‹ Manuel de matière médicale. Ou, Description abrégée des médicamensChapitre 2 sur 128 · CALE · texte numérisé non relu

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fier l’état de cet organe, tandis que les substances alimentaires sont digérées et transformées en chyle. Dans la plupart des cas, cette distinction est exacte : ainsi, le camphre, mtroduit dans la cavité gastrique , passe bientôt dans le torrent de la circulation , et se retrouve dans le sang et dans l’urme, tel qu'il avait été administré. Mais

il est plusieurs médicamens qui éprouvent des

changemens remarquables. La plupart des sels alcalins végétaux, par exemple, sont transformés en carbonales; et plusieurs substances végétales, qui sont évidemment absorbées, ne se retrouvent cependant pas dans le sang. D’un auire côté, nous ne pensons pas que, dans l’état actuel de la physiologie, on puisse affirmer que certains principes immédiats qui, comme la fibrine et l’albumine, méritent certainement le nom d’alimens, ne sont pas portés dans la masse du sang, sans avoir éprouvé des changemens préalables dans leur nature intime. Cette distinction entre les médicamens et les alimens ne nous parait donc pas rigoureuse ; mais, pour éviter ces inconvéniens , 1l suffirait peut-être de

remonter plus haut et d’examiner le rôle que

jouent ces diverses substances, après avoir été absorbées. En effet , qu’elles aient ou non éprouvé

des changemens ie À leur nature , avant que de passer dans le torrent de la cireulation, les unes sont alors assimilées à nos organes, et devien-

( XIE ) nent parties intégranies du corps, tandis que les autres ne contribuent point d’une manière directe à la nutrition. Les premières sont les alimens, les secondes les médicamens. Il est cependant un certain nombre de substances nutritives qui sont rangées parmi les médicamens ; mais ce sont celles dont on ne fait pas un usage habituel comme aliment, ou qui possèdent en même temps d’auires propriétés dont on peut tirer parti dans le traitement des maladies. Les, fruits acides, les graines des céréales , l’albumine, la gélatine, etc. sont dans ce cas.

$ LIL. Les différences qui existent entre les médicamens et les poisons ne sont pas plus tranchées; car elles ne consistent souvent que dans l'intensité plus ou moins grande de leur action sur l’économie. Les uns et les autres modifient l’état actuel de nos organes; mais on donne le nom de médicamens à ceux qui peuvent être utiles dans le traitement des maladies , tandis que, l’on appelle poisons « tout corps qui détruit la santéouanéantit « entièrement la vie, lorsqu'il est pris intérieure- « ment, ou appliqué de quelque manière que ce «soit sur un Corps vivant, et à très-petite dose, » (Orfila, Leçons de méd, lég. +. #, p. 3). Aussi, voit-on souvent la même substance agir comme médicament ou comme poison, suivant qu’on V'emploie en plus ou moins grande quantité; et les poisons les plus violens deviennent, entre b

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