‹ Manuel de matière médicale. Ou, Description abrégée des médicamensChapitre 4 sur 128 · ER · texte numérisé non relu

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lement le nom d’a/calis, Us sontblancs , sapides, solubles dans Peau, verdissent le sirop de vioielles, et ramènent au bleu le tournesol rougi par un acide. Les oxides des quatre autres classes

sont, pour la plupart, diversement colorés, insi- Mie insolubles dans l’eau, et sans action sur les réactifs dont nous venons 1e parler. En médecine on ne se sert que de certains alcalis, des oxides de fer, de mercure, de zinc, elc.; mais chacun de ces corps agit sur l'économie d’une manière différente.

Quant à P ammoniaque , nous dirons seulement ici qu’elle est composée d’hydrogène et d'azote, et qu’elle jouit de toutes les propriétés des alcalis , (voy. son Histoire, page 11).

Les bases Alénbtes vrganiques sont des produits immédiats végétaux, ayant la propriété de s'unir aux acides, de les saturer plus où moins complètement , el de former ainsi des sels. Elles sont toutes solides, blanches, d’une saveur plus ou moins amère ou âcre. La plupart sont inodores et susceptibles de cristalliser. Elles sont peu ou point solubles dans l’eau froide, mais, au contraire , solubles dans l'alcool. La quantité d’acide qu’elles peuvent saturer est très-petile ; enfin elles sont loutes composées de carbone, d’azole, d'hydrogène et d’oxigène; se décomposent par l'action du calorique , else transformient ainsi en eau, en acide carbonique, en ammoniaque,

{ xxx ) en huile empyreumatique, elc. À cause de leur peu de solubilité, on ne les emploie guère qu'à ’état de sels. Leur action varie, en général, suivani les plantes qui les fournissent.

6 XI. Les sels sont des corps composés d’un acide et d’une base, dans lesquels ces deux élé-

mens neutralisent plus où moins complètement

leurs qualités respectives. Tous les sels sont solides (excepté le fluate acide de silice, et le sousfluo-borate d'ammoniaque), et plus ou moins susceptibles de prendre des formes régulières, ou de cristalliser, en passant de l’état liquide ou gazeux à l’état solide. La forme de leurs cristaux varie; en général ils renferment une quantité plus ou moins grande d’eau interposée, pour ainsi dire, entre leurs molécules. On l'appelle eau de cristallisation. Les sels formés d’un acide et d’une base incolores sont également sans couleur; mais, dans le cas contraire, ils sont presque toujours PART La plupart des sels sont imodores ; ceux qui ne se dissolvent pas dans l’eau sont insipides ; ceux, au contraire, qui y'sont solubles sont plus ou moins sapides.

Les sels peuvent être neutres avec excès d’acide ou avec excès de base. Chaque genre de sels contient toujours une quantilé d’acide déterminée ; et celle quantité est telle, que la proportion d’oxi-

gène qu’elle renferme est dans un rapport con-

slant avec celle de loxigène contenu dans Ja base.

x55pos

(xxx)

Ainsi, dans tous les sulfates neutres, l'acide contient trois fois autant d'oxigène que la base; dans les carbonates neutres l'acide contient quatre fois autant d’oxigène que la base; dans les sous-carbonates, celte proportion est comme 2 est à r. Les exemples suivans serviront à faire mieux com prendre cette loi remarquable.

Dans les sous-carbonates on trouve :

Soude, 141,58

100 p. d'äcide Potasse, 218,37

carbonique , | Oxigène 72,52, en 0 US 5 MAUR EN xigène 36,15.

plomb, 506,06 etc.

Dans les carbonates neutres on trouve :

Contenant

Oxigène 18,07.

100 p. d'acide Soude , 70 contenant etc.

carbonique , | Oxigène 72,52, { Potasse, 109

Dans les sulfates neutres on trouve : :

ë Soude, 78,46

100 p. d'acide Potasse, 120,27

sulfurique , Drisène 60,87, | Chaux, 70,92 Contenant

: Oxigène 20,057.

contenant Magnésie 51,94 8 Gi

Zinc, 101,96 /

La solubilité des sels dans l’eau dépend nonseulement de leur affinité pour ce liquide, mais encore du degré de cohésion de leurs molécules. En général, ils se dissolvent dans une moindre quantité d’eau chaude que d’eau froide. Les sels

| ( xxx) avec excès de base sont msolubles, lorsque leur base est elle-même insoluble ; les sels avec excès d’acide sont, au contraire , plus ou moins solubles, Par laction du calorique , les sels cristallisés, qui contiennent beaucoup d’eau de cristallisation,

fondent dans cette eau, et se dessèchent ensuite. Ceux qui n’en contiennent qu'une petite quan-

üité décrépitent , c’est-à-dire, sont brisés en petits fragmens par la force élastique de la vapeur d’eau qui se forme dans leur intérieur. Chauffés plus fortement, les sels fondent, se volatilisent ou se décomposent. Enfin, lorsqu'ils sont humides, ils peuvent tous être décomposés par un courant électrique. Exposés à l’action de l'air atmosphérique , quelques-uns absorbent de l’oxigène, d’auires se décomposent et se volatilisent; mais ces exemples sont en petit nombre. Les sels, quisont

doués d’une grande affinité pour l’eau, attirent

l'humidité de Pair, et tombent en deliquium. Les sels cristallisés, qui n’ont pas une grande affinité pour l’eau, et qui en contiennent une grande proportion à l’état d’eau de cristallisation, la cèdent à l’atmosphère par l'effet de lévaporation , perdent leur transparence , et deviennent pulvérulens. On dit alors qu’ils sont efflorescens.

