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important; cependant il vaut mieux indiquer d’abord les ingrédiens les plus actifs. La désignation de la dose doit toujours suivre le nom du médicament , et être placée sur la même ligne,
en laissant toutefois un petit intervalle entre eux.
On peut l'écrire en toutes lettres; mais ordinairement on se sert des signes suivans , que l’usage a consacrés : la livre, ; l’once, 3; le gros ou drachme , 3; le scrupule , D, etc. (voyez Le tableau des abréviations, page xciv). La quantité de chacun de ces poids est indiquée par des chiffres romains. Lorsque l’on emploie lamême quantité de plusieurs substances différentes, on les réunit par une accolade , et on place le mot ana pu da devant la stdtion de la dose commune à toutes. Enfin, on termine la formule par l’indication du mode de préparation du médicament,
. et de ia manière dont on doit l’administrer. Lors-
que la préparation ne présente rien de particu— lier, on se borne à désigner le nom pharmaceutique qu’elle doit porter, précédé des lettres F. S. À. ( fiat secundüm artern). Dans le cas contraire, on indique le mode de fréparation aussi succintement que possible ; l’on date et l’on signe.
Les poids et mesures dont on se sert en médecine varient dans les différens pays, comme on peut le voir dans le tableau comparatif que nous en donnons, page 80.
4 XL. Nous «devrions ‘examiner. actuellement
( Lxur )
les diverses préparations pharmaceutiques que l’on fait subir aux médicamens » Ainsi que les formes sous lesquelles on les administre ; mais auparavant nousCroyons nécessaire d'appeler un instarit l'attention sur les erreurs que l’on peut commettre dans la composition des préparations magistrales. On peut les rapporter à trois sources principales, savoir :
19 L'association de substances qui ne peuvent se méler, ou former des composés d’une consistance uniforme et convenable. Beaucoup de substances insolubles dans l’eau ne peuvent être administrées sous forme liquide, qu’à l'äide d’un intermède, tel que le mucilage ou l’'albumine , qui sért à tenir leurs molécules en suspension. Si l’on omettait de prescrire l’'intér—
mède , la formule n’atteindrait pas le but qu’on *
s'était proposé. Il en serait de même si l’on ordonnait le camphre et le baume de copahu en pilules , sans y joindre un intermède convenable, Car ces deux substances, broyées ensemble :
prennent une consistance sirupeuse , et il serait impossible d’en faire une masse pilulaire ; mais, au moyen d’un peu de jaune d'œuf coagulé, cette opération devient facile ;
20 L’associalion de substances qui se décomposent mutuellement, et dont l’action est ainsi changée, où entièrement détruite. Toutes les fois qu’on mêle deux sels en dissolution, qui,
Fr
( Lxiv )
par l’échange de leur base et de leur acide, peuvent former un sel soluble et un sel insoluble , ou deux sels insolubles , leur décomposition a nécessairement lieu. Il serait difficile d'indiquer ici toutes les substances qui sont incompatibles les unes avec-les autres ; aussi aurons-nous soin d’en parler à l'histoire particulière de chaque médicament ;
3° La méthode indiquée pour la préparation des médicamens est insuffisante pour atteindre le but qu’on se propose, ou est de nature à changer ou à détruire l’action des substances employées. Certains médicamens ne sont sclubles que dans l’alcool , l’éther ou l’hüile ; d’autres sont solubles dans l’eau, mais seulement à l’aide du calorique; enfm il en est d’autres, qui, par le seul effet de l’ébullition, perdent leurs propriétés actives. Il est donc de la plus haute importance de ne pas ordonner en infusion , dans l’eau froide, une substance qui n’est soluble dans ce liquide qu’à chaud , et de ne pas prescrire en décoction les médicamens qui sont altérés par l’ébullition, ou qui perdent aïnsi leurs vertus, etc. A la description de chaque substance, nous indiquerons les menstrues qui leur conviennent, et la forme sous laquelle on doit les employer.
