‹ Manuel de mécanique, ou Exposition élémentaire des lois de l'équilibre et du mouvement des corps solides a l'usage des personnes privées des secours d'un mâitre;Chapitre 11 sur 83 · TROISIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TROISIÈME LEÇON

CHOC DES CORPS PARFAITEMEIÏT ELASTIQUES.

XXDL. Le corps élastique ,' comme nous .

l6 MANUEL •

avons dit pins haut, est celui qui, après avoir été comprimé par une force quelconque , possède une force intérieure appelée ressort, en vertu de laquelle, lorsque la force comprimante cesse d’agir, il revient à sa première forme. Soit par exemple une sphère élastique pf>«ée sur une surface plane et parfaitement dure, et soumise • à l’action d’une force qui la presse contre le plan dans le sens du diamètre perpendiculaire au plan, alors il est évident que pendant ce temps le diamètre perpendiculaire ira en diminuant et le diamètre parallèle au plan en s’allongeant, cl cela jusqu’à ce que la force de ressort soit devenue égale à la force comprimante. Arrivée à cette égalité, si nous supposons que la force comprimante cesse tout à coup , alors le diamètre perpendiculaire s’allongera, et le diamètre parallèle se rétrécira jusqu’à ce que le corps soit revenu à son état primitif ; et le diamètre perpendiculaire , après avoir éteint sa première grandeur, croît au-delà jusqu’à un certain point, et descend ensuite au-dessous : ce mouvement oscillatoire a lieu pendant quelque temps j et •"devient de plus en plus faible , avant de s’eteindre complètement. Cet effet est rendu visible lorsqu’un marteau frappe une cloche; on voit alors la cloche changer alternativement de dimension; ce qu’on peut aussi rendre sensible en pressant un instant les bras d’une pincette et les laissant ensuite aller librement. Ce mouvement aurait lieu bien plus long-temps sans la résistance de

,]’air, et dans le vide on remarque qu’il se conitinue bien davantage. '

XXIX. Soit une sphère élastique de masse M animée de la vitesse allant frapper un plan fixe; il est évident que le plan étant imUiobilc,

le corps viendra se comprimer contre sa sur- •. face, et celte compression sera d’autant plus • grande , et durera d’autant plus long- temps que ‘ la quantité de mouvement aura été plus grande ; et celle-ci ira toujours en -s’affaiblissant par la résistance quèlui opposent les forces intérieures • • . du ressort jusqu’à ce qu’elle soit entièrenaent anéantie. A cet instant , si le corps était mou , . il resterait appliqué contre le plan; mais en raison de l’élasticité , les ressorts intérieurs . n’éprouvant -plus d’obstacles , se débanderont dans le sens opposé, et récupéreront successivement la vitesse que le corps avait en premier lieu, mais dans le sens opposé; de sorte que le corps s’éloignera ensuite du plan fixe avec .la ' 'même vitesse V qu’il avait lorsqu’il l’a rencontré. Tous ces phénomènes de compression et de .dilatation se passent dans un instant indivisible.

XXX. Ainsi, en laissant tomber une bille d’ivoire d’üne certaine hauteur, élle rejaillit à peu près à la même hauteur dont ôn l’a' laissée «tomber, retombe ensuite , revient encore, mais iplus bas que la première fois ; retombe de^nou-

veau, jusqu’à ce que la hauteur .soit devenue lout-à-fait insensible. Moins, l’air est dense., plus long-temps cet effet se continue.' '

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