L'action que les sels exercent sur économie varie beaucoup, suivant leur naluré; mais, en général, elle déperd plutôt de la base que de lacide, 4

( xxx1v )

$ XIV. L’analogie qui peut exister entre les propriétés de corps de différente nature , ne peut que rarement servir à nous faire connaître à priori l'influence qu'ils exercent sur l’économie. En effet, nous voyons les médicamens qui se ressemblent le moins, sous le rapport de leurs caractères chimiques, déterminer des médications analogues. Ainsi, la manne et la crême de tartré sont toutes deux laxatives, et n’ont entre elles aucun autre rapport. D’un autre côté, la baryte et la strontiane , par exemple, sont deux oxides métalliques , dont les propriétés chimiques sont tellement semblables, que pendant long-temps on les a confondus, et cependant l’un est un poison violent, tandis que l’autre n’a que peu d’action sur l’économie, comme le prouvent les expériences récentes de M. Gmelin, Quoi qu’il en soit, on observe en général que, lorsqu'une substance est douée de propriétés thérapeutiques ou vénéneuses assez marquées , autres que celles qui dépendent de son action chimique sur les tissus, son action n’est ni changée ni détruite par les combinaisons qu'elle peut former ; pourvu, toutefois, que ces dernières ne soient pas insolubles dans l’eau. Ainsi, le mercure et toutes ses préparations exercent une médication analogue, mais dont l'intensité varie suivant leur degré de solubilité, etc. Lorsque , au contraire, c’est de l’action chimique que la substance médicamenteuse

( XXXY ) L exerce sur les tissus avec lesquels elle est en contact, que dépend son activité, elle peut être complètement détruite par l'effet de la combinaison. La potasse et l’acide sulfurique concentré , par exemple , sont tous deux des caustiques trèsénergiques; mais, lorsqu'ils sont combinés, et qu'ils forment du sulfate de potasse, leur contact détermine à peine une légère irritation.

De l’action des médicamens.

$ XV. Les médicamens, considérés sous un point de vue général, peuvent agir sur l’économie animale d’une manière chimique ou physiologique; locale, générale, ou spéciale; immédiate ou secondaire ; absolue ou relative.

$ XVI. Les changemens que les médicamens déterminent dans l’état actuel des tissus avec lesquels on les met en contact, peuvent, disons-nous, dépendre de l'action chimique de ces corps, ou bien de l’influence particulière et inconnue dans sa nature, qu'ils exercent sur les propriétés vitales des organes. Les acides minéraux concentrés, par exemple, décomposent les parties vivantes qu’ils touchent , et les transforment en escarres, de la même manière qu'ils décomposeraient ces tissus privés de vie, L’opium, au contraire, est presque sans action chimique sur no: organes: mais il en modifie les propriétés vitales de la ma-

( xXXVI )

uière la plus remarquable. Cette action physiologique détermine quelquefois des changemens dans les propriétés physiques des tissus: ainsi, certains médicamens, appliqués sur là conjonctive, y déterminent de la rougeur , etc. ; d’autres fois, au contraire, elle ne se manifeste que par les modifications qu’elle occasionne dans l'exercice des fonctions de ces mêmes organes; l’'urée , par exemple, lorsqu'elle est portée dans le torrent de la circulation, exerce sur les reins une influence très -marquée, mais seulement appréciable par Paugmentation de la sécrétion urinaire, qui en est la suite.

Ç XVII. L'action des médicamens est locale ou générale. L'action locale est celle qu'ils exercent directement -sur les tissus auxquels on les applique. Les substances que lon administre en très-petite quantité ne produisent, en général, que des changemens de ce genre. Ces effets peuvent varier, non-seulèment d’après la nature du médicament employé, mais aussi süivant qu'on l’applique sur tel ou tel organe : en effet, on voit quelquefois la même substance produire des phénomènes différens sur la conjonctive , la langue, la membrane muqueuse intestipale, etc. L'action des médicamens peut, jusqu’à un certain point, se propager par continuité d’organes; mais, lorsqu'elle devient générale, et quelle s'exerce sur toute l’économie ; c’est par

C'ARAVET )

suite de l’absorption de leurs molécules médivamenteuses, par les sympathies qu’elles réveillent, ou enfin par les révulsions qu’elles déterminent.