( zxY ) Du choix des médicamens simples.
$ XL. La composition des substances iminérales étant toujours la même , il importe peu au médecin d’où elles proviennent; mais les propriétés médicinales des plantes pouvant varier considérablement , suivant une foule de circonstances , 1l est nécessaire de donner ici les règles générales qui doivent présider à leur choix.
Toutes les plantes, dans les premiers tenips de leur existence , présentent une composition à peu près analogue, et ne contiennent guère que du mucilage. Il en est de même lorsqu'elles sont privées de l'influence vivifiante de la lumière solaire. Dans ce cas, leurs feuilles ne présentent point la couleur verte qui leur est naturelle ; elles sont presque inodores et insipides; en un mot «elles sont éfrolées.
Il faut donc bien se garder de les recueillir à cetle époque ou dans cet état maladif ; lorsqu’on veut se servir des principes actifs qu’elles peuvént renfermer à une époque plus avancée ou dans leur état naturel, j
Les racines annuelles et bisannuelles doivent être récoltées en automne ; les racines vivaces , au contraire, doivent être recueillies au printemps.
Les tiges ligneuses contiennent le plus de principes actifs avant le développement des bour-
( &xXvr ) geoñs, ou après la chute des feuilles. Dans les tiges herbacées, les propriétés médicinales sont au contraire plus développées après l'apparition des feuilles , et avant celle des fleurs.
Les écorces doivent toujours être prises sur les arbres parvenus à leur entier développement, et. être récoltées en automne ou au printemps.
Les fleurs doivent, en général, être recueillies avant leur entier boteuedts du reste, , comme l’époque de la floraison varie pour les différentes plantes , nous l’avons indiquée en faisant l’histoire de chacune d’elles.
Quant au choix des substances médicamenteuses qui se trouvent dans le commerce, il faut se guider sur les caractères qui sont propres à chacune d’elles, et que noùs aurons soin d’ Ke par la suite.
La plupart des plantes ne perdent pas leurs propriétés médicinales par la dessication : il en est même dont l’activité semble être augmentée par cette opération. Mais elle dôit être faite avec soin, et on observe, en général, qu’elle est d'autant meilleure qu’elle est plus prompte. C’est à l'air ou dans les étuves que l’on dessèche les plantes, suivant que la quantité d'humidité dont on veut les priver est plus ou moins grande.
( LXVIT )
De la préparation pharmaceutique des médicamens, el des formes saus lesquelles on les administre. ,
$ XLI. La préparation des médicamens consiste dans la modification que l’on fait subir à une substance, pour y développer les propriétés médicinales qu’elle renferme, ou pour lui en communiquer de nouvelles par sa combinaison avec d’autres corps. C’est au moyen de la division, de l'extraction, de la solution, du mélange ou des combinaisons que l’on remplit ces indications.
Ç XLHT. La Dbrvision mécanique d’une substance médicinale peut se faire , x° par concassa— tion; 20 par section; 3° par râpure où limation; 4° par mouture, et 5° par pulvérisation.
On concasse un médicament, lorsqu’à l’aide du pilon ou de tout autre corps contondant, on le réduit en fragmens plus ou moins volumineux à afin de rendre plus facile l’action dissolvante du liquide auquel on veut le soumettre. La secion ou division à laide d’un instrument tranchant ou d’une scie, la division, que l’on opère avec la lime ou la râpe, et que l’on nomme en pharmacie rasion et limation, et la mouture ) qui se fait par le moyen d’un moulin , sont autant d'opérations analogues que l’on fait dans le même
but.
