulement consécutif du sang ; un pansement compressif le fera cesser.

Il.— Usage interne. —La teinture de cantharides se donne largement diluée, à la dose de 6 à 10 gtts (jusqu'à 20 gtts). Avec la cantharidine on ne dépassera pas 2 décimilligrammes (sh0 de gr).

Intolérance et intoxication.

On peut résumer les inconvénients de l'emplâtre de cantharides en disant que le vésicatoire déprime le système nerveux, congestionne les reins, met un obstacle à la dépuration urinaire, provoque ou exaspère la fièvre, expose aux complications des plaies, en particulier à l’érysipèle, enfin occasionne des poussées de furoncles ou d’anthrax et peut amener le sphacèle de la peau (Manquat). L'absorption se fait très bien à la surface de la peau, ce qui rend les grands vésicatoires particulièrement dangereux. Après l'ingestion d’une dose toxique de cantharides, les premiers symptômes qui apparaissent sont un brûlement à l'æœsophage et à l'estomac, du serrement à la gorge, des douleurs gastriques et abdominales accompagnées de vomissement et le plus souvent de diarrhée. Quand c'est la poudre qui a été ingérée, on remarque des particules vertes caractéristiques dans les matières vomies, qui sont muqueuses, bilieuses et finalement séreuses. Les sécrétions alvines offrent les mèmes caractères ; elles sont peu abondantes, maïs fréquentes, et s'accompagnent de ténesme. On :ote souvent de la salivation avec gonflement des glandes salivaires. Le pouls est faible et rapide ; le collapsus déterminé par l'inflammation gastro-intestinale amène d'habitude une mort rapide Lorsqu'elle est retardée de quelques heures, on voit apparaître les symptômes de l'irritation urinaire, commençant par des douleurs dans le dos et finissant par la strangurie et le ténesme vésical, avec urine rare, albumineuse ou hémorrhagique.

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