6 XVI. Les expériences récentes, qu'on a faites sur l'absorption, ont démontré que les tissus sont perméables aux liquides pendant la vie. Il est donc facile de concevoir comment certains médicamens peuvent étendre la sphère de leur action à une certaine distance autour du point sur lequel ils sont appliqués, ou, en d’autres mots , propager leur influence par contiguité d'organes, sans produire les mêmes effets sur toute l'économie. Ainsi, nous voyons les fomentations et les catapläsmes émolliens que l’on applique sur les parois de l'abdomen , dans des cas d'inflammation d’un des organes renfermés dans cette cavité, déterminer d’abord le relâchement de la peau, et porter ensuite leur action » de proche en proche, sur les parties situées plus profondément,

$ XIX. Les phénomènes d'imbibition dont nous venons de parler constituent, pour ainsi dire, le premier degré de l'absorption. Les molécules dés liquides pénètrent ainsi dans l'intérieur des vaisseaux, se mélent au sang , et sont portées avec lui dans toutes les parties de l’économie. Diverses circonstances influent sur la rapidité de l'absorption; elles dépendent, d’une part, de l'état de l'individu, de la structure des parties

( xxxvur ) avec lesquelles les substances étrangères sont en contact ; et de l’autre, des propriétés physiques et chimiques de ces mêmes substances,

Sous le rapport de l’état physiologique de l’individu , on sait que, toutes-choses égales d’ ailleurs, l'absorption est d’autant plus lente, que la masse des liquides actuellement en circulation est plus grande, et vice versd. Ainsi, telle substance qui ne sera absorbée que lentement, et, dont par conséquent, les effets seront peu marqués chez un individu dans un état de pléthore générale , le sera beaucoup plus rapidement, et agira avec plus d énergie , Si, d'une manière quelconque , on diminue la masse des humeurs en circulation. D’après des expériences quenous avons faites sur ce point , il paraitrait aussi que la rapidité de la circulation influe sur la promptitude avec laquelle se manifestent les effets dépendant de l’absorption d’une substance médicamenteuse.

La perméabilité plus ou moins grande des différens tissus, et leur degré de vascularité, si on peut se servir de ste expression, doivent encore tendre à favoriser ou à ralentir l apsorpuons dont ils sont le siége. On a constaté que c’est dans les cellules aériennes du poumon, que l'absorption se fait avec le plus de rapidité ; elle est, également très-prompte à la surface des membranes séreuses; mais elle l’est bien moins par les memr branes muqueuses, et notamment par celle qui.

( XXXIX ) tapisse la vestie. Enfin, la peau s'oppose encore dävantage au passage de ces substancés dans le système vastülaire.

Quant à l'influence de la nature des médicamens sur leur absorption, on peut dire, en thèse générale, que plusils sont solubles dans l'eau, plus ils pénètrent facilement dans le torrent de la circulation. M. Ségalas a démontré que les liquides sont absorbés indifféremment , quelle que soit leur nature, pourvu qu’ils soient miscibles avec le sang, et sans action corrosive sur nos organes. Aïnsi, toutes choses égales d’ailleurs, l’eau, l'alcool affaibli, les poisons narcotiques dissous dans l’eau, etc., sont absorbés aveclamême rapidité. Les substances qui ne sont pas miscibles avec le sang ne sont que très-difficilement absorbées, lors même qu'elles sont à l’état liquide ; en effet, l'huile injectée: dans la cavité péritonéale d’un chien, s'y retrouve plusieurs jours après, sans avoir diminué sensiblement de volume , tandis que leau'y disparait au bout de quelques minutes, Ce phénomène paraît dépendre d’une cause mécanique, et pouvoir être rapporté aux propriétés physiques le ces substances ; car M. Magendie a constaté jue , lorsque l’on injecte de l'huile dans les veies, elle s'arrête dans les vaisseaux capillaires, es obstrue, et y empêche la circulation du sang. l'n’est donc pas étonnant qu’elles n’y pénètrent à ravers les tissus qu'avec la plus grande difficulté.

(xL) Les substances dont l’action chimique détermine la désorganisation des parties avec lesquelles elles sont en contact, ne sont pas absorhéés ; ce qui doit être attr ré aux obstaclesique ce phénomène lui-même oppose à l’imbibition,

6 XX. Les molécules des substances médicamenteuses, ainsi portées dans le torrent de la circulation, pénètrent avec le sang dans toutes les parties de l’économie , et vont agir directement sur les différens organes. Nous examinerons plus tard les phénomènes qu’elles déterminent alors ; ét nous nous bornerons à dige ici que, par des expériences physiologiques, on est parvenu à démontrer leur présence dans le tissu cellulaire et le parenchyme de toutes les parties du corps, et qu’elles sont expulsées, soit par la trans piration pulmonaire ou cutanée, soit par la sécrétion urinaire : ce qui arrive le Di généralement.

$ XXL L'action que les médicamens exercent sur nos organes peut quelquefois se propager à toute l’économie , sans que leurs molécules soient absorbées, et par le seul intermédiaire du système nerveux. On dit alors qu ls agissent par sympathie. En interrompant la communication nerveuse entre les parties sur lesquelles on applique le médicamenfet le système cérébro-spinal, on empêche les phénomènes dont nous venons de parler d’avoir lieu.

é'ALr)

{1 y a tin assez grand nombre dé substances qui Sgissent d’abord par sympathie, et ensuite par absorption; les liqueurs alcooliques, par exemplér: aussitôt qu’elles pénètrent dans l'estomac, elles transmettent au cerveau une impression exCitante, qui de là se propage dans toute l’économie. Mais bientôt après ces liquides sont absorbés, et alors c’est directement qu’ils vont exciter tous les organes. C’est surtout entre certaines parties, telles que l'estomac et les poumons, l'estomac et le cerveau , que ‘ces influences sympathiques sont les plus évidentes; car elles n'existent pas au même degré entre tous les organes. L'état de là sensibilité de la partie avec laquelle le médicament est en contact , influe aussi d’une manière remarquable sur les effets sympathiques qu’il détermine. Enfin, il n’est donné qu'à un certain nombre de médicamens d'agir de cette manière.