La pulvérisation, ou réduction d’un COrps
( EXVIII )
solide en poudre plus ou moins fine, peut être effectuée par la concussion , la trituration, la porphyrisation, le frottement et l'intermède. Pour pulvériser les corps très-durs , tels que les bois, les racines, les écorces, etc., on a recours à la concussion; pour cela on les place dans un mortier, et on les réduit en poudre à coups de pilon. Les substances qui, telles que les résines et les gommes-résines, sont très-fragiles, et pourraient se ramollir et s’agglutiner par ‘suite .de l'augmentation de température qu’occasionnerait une percussion violente, doivent au contraire être broyées entre le mortier et le pilon; dans le premier cas, on fait agir ce dernier instrument perpendiculairement, tandis que, dans le second, celui de la pulvérisation par trituration, on se borne à le promener circulairement sur Le parois du mortier.
La porphyrisation ou lévigation, est l'opération par laquelle on réduit en poudre impalpable un corps irès-dur, tel que le fer, les yeux d’écrevisse, etc., en le broyant entre une molette et ‘une table de porphyre ou de marbre; mais il faut auparavant le pulvériser grossièrement.
Lorsque la substance que l’on porphyrise n’est
n altérée, ni dissoute par l’eau, on y ajoute une certaine quantité de ce liquide pour faciliter l'opération ; mais il faut porphyriser à sec les corps qui sont dans le cas contraire.
Mes & in... à
( LxIX }) La pulvérisation par frottement se fait en usant, pour ainsi dire, sur un tamis de crin les corps que l’on veut réduire en poudre. Cette opération
ne convient que pour un petit nombre,de médi-
camens, tels que la magnésie , dont les particules n’ont qu'un très-faible degré de cohésion. Enfin,
pour faciliter la pulvérisation de certains. COrPS , on y mêle une substance étrangère , destinée soit à en absorber l'humidité , soit à s’interposer en-
tre leurs molécules, et que l’on nomme #nter—
nède. Ce corps doit toujours être de nature à n’altérer ni les propriétés médicinales, ni les propriétés chimiques de la substance que l'on
veut réduire en poudre. Sans intermède, il serait presque impossible de pulvériser le camphre, par
exemple; mais, à l’aide de quelques gouttes
d'alcool, rien n’est plus facile. Le sucre est l’in-
termède que l’on emploie pour pulvériser la vanille, les feuilles d'argent , etc.; enfin, pour obtenir le calomel en poudre impalpable, on le réduit en vapeur , et on le fait arriver ainsi dans de l'eau.
On administre sous forme de poudre les mé-— dicamens , 1° qui sont insolubles, et qui, pen dant leur trajet dans le canal alimentaire, n’é-
| “prouvent que difficilement les altérations néces-
saires pour produire leurs effets thérapeutiques ;
| 2° ceux dont les divers principesactifsne sont pas
solubles dans le même véhieule ; 30 ceux qui, s'ils
(Aexx } Su ï LS ; n'étaient pas dans un état de division extrême, pourraient irriter trop vivement les surfaces avec lesquelles ils sont mis en contact,
Le degré de finesse des poudres influe beau-
coup sur leur, mode d’action, Ainsi, comme l’a observé M. Virey, l’ellébore non pulvérisé fait vomir ; tandis que, pulvérisé, il agit comme purgatif. En général, le degré extrême de pulvérisation facilite l’action de toutes les substances dont les principes actifs ne sont pas solubles; tandis qu'il nuit à l’activité de celles dont les principes actifs sont de nature volatile > OU qui se combinent facilement à l’oxigène. / MR
Les poudres peuvent être simples ou composées.
$ XLIIT. L’ExTRAGTION est l'opération par laquelle on sépare une substance simple ou composée du corps dont elle fait partie. Elle peut se! faire par calcination, carbonisation, torréfaction , sublimation, clarification, expression, lavage, cristallisation , inspissation et distillation.
En exposant, pendant un certain espace de temps, un corps solide à une température trèsélevée, ou, en d’autres mots > en le calcinant, on
cherche à le dépouiller des principes volatils qu'il … peut contenir ou qui peuvent résulter de-la décomposition de quelques-uns de ses principes
fixes ; ainsi on calcine l’alun pour le priver d’eau:
le carbonate de magnésie pour le réduire à Ié’tat