6 XXII. Quant à l’action générale que les médicamens peuvent produire par révulsion, noùs en parlérons en traitant de leurs effets secon-daires (voyez Ç XXV.)

$ XXIJIT. L’‘nfluence des médicamens peut se faire sentir di. ; manière à peu près égale sur tous nos organes. Ainsi, l’action tonique du quinquina se porte en même temps sur Les organes digestifs, les poumons, le système musculaire, eic.; mais il est un certain noraibre de substances qui,

(:xXEtr ) ,

bien qu’elles modifient l’état actuel de toute l’économie, portent plus spécialement leur influence sur un ou plusieurs de nos organes. Une certaine quantité de tartrate d’antimoine et de potasse, par exemple, détermine toujours les mêmes effets sur l'estomac et sur les muscles abdominaux , quelle que soit la manière dont elle est portée dans la masse du sang. En effet , soit qu’on l’miroduise dans l’estomac, soit qu’on le mette en contact avec le tissu cellulaire dans une partie , quelconque du corps, ou enfin qu’on l’injecte directement dans les veines, ce sel occasionne toujours des efforts de vomissement. Cette action est si marquée que , malgré l’extraction de l'estomac chez un animal soumis à l'influence de cette substance, les nausées et les contractions des muscles abdominaux , qui contribuent si puissamment au vomissement, ne laissent pas d’avoir lieu. Le tartre stibié exerce donc une action spéciale.

D’autres substances dirigent particulièrement leur action sur le système nerveux en général, ou même sur une de ses parties seulement. Telles sont la strychnine, qui, portée d’une manière quelconque dans le torrent de la crreulation, semble concentrer son action stimulante sur la moëlle épinière. En effet , l’ablation du cerveau ne l'empêche pas de produire des convulsions générales et le tétanos, comme il arrive lorsqu'on irrite mécaniquement le cordon rachidien.

( xzur1 )

L'opium, dont l’action sur le système nerveux n’est pas moins évidente, semble, au contraire, porter plus spécialement son influence sur le cerveau. Il en est de même de la belladoné, de la jusquiame , etc. |

L'iode, bien qu'il agisse comme stimulant sur toute l’économie, n’en produit pas moins des effets spéciaux , qui ne sont nullement en rapport avec cette influence générale. Le travail qu’il suscite dans le corps thyroïde et dans les glandes mammaires ne laissent aucun doute à cet égard. Nous pourrions multiplier ces exemples; mais nous Croyons que ceux que nous venons de rap- “porter suffisent pour prouver la spécialité d’action de certaines substances médicamenteuses.

$ XXIV. Les effets des médicamens peuvent être primitifs ou secondaires. Les premiers sont les changemens déterminés par l’action directe de ces corps sur nos organes. Les seconds sont les phénomènes qui résultent de ces mêmes changemens, et qui en sont , pour ainsi dire, les conséquences. Ainsi, l'effet primitif des caustiques est la désorganisation du tissu sur lequel ils sont appliqués ; l’inflammation et la suppuration, à l’aide desquelles l’escarre est détachée, en sont les effets secondaires.

Les changemens que les médicamens déterminent dans l’état actuel des organes, entraînent toujours des modifications correspondantes dans

( xLtY )

l'exercice des fonctions que ces parties sônt Affpelées à remplir. Ainsi, un médicament qui excite , pär le contact de ses molécules, l'organe sur lequel il porte son action, augmente sa sensibilité et les sécrétions dont il peut être Le siége, C’est même d'après ces derniers phénomènes que l’on juge du genre de médication qui appartient aux diverses substances employées en médecine; et pour les bien connaître , il faut examiner successivement l'influence qu’elles exercent sur les fonctions les plus importantes , telles que la circulation, la respiration, la digestion , les sécrétions , etc.

Les effets produits par l’action des médicamens, ‘avons-nous dit, sont primnlifs ou secondaires : les premiers sont absolus; les seconds sont au contraire relatifs. Aïnsi, une substance excitante , portée dans le torrent dé la circulation, stimulera toujours nos organes; mais elle pourra faire couler la sueur ,.ou augmenter la sécrétion de l'urine, suivant que l'individu est exposé à une température chaude ou froide. Ces effets secondaïres varient encore, suivant l'état de l’indi- “du par exemple, chez une personne en proie

à une fièvre intermittente , l'usage des toniques peut faire cesser les symptômes qui caractérisent cette maladie; chez une autre, affectée d’un catarrhe chronique des bronches, l’administration de ces mêmes médicamens peut faciliter l’éxpecioralion , tandis que chez une troisième ,

(Lxv )

dont la peau est couverte de taches scorbutiques, . elle peut les faire.disparaître. Mais ce sont toujours des effets secondaires qui dépendent de la médication tonique, et qui ne se manifestent que dans telle outelle condition. Aussi , lorsque l’on parle des vertus fébrifuges, antiscorbutiques, antiscrophuleuses, d’une substance médicamenteuse , sont-ce les effets secondaires que l’on désigne.

$ XXV. L'observation nous a appris que, lorsqu'il existe une inflammation aiguë dans un organe quelconque, le développement d’une irritation plus vive encore dans une autre partie de l’économie , diminue l'intensité de la première affection, et peut même la faire disparaître complètement. C’est cet effet que l’on cherche à obtenir quand on emploie les médicamens que Von nomme réculsifs , et dont l’action primitive, purement locale , peut être suivie des effets secondaires dont nous venons de parler. Les vésicatoires, que l’on applique sur la peau, et qui y déterminent une inlammation plus ou moins vive, agissent de cette manière. Aussi, les emploie-t-on avec avantage dans le traitement de certaines inflammations internes; en effet, ils peuvent en diminuer l'intensité, et semblent, pour ainsi dire , les appeler au Lo

$ XXVE. C’est par suite des modifications que les médicamens déterminent dans l’état actuel

( XEVI )

de nos organes, qe leur usage peut être utile dans le iraitement des maladies. Aussi y est-ce d’après des considérations tirées de la nature de .ces changemens que l’on doit ‘en général se guider dans leur emploi thérapeutique. Il est cependant un petit nombre de substances dont l’efficacité contre certaines maladies ne peut être révoquée en doute , bien que, dans l’état actuel de nos connaissances, nous ne puissions apercevoir aucun ‘rapport de cause et d’effet entre la médication qu’elles déterminent, et l'influence qu’elles exercent sur les symptômes qui constituent ces états pathologiques ; onles appelle médicamens spécifiques. Le mercure peut nous servir d'exemple : en effet, le succès que l’on obtient de son administration dans les cas de siphilis constitutionnelle, ne peut être expliqué par aucun des changemens que nous voyons survenir à la suite de son action immédiate sur nos organes. Cependant, il est probable que c’est ainsi qu'il doit agir, et que ces anomalies disparaîtront lorsque nous connaïîtrons mieux la nature de la diathèse siphilitique.

Ç XXVII. Le pouvoir de l'habitude se: ; ET général, d’une manière très-marquée sur les effets que produisent les médicamens. Les organes semblent s’accoutumer peu à peuau contact de leurs molécules, et devenir de moins en moins

sensibles à leur influence. Aussi, lorsqu'on em-

* é CRAUAT )'

ploie pendant long-temps et d’une. manière con-- “inue la même substance, faut-il en augmenter progressivement la dose, pour que l'impression qu’elle fait sur nos organes soit suivie des mêmes effets; c’est surtout parmi les médicamens qui portent plus À a leur action sur le systèême nerveux que ce phénomène est remarquable. Ainsi, PME dans les dernières périodes des:

Her cancéreuses , on cherche à calmer, par le moyen de lopium, les douleurs atroces auxquelles le malade est en proie, faut-il en augmenter journellement la dose pour en obtenir l'effet désiré. L'influence de l'habitude sur laction des liqueurs alcooliques n’est pas moins prononcée. Comme chacun le sait, une personne qui est accoutumée à leur usage peut en prendre des quantités considérables , sans éprouver de symptômes d'ivresse, tandis que , lorsqu'on n’en a pas l'habitude , une fs. -petite quantité suffit pour les | a -

Il est cependant un certain nombre de substances dont l’action lente et graduelle a besoin d’un certain temps pour se développer, et ne se manifeste que lorsqu'on en a continué l’usage pendant long-temps Aussi , les effets qu’elles produisent sont-ils bien moins aflaiblis par l'habitude que ceux des substances dant l’action est plus prompte. Cependant, après quelque temps, on peut, sans déterminer des accidens fâcheux , en administrer

( XLVIIT )

des quantités dont l’usage aurait d’ abord été suivi des symptômes les plus alarmans.

De l’administration des médicamens.

$ XXVIIL. Nous devons examiner ici l’administration des médicamens sous le rapport, 1° des parties du corps avec lesquelles on les met en contact ; 2° des doses auxquelles on les prescrit ; 30 de leur mélange , ou de l’art de formuler ; 4° de leur choix et des préparations pharmaceutiques qu’on leur fait subir ; 5° enfin des formes sous lesquelles on les emploie.

Des parties du corps sur lesquelles on applique les médicamens.

6 XXIX. Lorsque les substances mé dicamenteuses n’ont d’action bien marquée que sur les organes avec lesquels elles sont en contact, c’est sur la partie malade qu’on les applique , à moins toute-

Q LA 4 v 0 .

fois qu'on ne cherche à obtenir de leur action lucale des effets généraux par révulsion. Dans ce

Sn P dernier cas, c’est toujours sur une partie same, plus ou moins éloignée de l'organe malade, que lon détermine l'irritation* par suite de laquelle on espère diminuer l'intensité d’une phlegmasie fixée sur un organe plus important. C’est ainsi

(xLEx )

que, dans le traitement de certaines affections inflammatoires internes, on applique des caustiques ou des vésicatoires sur la peau, comme moyens révulsifs.

Lorsque l'influence du médicament peut se propager par continuité d'organes, on le fait agir | sur la partie la plus voisine du point affecté, afin que ses effets soient aussi marqués que possible ; car linfluence de ces substances est d'autant moins évidente, que les parties sur lesquelles on les applique sont plus éloignées de celles dont on veut changer l’état actuel.

Quant aux médicamens qui agissent par sympathie, on les ingère en général dans l'estomac ; car c'est ce viscère qui a les liaisons sympathiques les plus étroites avec les autres organes importans, Enfin , lorsque les substances médicamenteuses agissent par suite de l'absorption de leurs molécules , tantôt on les administre à l'intérieur , tantôt on les applique sur la peau. C’est principalement quand on redoute l’action irritanie que ces corps pourraient exercer sur la surface gastro-intestinale, qu’on les fait pénétrer dans l’économie à travers les pores de la peau, au moyen de frictiôns ; c’est ce qu’on appelle la méthode j/r'aleptique.

des évacuations alvines ou à des vomissemens.

Des doses des médicamens.

Ç XXX. Les doses auxquelles on administre les substances médicamenteuses varient, suivant la nature du médicament, les effets que l’on désire en obtenir, l’âge, le sexe, le tempérament, la force du Hide, etc.

La plupart te médicamens , administrés en petite quantité , ne détermment que des effets lo-. caux ; mais le contraire a lieu pour d’autres substances. Ainsi les toniques ne portent leur action directe que sur les parties avec lesquelles ils sont en contact , lorsqu'on les emploie en petite quan- : tité ; maïs à plus hautes doses, ils étendent leur. influence fortifiante sur toute l’économie. La digi-! tale ,‘au contraire, administrée à petite dose, | produit des effets généraux très-marqués; tandis | qu'une plus grande quantité ne donne lieu qu’à.

En général , plus un malade est faible et au-\ des@us de l’âge viril, plus les effets produits par. une quantité déterminée d'un médicament quelconque soni marqués, Il s’en suit que , pour ob tenir la même médication chez un homme adulte" ettchez un enfant, il faut employer des doses très-différentes. Ainsi, pour un enfant au-dessous | d’un an, on ne prescrit qu'environ 1/15 ou 1/12

(ur) , de là dose qu’on donnerait à un adulte, En général , pour les femmes on diminue aussi un peu la dose. D'ailleurs, une foulede circonstances doivent faire varier les règles de la posologie ; aussi dans le cours de cet ouvrage indiquerons- nous seule ment les doses que l’on administre-aux adultes.

Du mélange des ‘médicarnens , ét de l’art de

formuler. d

6 XXXI. On divise les médicamensten simples ten composés, Les premiers sont ceux que l’on veut administrer tels que la nature nous les ofre, comme le quinquina, la rhubarbe, etc., ou jui ne sont formés que d’une seule substance, lont la nature intime peut d’ailleurs être plus où noins complexe , comme les éthers, l’acétate de norphine , le cyanure de mercure, etc. Les seonds résultent, au contraire, du mélange de leux où de plusieurs médicamens simples.

On mêle les médicamens pour atteindre divers uts : 10 sb augmenter l’action du médicament rincipal qu’on se propose d’administrer ; 2° four liminuer l’action trop irritante d’un médicament, prévenir les effets qui l’empêcheraient de tés ‘indication qu’on a en vue; 3° pour obtenir en même emps les effets de deux ou dé plusieurs médicamens lifférens; 4° pour obtenir un médicament nou- ‘eau doniMes effets ne pourraient être produits

, (sir ) par aucune des substances employées isolémeni ; 50 enfin, pour rendre l'administration des sx stances médicamenteuses plus facile, Nous allons examiner chacun de ces cas en particulier.

$ XXXIT. L'action d’un médicament peut

étre augmentée :

10 En combinant diverses préparations de la méme substance. Lorsque tous les principes actifs d’un médicament ne sont pas solubles dans leméme liquide, et qu’on ne peut pas l’administrer en substance, on doit avoir recours à ce genre de combinaison. C’est ainsi que la plupart des infusions ou :décoctions de substances végétales sont rendues beaucoup plus actives par l’addition d’une certaine quantité de teinture ou d’extrait de la même plante;

20 En combinant des médicamens du méme genre, c’est-à-dire, ceux qui, pris isolément , peuvent produire des effets immédiats semblables ; mais avec moins d'énergie que lorsqu'ils sont ainsi réunis. Cette augmentation d’activité n’est bien évidente que pour un certain nombre de @médicamens. D’après les observations de Valisnieri, douze gros de pulpe de casse produisent un effet purgatif à peu près équivalent à. celui de quatre onces de manne. Mais si l’on, réunit huit gros de casse et quatre de manne, on. obtient alors des effets beaucoup plus marqués, et qui peuvent même allér jusqu’au double. Le

( tir ) mélange de substances aromatiques diffusibles est également susceptible de modifier Paction de chacune d'elles. Il en est encore de même des médicamens antispasmodiques, émétiques, cathartiques , etc. , comme on le voit d’uné manière évidente par l’action d’un mélange d’ipécacuanha et de tartre émétique, et il arrive même quelquefois que le mélange de deux ou de plusieurs purgatifs diminue les inconvéniens qui pourraient résulter de l'administration de chacun d'eux en particulier, en même temps qu'il rend leur action plus certaine et plus énergique. Aïnsi ; l’extrait de coloquinte composé des pharmacopées anglaises, qui contient plusieursmédicamens drastiques , est plus actif, et cependant beaucoup moins irritant qu'aucune dés substances qui le composent ; prises isolément ;

30 En untssant le Éd nee avec une substance d'une nature différente, qui n’exerce sur lui aucune action, mais qui, comte le prouve l'expérience, rend l’économie en général, l’estomac ou tout autre organe , plus serisibles à son influence. 4.

Il est beaucoup plus facile de prouver cette vérité que d’en donner l'explication; aussi nous bornerons-nous ici à en rapporter quelques exemples, Le mélange de l’ipécacuanha avec le , jalap rend l'effet purgatif de ce dernier beaucoup

plus énergique. On augmente l’action de certains €.

(uv)

pürgatifs en y associant un principe amer. L'élatérium , par exemple , d’après les expériences du docteur Paris, contient un principe purgatif sui generts, et une matière amère. Cette dernière est presque inerte par elle-même; mais, unie au principe actif, elle paraît en augmenter considérablement Ménsie Cullen a encore observé qu’en faisant infuser les feuilles du séné avec une substanee amère, on obtient les mêmes effets par l'administration d’une dose moins forte de ce purgatif, que lorsqu'il est employé seul. L’influence que l’opium exerce sur l’action du mercure est encore très-remarquable. Il paraïtrait même que, dans quelques cas, les effets généraux du mercure, après avoir cessé complètement de se manifester, ont reparu à la suite de l’admi-. nistration de l’opium. On en trouve un exemple « très-remarquable dans le neuvième volume du Journal de Hufeland. Une vieille femme qui avait ! été soumise à un traitement mercuriel assez prolongé, éprouvait une salivation considérable chaque fois qu’elle faisait usage de l’opium ; et cependant, tous Jes symptômes qui caractérisent l’action générale du mercure avaient complètement disparu depuis assez long-temps.

$ XXXIIT. L'action trop irritante d’un mé-

dicament peut étre diminuée , et, pour ainsi

dire, corrigée :

19 Par son mélange avec une substance qui

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èn augmente ou qui en diminue la solubilité.

C’est ainsi que l’addition.d’une petite quantité d’alcali diminue la tendance qu'ont certains drastiques à produire des coliques , et qu’en incorporant la gomme-gutte avec une substance insoluble, on l'empêche de produire des nausées, en rendant sa solution plus difficile ;

20 Par son mélange avec une substance susceptible de préserver l’estomac ou l’économie en général de ses effets délétères. U est un grand nombre de substances qui, lorsqu'elles irritent trop vivement le canal digestif, sont rejetées au-dehors, sans être absorbées, et sans avoir produit les effets qu’on en attendait. La scille et les préparations antimoniales, par exemple , n’agissent plus comme diurétiques ou diaphorétiques, lorsqu’elles déterminent des vomissemens ou des déjections alvines. IL devient donc très-souvent nécessaire de savoir les associer à des substances capables d’obvier à cette action locale, et de corriger ainsi leurs effets. L’opium remplit souvent cette indication; d’autres fois ce sont les stimulans aromatiques que l’on met en usage; enfin, les mucilages et les substances émollientes, en pe sont également très-utiles pour envelopper, en quelque sorte, les substances actives, et diminuer ainsi l’action locale que l’on redoute. C’est dans cette vue qu’on administre toujours Je sublimé. corrosif mêlé avec de la

( Lt ) gomme où dans un véhicule mucilagineux , et qu’on unit les sels alcalins à l’opium, lorsqu'on veut empêcher leur action purgative , et obtenir ainsi des effets diurétiques.

$ XXXIV. On mélange les médicamens pour obtenir -en méme temps les effets de deux ou plusieurs d’entre eux :

19 En employant des substances qui, bien qu’elles exercent des médications différentes, en définitive, produisent souvent le méme résullat, , !

Pour augmenter la sécrétion de l'urine, par exemple, on associe souvent des médicamens dont le mode d'action sur l’économie est entièrement différent, tels que le calomel et la scille. Le premier agit, comme les préparations mercurielles en général, en activant l'absorption , tandis que la dernière porte principalement son action sur les organes sécréteurs de l’urine.

29 En combinant des substances dont l’action est entièrement différente, et quisont destinées à remplir plusieurs indications à la fois.

C’est dans cette vue que l’on unit fréquemment les purgatifs avec les antispasmodiques, les narcotiques , les toniques, les mercuriaux, etc. En effet , l'usage des toniques occasionne souvent de la constipation ; aussi est-il très-souvent utile d'y adjoindre un médicament purgatif > Pour contrebalancer cet effet. Souvent , dans le traitement de.

sal

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V'ascite et des hydropisies chroniques en général 4 on cherche en même temps à soutenir les forces du malade, et à déterminer d’abondantes évacuations. On arrive à ce double résultat en associant les toniques et les excitans aux purgatifs drastiques. Le mélange des purgatifs et des narcoliques est encore employé avec le plus grand succès dans le traitement de la colique de plomb. Nous croyons inutile d’accumuler ici un plus grand nombre d'exemples.

$ XXXV. On combine deux ou plusieurs substances médicamenteuses pour obtenir des effets qui ne seraient le résultat d'aucune d'elles, prises isolément ;

1° En unissant des médicamens dont l'action est essentiellement différente , et qui, par leur réunion , produisent sûr l'économie des effets autres que ceux qu'ils délermineraient isolément, sans cependant agir chimiquement les uns sur les autres. Cet effet nous paraît inexplicable ; mais les exemples en sont trop nombreux pour qu’on puisse conserver aucun doute à cet égard. Ainsi, nous voyons l’opium et l'ipécacuanha , administrés d’une manière convenable, ne produire ni les effets narcotiques de lun, ni les effets émétiques de l’autre, mais agir comme un puissant diaphorétique ;

2° En combinant des substances qui agissent chimiquement les unes sur les autres, et qui

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donnent ainst naissance à des composés nou- . veaux ; Où mettent à nu les principes actifs de l’une d'elles. En faisant agir l'acide acétique sur l’ammoniaque , par exemple, on obtient ‘un produit nouveau, dont l’action est très-différente de celles de ces deux corps pris isolément. Dans la potion antiémétique de Rivière, on mélange du suc de’citron et du carbonate de potasse. Ce dernier est décomposé par l'acide citrique , et laisse ainsi dégager l'acide carbonique qu’il ren-fermait :

30 En mmélant des substances qui augmentent ou diminuent l& solubilité des principes dans lesquels résident leurs propriétés médicamenleuses, On peut remplir cette mdication à l’aide de substances qui agissent ou chimiquement ou mécaniquement. Ainsi, le tartrate acide de potasse , ou crème de tartre, devient plus soluble et par conséquent plus actif par l'addition de l'acide borique. L’aloës agit avec plus de rapidité et irrite moins le gros intestin , lorsqu'on l’associe au savon ou à un sel alcalin.

$ XXXVI. Enfin on asouvent pour but, dans le mélange des médicamens , de leur donner une forme plus agréable ou plus efficace.

Les substances que l’on mêle aux médicamens, soit pour rendre leur goût ou leur odeur moins désagréables aux malades, soit pour empêcher une décomposition spontanée trop prompte, ou

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enfin'pour faciliter leur action , varient suivant la nature des médicamens qu’on, emploie , leur degré de solubilité, le but que l’on-se propose ; et, jusqu’à un certain point, le caprice du malade. Cependant on doit, en général, les choisir telles que leur action ne nuise pas à l'efficacité des médicamens principaux. Nous aürons occasion de revenir sur ce sujet, en traitant de la manière d’administrer les médicamens.

$ XXXVIL Tels sont les divers objets que l’on a en vue, lorsqu'on mélange plusieurs médicamens simples pour en former un médicament «composé. Suivant le rôle que ces diverses substances sont appelées à remplir, on leur donne le nom de base, d’adjuvant ou d’auxiliaire, de correctif et d’excipient ou intermède, La base est le, médicament principal ; les adjuvans sont ceux qui facilitent et accélèrent son action: les correctifs sont destinés à adoucir l’action trop énersique de la base; enfin les excipiens lui servent de véhicule, et l'intermède , qui est une espèce l’excipient, est destiné à la rendre miscible à ’eau. 4 à Ü est souvent inutile d'employer à la fois ces diers élémens dans la formation d’un médicament -omposé, En effet, plusieurs substances médicanenteuses n’ont pas besoin de l'addition d’un aduvant pour faciliter leur action, et d’autres ’administrent très-bien sans correctif > Ou même

(1x) sans véhicule. Il arrive aussi que la même substance peut remplir à la fois plusieurs de ces indications. L’adjuvant, par exemple, peut servir en même temps de correctif ou de véhicule. Ces dernières considérations sont d’autant plus im- ‘portantes que la simplicité est une des conditions les plus essentielles dans la composition des préparations pharmaceutiques.

On ne doit jamais réunir que les substances dont on connaît bien l’action réciproque et l’influence sur l’économie animale , et on peut dire, en général, que plus un médicament est compliqué, plus ses effets sont incertains; aussi ne doit-on combiner que des médicamens susceptibles de remplir d’une manière évidente les indications dont nous avons parlé plus haut, et avoir toujours présent à l'esprit cette maxime importante : Superflua numquèm non nocent.

$ XXXVIIT. Les préparations pharmaceutiques sont divisées en deux grandes ,classes :

10 Celles dont la composition est indiquée dan les pharmacopées, et qui, en général, se trouvent toutes préparées, dans les officines; on les nomme pour cette raison préparations officinales ;

20 Celles dont là composition est indiquée par le médecin , et que les pharmaciens préparent d’après la formule qu’il donne; on les appelle prés] parations mazgistrales.

( zxr ) $ XXXIX. La formule, ou prescription pharmaceutique ést l'indication des noms et des doses des substances qui doivent entrer dans la composition d’une préparation magistrale. On ÿ ajoute souvent la manière de la faire et de l’administrer.

La clarté et la concision sont deux conditions très-essentielles dans la rédaction des formules. On doit les écrire lisiblement , soit en latin, soit en langue vulgaire. On place en général au commencement de la première ligne le signe suivant: 7, qui, aujourd'hui, est généralement regardé comme l’abréviation du mot latin recipe, prenez; mais qui n’est qu’un reste des superstitions astrologiques du moyen âge. On attribuait alors. : une grande importance à la prétendue influence des planètes, et l’on plaçait toujours en tête des formules le symbole de celle sous la prédominance de laquelle on devait recueillir les médicamens qu’on y indiquait. Or, le signe {= est celui par lequel on désignait Jupiter. :

Chaque substance doit ensuite étre indiquée par son nom sciéntifique ou pharmaceutique, suivant que l’un ou l’autre est plus généralement connu , et moins susceptible d’être confondu avec un autre, Il faut toujours placer les noms des médicamens les uns au-dessous des autres, en ayant soin de n’en mettre qu’un seul sur la même ligne. L’ordre dans lequel on les range est peu

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